Oesterreich und dessen Zukunft
3. Elle en fit acheter toute la première édition — en vain d’ailleurs. Beidtel, Gesch. der üst. Slaatsverwaltung, IL. 391,
l’ancienne Constitution du pays ; de leur côté, ils lui fournirent les moyens de continuer plus facilement et plus rapidement ses recherches. Malgré cette manifestation, malgré quelques protestations en faveur de la langue tchèque, ce mouvement n'avait rien de national. La noblesse de Bohème avait dès lors la devise qu’elle garda longtemps : {Ni Tchèques ni Allemands, Bohêmes », parole, comme le dit un écrivain tchèque ‘, intraduisible même en tchèque, où les mots Bohème et Tchèque se confondent. L'intérêt qu'elle affectait pour la langue tchèque n'était qu'un moyen de se rendre populaire et en même temps d'attaquer la centralisation qu’elle haïssait. Elle n'était d’ailleurs pas plus libérale que nationale. L'exemple du rôle politique joué par l'aristocratie hongroise excitait ses regrets et son ambition, et elle aspirait à la restauration d'une Constitution aristocratique, au moment même où la Constitution hongroise devenait démocratique et moderne, Elle faisait bien, elle aussi, quelques concessions à l'esprit du siècle ; elle offrait à la population des villes et des campagnes une représentation plus nombreuses aux Diètes ; mais celles-ci n’en seraient pas moins restées aristocratiques par essence. À voir avec quelle rapidité les premiers succès de la Révolution jetèrent l'aristocratie bohème dans la réaction, il est diflicile de croire que l'Autriche eût beaucoup gagné à la réussite de ce mouvementsuranné, et d'en déplorer beaucoup l'échec.
C'était plus bas dans la société que s’organisaient les forces nouvelles vraiment redoutables pour l’ancienne monarchie. En Bohême, le groupe des patriotes tchèques, si peu nombreux à l'origine; faisait des recrues parmi la jeunesse instruite ; celle-ci à son tour portait l'agitation dans le peuple qui travaillait : malgré les tracasseries de la police, malgré les préjugés des classes bourgeoises, elle affirmait son droit à parler tchèque sur la terre de Bohème, dans les réunions mondaines d’abord, puisque les réunions politiques étaient interdites. La jeune litiérature allemande, toute pénétrée des idées de liberté, suivait avec attention et sympathie ce réveil d’une nation; les œuvres de Hartmann ou de Meissner sont inspirées d'un vrai patriotisme bohême, autrement sincère et spontané que celui des États. Aux frontières du pays, à Leipzig surtout, s'étaient formés des foyers d'opposition : les jeunes écrivains que la police faisait fuir d’Autriche s’y réunissaient ; leurs livres et leurs revues, malgré les censeurs et les douaniers, se répandaient dans la monarchie ;