‹ Le compromis austro-hongrois de 1867: Étude sur le dualismeChapitre 91 sur 369 · Die Gleichberechtigung der Nationalilaten, GA · texte numérisé non relu

Die Gleichberechtigung der Nationalilaten, GA

par les nouvelles institutions centrales, et par le concours sans réserve des peuples qui trouveront dans l'autonomie la garantie des intérêts qui leur sont chers. ‘ Esprit curieux et hardi, familiarisé par de longues études en Allemagne avec la pensée occidentale, l'horizon politique ainsi élargi, ami des vastes spéculations, Eôtvôs donne à ces idées la forme la plus précise et la plus philosophique à la fois. Mais elles se retrouvent, du moins pour l'essentiel, chez des écrivains très différents de lui. Si divers qu'ils soient d'origine, de situation, de nationalité, on rencontre chez tous le même thème : nécessité de compter avec l'unité de la monarchie, de lui donner les moyens de vivre et d'être une grande puissance : nécessité aussi de respecter ses traditions historiques et les sentiments nationaux de ses peuples : impossibilité de fonder l'unité sur la ruine de tout ce qui est vraiment fort en Autriche. — PalackŸ, dans un article de journal, reproduit son projet de division ethnographique. en sept groupes, cette fois ; pour les affaires communes, qu'il délimite à très-peu près comme Eôtvôüs, il songe à constituer auprès du ministère, pour le contrôle, un conseil simplement consultatif ; on le sent même, comme d’ailleurs Eôtvôs, résigné à accepter, en échange de l'autonomie à l’intérieur, l’absolutisme dans les affaires communes ‘. De deux conservateurs comme Andrian, l’auteur de Oesterreich und dessen Zukunft, et Somssich, un des fidèles d’Apponyi, on ne peut attendre que la défense du droit historique : leur idéal à tous deux est la restauration des Constitutions provinciales en Autriche et en Hongrie, et, pour les affaires communes, les solutions du programme conservateur hongrois de 1847 *. Springer. le futur historien de l’Autriche contemporaine, victime de l’arbitraire ministériel qui supprimait son journal, et alors au début de l’évolution qui, d’un Bohême à la Pinkas, devait le transformer en un Allemand centraliste, faisait ses adieux à l'Autriche par sa brochure l'Autriche après la Révolution. « L'unité ne s'improvise pas, » dit son épigraphe; et il dissèque impitoyablement la Constitution du 4 mars et toute politique qui serait de même facon centraliste. «Nous sommes des Autrichiens, non point par une

1. PalackY, Sur la centralisation et l'égalité nationule en Autriche. Spisy z oboru politiky, ne 23. — Cf. Die Gleichberechtigung der Nativnalitäten, 70.

2. V. plus haut, p. 70. Andrian, Denkschrift über die Verfassungs-und Verwallungsfrage in Oesterreich, écrite en 1851, publiée seulement en 1859, mais communiquée à ses amis. — Somssich, Das legitime Recht Ungarns und seines Künigs,

nécessité de la nature, comme celle qui fait que les Français et les Anglais se sentent directement, sans intermédiaire, Français et Anglais, mais par un intérêt politique calculé, et seulement dans la mesure de cet intérêt. C’est à notre province natale que nous sommes attachés avant tout et sans intermédiaire, c'est par elle seulement que nous entrons en rapport avec la monarchie... Exiger des Italiens, des Slaves, des Allemands qu'ils se sentent exclusivement Autrichiens, c’est vouloir les condamner à une sorte de célibat — et d'autant plus violemment les exciter au péché !. » Une fédération des provinces, qui sauvegardera l'unité de la monarchie en assurant les libertés nécessaires, voilà la solution. Mais que le ministère se hâte Çavant que la durée de l’état de siège n'ait aboli le sentiment de solidarité des citoyens et détruit toute confiance » *. Mème un partisan aussi inébranlable de la stricte légalité que le baron Sigismond Kemény, un des chefs du parti pacifique au Parlement de Debreczen, ne peut pas se soustraire à l'influence des lecons de la Révolution. Le dualisme nouveau, fondé sur les lois de 1848. est pour iui intangible, car ces lois sont aussi valables, la sanction en a été aussi régulière, que celle de toutes les autres antérieures : y laisser toucher, c'est mettre en question tout le Corpus Juris de la nation. Mais elles peuvent être révisées dans la forme légale, et elles doivent l'être, pour en corriger le défaut capital, leur lacune au sujet des affaires communes. Elles ont négligé de tenir compte des intérêts de la monarchie : par là, elles ont engagé la Hongrie dans un conflit avec la monarchie, où elle ne pouvait être que vaincue. Ni la Hongrie ne peul se passer de l'Autriche, ni l'Autriche de la Hongrie; la solution est donc évidente : un compromis. Îl faut — c'est une exigence de la situation européenne — que la monarchie soit une grande puissance, et il faut que la Hongrie, dans sa Constitution, tienne compte de cette nécessité, il faut qu'elle y fasse les sacrifices indispensables ; mais il faut aussi que l'Autriche ne demande que les sacrifices indispensables, reconnaisse loyalement que la Hongrie est un État, et non point une province. C'est tout le problème du Compromis, du dualisme, posé pour la première fois dans ses termes précis, avec l'indication de ses données essentielles, tandis que Kossuth, en mars 1848, n'avait fait que l’effleurer. Plus peut-être qu'aucun autre, le livre de Kemény * prouve combien l'effet pro-

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