‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 312 sur 369 · Fôispän, Obergespan · texte numérisé non relu

Fôispän, Obergespan

et la Croatie. Cette imprécision même engendre de grandes divergences dans l'interprétation ; toutes les opinions se sont fait jour, depuis celle qui tient la Croatie pour une province hongroise, à travers celles qui voient dans ses rapports avec la Hongrie une union réelle ou une fédération, jusqu'à celle qui considère le Compromis comme une entente entre deux États également souverains. La première est naturellement prépondérante en Hongrie, la dernière en Croatie. Ces controverses ont, par l'irritation qu'elles entretiennent, et par les profondes divergences dont elles accusent l'existence sur des points essentiels, une influence sérieuse sur les rapports de la Hongrie avec la Croatie.

La base juridique de ces rapports est aujourd'hui le Compromis hongrois-croate de 1868. Il est l’œuvre de deux députations, hongroise et croate, dont l'accord fut soumis au Parlement hongrois et à la Diète de Croatie, et, par la sanction royale, devint loi. Loi d'État hongroise, disent les Hongrois, votée par le Parlement de Pest, enregistrée seulement par la Diète d’Agram ‘. Traité bilatéral, répondent les Croates, accepté par les deux parties contractantes. L'histoire semble donnner raison aux Croates ; et aussi la nature de cette loi ; car leurs adversaires mêmes admettent qu'elle ne peut être révisée ou modifiée que dans la forme où elle a été faite, c'est-à-dire par un accord entre la Hongrie et la Croatie, mis en forme de loi et sanctionné par le roi *. L'opinion croate peut d’ailleurs tirer argument aussi de la clause inscrite dans le Compromis hongro-croate au sujet de l’entente austro-hongroise. La Croatie, aux termes de cette clause, accepte après coup l’accord de 1867, mais sous toute réserve, pour l'avenir, qu'aucun acte de cette nature ne pourra plus être accompli sans sa collaboration légale. Bien que la clause soit susceptible d'interprétations diverses *, les Croates l'interprètent en pratique en ce sens qu'en cas de modification du dualisme ils agiraient comme un facteur indépendant.

Cette dualité de conception et de caractère se poursuit d’ailleurs plus loin. Le roi de Hongrie est, à ce titre même, roi de Croatie ; il n'y a pas seulement identité de personne, mais identité de pouvoir : le même couronnement vaut pour la Hongrieet la Croatie. La nationalité politique est une : les citoyens croates

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