Die Gleichberechtigqung der Nationalitäten
sans céder en rien à ses préjugés nationaux, Eütvôs analysait les leçons de la Révolution. Elle prouvait, pour lui, combien étaient forts.en Autriche la fidélité dynastique, le sentiment national aussi bien historique qu'ethnique, et l’idée de l'égalité civile: combien faibles au contraire les mobiles purement politiques, et combien impuissantes sur les masses les formules radicales. La force de la monarchie est dans la légitimité, les traditions historiques, le pouvoir monarchique ; c’est folie que de prétendre remplacer ces appuis solides et éprouvés —éprouvés, puisqu'après tout la monarchie est sortie victoriseuse de la crise — par l’idole, la chimère d'un État unitaire. « Les peuples ne concevaient l'État unitaire que dans la mesure où il apparaissait en Autriche comme une conséquence nécessaire du principe monarchique. Ce n’est pas l'idée de l'unité qui a sauvé la monarchie, c’est au contraire l’idée de la monarchie qui a sauvé l’unité en Autriche ‘ ». L'impossibilité pratique ainsi établie d'appliquer la Constitution du 4 mars, qui repose précisément sur ces idées sans puissance d'unité de l’État et de liberté politique abstraite, et qui heurte au contraire les sentiments les plus puissants, légitimistes et nationaux, Eütvôs propose une nouvelle Constitution pour la monarchie. Il veut qu'on rende aux pays hongrois les droits constitutionnels qu'ils possédaient avant la Révolution, sous réserve des concessions nécessaires à l'unité de la monarchie, qu'on dote des mêmes droits les pays cisleithans, qu'on donne aux diverses nationalités ethniques et à leurs langues des garanties contre l'oppression. Les concessions nécessaires à l'unité de la monarchie consisteront à réserver au gouvernement central tout ce qui concerne les affaires étrangères, la guerre, la marine, le commerce, et dans les finances et les communications ce qui est d'intérêt commun. Un Parlement central surveillera le ministère commun. Dans cette combinaison, tous les intérêts respectables seront sauvegardés, tous les sentiments légitimes ménagés : les pays cisleithans, soumis jusque là à l’absolutisme bureaucratique, gagneront tout; les pays hongrois devront abandonner au Parlement central des droits que possédaient jusque-là leurs Diètes, mais ils en seront indemnisés par leur participation même à ce Parlement, et par la jouissance plus paisible et plus sûre de leur autonomie. Quant à l'unité de la monarchie, qui est une nécessité européenne, à sa force, à sa solidité, à sa situation de grande puissance, qui est la condition même de son existence, elles seront assurées, et