Kényi, Deäk, V. 221 (septembre 1867, journal de Lényay
2. Andrässy, Ungarns Ausgleich mit Oesterreich, 144; cf. 304-5, 337-9, 3. Voir plus haut,
son devoir. D'ailleurs, en temps de guerre, l'unité du commandement suprême que le souverain exercera sur les armées des deux pays assurera à la monarchie tous les avantages d’une armée une, Sans en imposer en temps de paix les inconvénients à la Hongrie. Deäk oppose à ces arguments des textes légaux et des raisons d'opportunité : il est douteux qu'on puisse encore parler d'une armée hongroise, depuis qu'une loi de 1915 a autorisé en Hongrie l'entretien d'une armée permanente composée de Hongrois et d'étrangers ‘; à partir de ce moment, les lois hongroises n'ont plus jamais parlé d'une armée hongroise, mais seulement de régiments hongrois : « c’est une mauvaise loi pour nous. » Les nécessités de l'organisation militaire aussi exigent l'unité de l'armée. Si on ne l'accepte pas, c'est l'union personnelle que l’on proclame. Andrässy insiste surtout sur les considérations pratiques ; c'est la nature même de l’armée moderne qui nous impose l'unité ; l'unité de l'armée est, comme l'unité de la diplomatie, la condition même de l'existence de la monarchie comme grande puissance : elle est le prix qu'il faut payer si la monarchie — et, dans elle et par elle, la Hongrie — doit pouvoir trouver des alliés, tenir son rang dans les combinaisons de la politique européenne *. L'accord se fit sur un texte de conciliation ; aux scrupules de l'opposition, Deäk concéda l'inscription dans la loi des mots «armée hongroise »; les inquiétudes que la cour avait conçues de cette rédaction furent calmées par l'addition de la phrase « comme partie intégrante de l'ensemble de l'armée ». Mais l'inspiration de la loi resta toujours la même. Elle dérivait de la conviction qu’une armée commune — c'est-à-dire, en réalité, une armée une — répondait mieux que tout autre système aux intérêts identiques de la Hongrie et de la monarchie *. C’est dahs cette conviction que les auteurs hongrois du Compromis consentirent à accepter, sans aucune réserve sur ce point, l'entière unité de commandement et d'organisation intérieure, et qu'ils admirent aussi ce que, pendant près de trente ans, on en à considéré comme la conséquence logique :, l’unité des emblèmes et l'unité de la langue, l'emploi de l'allemand comme langue de service dans l'armée. Andrässy déclarait expressément que, si ses amis et lui avaient cru, en 1867, qu'il fût impossible à l'État hongrois indépendant d'exister sans une armée hongroise, ils n’en auraient pas fait le sacrifice *. Mais