Szogyény, Emlékiralai
2, Szogyény. Emlékiralai, 64.
liens étaient jusque là vagues et contestés ; seule la personne du roi était vraiment commune à tous. Désormais, ils forment une unité politique absolue : les lois nouvelles prononcent expressément l’incorporation de la Transylvanie à la Hongrie, sous réserve de ratification par la plus prochaine Diète transylvaine; implicitement, elles maintiennent l’incorporation de la Croatie et prononcent celles des Confins, puisqu'elles attribuent à l'une et aux autres une représentation directe au Parlement hongrois !. Celui-ci est désormais le symbole de l'unité de la Hongrie. Il exerce les pouvoirs de la nation; tous les ministres sont responsables devant lui de tous leurs actes, et nul acte de l’exécutif n’est valable que contresigné par un ministre. Élu pour trois ans, il ne peut être dissous ni prorogé avant le vote du budget. Il ne siège plus à Presbourg, la capitale dynastique, la ville des magnats, plus qu'à moitié allemande, mais à Pest, la vraie capitale nationale, ville magyare et révolutionnaire. Il ne représente plus une aristocratie, mais le peuple. La Chambre basse ne comprend plus des ablégats des comitats et des délégués de corporations privilégiées, mais des représentants des circonscriptions électorales, des représentants du peuple. Le suffrage, largement étendu sans être universel, appartient au cens et aux capacités *. 377 députés représentent la Hongrie et la Slavonie ; 18° la Croatie ; 15, à titre provisoire, les Confins militaires, dont la situation définitive sera déterminée plus tard : 69 représenteront la Transylvanie après l’union. Les députés reçoivent une indemnité parlementaire. — Toute l'organisation sociale est soumise à une réforme démocratique. Les privilèges des nobles sont abolis : les charges féodales supprimées, sans indemnités pour le clergé, avec indemnité pour les anciens seigneurs terriens ; l'organisation des comitats et des villes est mise en harmonie avec les nouveaux principes ; l'égalité et la
1. Cette représentation, il est vrai, est plus faible que celle des pays proprement hongrois. Le rapport de la population, en ce qui concerne la Croatie et ses Confins comparés à tout le reste du territoire hongrois — sans la Transylvanie — est de 1 à 10 environ: le rapport de la représentation de 4 à 15 environ, Cf. Hain, Statistik des Kaisertums Oesterreich
2. Tous les anciens électeurs; tous les propriétaires d’une maison valant 300 florins dans une ville ou d’un quart de session (mesure féodale variable suivant les contrées) ; tous les commerçants établis à leur compte, tous les artisans employant au moins un aide ; quiconque possède un revenu assuré de 400 florins d'argent; les détenteurs de diplômes (les capacités), les citoyens qui avaient dans les villes le droit de bourgeoisie, sont électeurs.
3. Élus par les circonscriptions, et non, comme aujourd’hui, par la Diète d’Agram.
réciprocité des droits sont proclamées entre toutes les religions reçues, les besoins de leurs Églises et de leurs écoles mis à la charge de l’État ‘. — Une loi sur la presse établit le jury, maïs en même temps la caution, et une répression sévère des attaques contre les fondements politiques et sociaux de l'État. Une autre loi établit une garde nationale, chargée de la défense des institutons contre tout attentat, soit du prolétariat, soit de la cour.
La transformation était donc complète. Elle devait inévitablement exercer ses effets sur la situation de la Hongrie dans la monarchie. La dernière Diète hongroise ne songeait pas à contester les obligations nées de la Pragmatique Sanction : la loi même reconnait expressément l'intégrité de la monarchie * ; mais elle Jugeait, et l'expérience des siècles lui donnait raison, plus nécessaire de garantir l'indépendance du pays envers la cour de Vienne que l'influence de la cour en Hongrie. Les lois de 1848 créent un ministère des relations avec l'Autriche : © il y aura toujours auprès de la personne de Sa Majesté un ministre qui exercera son influence sur toutes les affaires qui intéressent en commun la patrie et les États héréditaires, et y représentera le pays sous sa responsabilité * .» Mais quelles sont ces affaires ? C’est ce que la loi ne dit pas positivement. On peut conclure de son silence même que les affaires étrangères en font partie, et induire de certaines de ses dispositions “ qu'il en est de même de l'emploi de l’armée pour une guerre ou une démonstration politique quelconque. Mais comment s’exercera l'influence de ce ministre à latere ? quelles garanties possède le pays que sa voix sera écoutée ? la loi ne répond pas à ces questions. II semble, à interpréter certaines de ses parties, que des ministères communs pour les aflaires étrangères et la guerre auraient pu continuer à exister, à condition que leurs actes fussent, pour la Hongrie, contresignés par le ministre a latere : l'unité de l’armée n'était donc pas condamnée à disparaître. Pour lès frais des affaires communes, un vote même du Parlement (2 avril) montre qu'on avait l’idée d'un système de quote-parts. Mais le manque de précision dans toutes ces questions, qu'il s'expliquât par la précipitation avec laquelle les lois
1. La question de la religion juive fut laissée en suspens, à cause des diflicultés spéciales qu’elle comportait, des troubles et des émeutes qu’elle venait encore de soulever.