‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 64 sur 369 · Bach, o. c · texte numérisé non relu

Bach, o. c

k. Maly, Naÿe znovuzrozent, Il, 76-7. Saint-Étienne est la cathédrale de Vienne.

impériale et du décret qui convoquait la Diète de Bohème pour le mois de juin, c'est-à-dire avant le Parlement autrichien ‘, lorsqu’à Nuremberg, ils apprirent la nouvelle de l'insurrection qui devait faire perdre à la Bohème tout ce qu’elle avait conquis depuis trois mois.

En opposition à l'assemblée de Francfort, qui réunissait les Allemands de tous les États, les Slaves autrichiens avaient conçu l'idée de tenir à Prague, leur centre naturel, un congrès des Slaves de tous les États. Bo les Tchèques, ce devait être une réunion des Slaves autrichiens, appelée à jeter les fondements de l'Autriche nouvelle qu'annonçait la lettre de PalackŸ à Franefort ; les Slaves non-autrichiens n’y seraient que des hôtes. Ceux-ci, au contraire, voulaient organiser tous les Slaves en vue d’une politique européenne d'agitation démocratique. Au congrès, qui se réunit le 2 juin, l'influence tchèque, d'abord dominante, déclina rapidement ; deux révolutionnaires, le Polonais Libelt et le Russe Bakounine, en prirent la direction. Les diseussions excitaient les éléments radicaux de la population, surtout les étudiants, qui déjà voyaient partout la réaction menaçante. Peut-être des agents provocateurs hongrois avaient-ils la main dans l'affaire: le gouvernement hongrois avait cherché dès le début à empêcher le congrès, dont il craignait l'influence excitante sur les Slaves de Hongrie. Enfin Windischgrätz surtout provoqua un conflit, par son attitude réactionnaire, ses harangues à ses soldats, son échange d'adresses avec la garnison de Lemberg. L'émeute ainsi préparée éclata le 12 juin, lundi de la Pentecôte. Windischgrätz tenait l'occasion, qu'il avait manquée à Vienne, d'une répression armée. Il refusa la soumission que lui offraient les chefs du parti national, exigea une capitulation sans condition. Prague dut se rendre à merci ; la ville fut déclarée en état de siège, le comité national dissous, la réunion de la Diète de Bohème ajournée pour laisser le pas au Parlement central. L'insurrection de Prague entraina ainsi dans sa défaite le programme du droit historique et du droit d’ État, le programme proprement fédéraliste. Au Parlement de Vienne, les Tchèques, acceptant les faits accomplis, cherchèrént désormais à faire prévaloir, dans l'Autriche cisleithane restaurée, le principe de l'égalité des diverses nationalités, le programme autonomiste * C'est l’une des conséquences politiques de la victoire de Windisch-

fe CernŸ, Boj za prävo, 286. La date est en blanc dans le brouillon de Rieger ; elle devait être fixée par Thun.

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