Hartig), Genesis der Revol
trice, d'impulsion d'en haut. Les affaires courantes étaient expédiées sans rapidité, mais avec assez de régularité. Tout l'art du gouvernement consistait à se renvoyer les pièces de bureau à bureau, pour prendre l'avis des divers ressorts plus ou moins intéressés dans chaque question. Celles qui pouvaient se résoudre d'après une formule connue étaient réglées d'avance; celles qui exigeaient une décison d'espèce, soumises au chef de service ou au souverain ; les cas embarrassants étaient envoyés à des bureaux connus pour leur lenteur, et on les y oubliait. La bonne marche des affaires, c'était la circulation régulière des dossiers ; l’administration, la rédaction de notes et de rapports plus ou moins copieux sur ces dossiers ; et le gouvernement, la police. Elle était le ressort suprême de toute la machine, et son chef le personnage le plus puissant de l'Autriche ‘. Il surveillait les révolutionnaires de l'étranger et les mécontents de l’intérieur : il contrôlait l’enseignement. qui, dans les Universités comme dans les lycées, se bornait obligatoirement à la lecture par les professeurs des manuels ofliciels que la censure leur mettait entre les mains; il présidait aux opérations du cabinet noir : il faisait espionner tous les fonctionnaires jusqu'aux ministres, toute la cour jusqu'aux membres de la famille impériale *. Dans son bureau aboutissaient tous les fils de ce formidable système de compression et d'abêtissement *.
L'opposition que devait naturellement susciter un pareil régime. contenue aussi longtemps que vécut François II par le respect et la crainte qu'il inspirait, se manifesta avec plus de vigueur lorsque quelques années d'expérience eurent montré ce qu'il se cachait, derrière la conférence d'État et ses organes de faiblesse, d'impuissance et de làcheté. Elle prit de chaque côté de la Leitha le caractère que lui imposait tout le développement historique de la monarchie : dans les pays slaves-allemands, elle resta une simple guerre de plume ; en Hongrie, le maintien de la Constitution lui assura dans la Diète un véritable centre politique.
Les pays allemands-slaves, en relations constantes avec l’Alle-
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2 Lorsque Metternich voulut se faire adresser des rapports sur la Diète hongroise de 1843-4, il dut donner » Szécsen, son homme de confiance, une adresse conventionnelle ; Thallôczy, Graf A. Szécsen, 72.
3. Hartig, Genesis, 33-43, donne quelques traits caractéristiques de cette administration d'avant mars. Fischer, Aus meinem Amitsleben, 106-7, donne un exemple des abus auxquels aboutissait ce système de consultations continuelles.
magne, dont ils faisaient, depuis 1815, presque tous partie’, subirent le contrecoup du réveil de l'opinion allemande en 1840. Frédéric- Guillaume IV commençait alors sa décevante carrière, l'Allemagne s'abandonnait à son rêve d’un roi de Prusse vraiment libéral, la question d'une Constitution pour la Prusse passait à à l’ordre du jour. Un propriétaire noble du Tirol, le baron Andrian, publia en 1842, à Hambourg, un des foyers de la littérature allemande d'opposition à cette époque, un ouvrage anonyme, l'Autriche et son avenir ?, qui révéla l'Autriche à l'Allemagne et même à beaucoup d’Autrichiens. Pour la première fois, il appela l’attention générale sur le système du gouvernement autrichien et sur ses déplorables résultats, mécontentement du publie et état critique des finances. Dans sa partie positive, il concluait à l'introduction en Aatriche d'un constitutionnalisme très modéré : les États provinciaux eussent recouvré quelque pouvoir, et leur composition eût été modifiée pour y faire place aux classes autres que la noblesse. Interdit et traqué par la police *, ce livre fit pourtant fureur en Autriche ; on le glissa jusque sur le bureau de François- Charles, l'héritier présomptif ; l'aristocratie, toujours jalouse de la bureaucratie, en fit son Évangile : il inspira et dirigea la fronde aristocratique des Diètes allemandes-slaves jusqu’en 1848.
Il est difficile de donner un autre nom à ce mouvement. Les résultats positifs en furent très minces. Il ne prit un peu d'importance qu'en Basse-Autriche et surtout en Bohême. L'aristocratie de Bohême était, comme elle l’est encore, la plus riche et la plus orgueilleuse de l'Autriche : un certain nombre de ses membres les plus jeunes et les plus remuants, lorsqu'ils n’eurent plus en face d'eux que le gouvernement faible et peu redoutable de la conférence, se souvinrent que leurs prédécesseurs avaient eu des droits politiques et entrérent en lutte pour les reconquérir. Ils profitèrent de l'intérêt qui, aux débuts de la renaissance nationale, s'attachait à toutes les traditions historiques ; les plus modérés des patriotes tchèques virent dans leurs efforts un moyen de rendre à la Bohème une partie au moins de son ancienne indépendance ; l'historien national Palackÿ, à leur demande, leur expliqua
1. Toute la Cisleithanie actuelle, sauf la Galicie et la Bukovine, la Dalmatie et une partie de l’Istrie, faisait partie de la Confédération germanique La Bohème, qui n'avait jamais fait partie du Saint-Empire, avait été ainsi incorporée dans la Confédération.