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LE COMPLOT A LA CHAMBRE

Le complot dont les radicaux se sont servis comme d'une arme de guerre au moment des élections de 1906 donna lieu plus tard à la Chambre à des explications très vives dont voici un échantillon ;

M- Louis Dumont. — C'est vous qui avez préparé la guerre des inventaires. (Exclamations à droite.)

M. Savary de Beauregard. — Prouvez que c'est nous qui avons préparé la résistance aux inventaires !

M. Louis Dumont. — Je réponds en disant que c'est V Action Libérale, que je personnifie en M. Piou, qui a été l'organisatrice, dans la plus grande partie des communes de France, de la guerre des inventaires. (Applaudissements à gauche et à l 'extrême-gauche.)

M. Savary de Beauregard. — Il ne suffit pas de l'affirmer. Prouvez-le ?

M. Louis Dumont. — J'ajoute que j'ai eu personnellement entre les mains un papier émanant du Comité de V Action Libérale de la Drôme, à Valence...

M. Jacques Piou. — Je ne sais pas ce qu'a fait le comité à Valence, mais je suis sûr qu'il n'a rien fait que d'honorable.

M. Louis Dumont. — ... et invitant ses membres à propos des inventaires, à opposer la résistance qu'il convenait aux agents de la loi. (Nouveaux applaudissements à V extrême gauche et à gauche.)

Je déposerai d'ailleurs ce document sur le bureau de la Chambre. (Nouveaux applaudissements.)

M. Savary de Beauregard. — Nous en serons très heureux Nous saurons au moins sur quoi se fondent les accusations.

M. Antide Boyer. — Tout le monde le sait! Vous seul l'ignorez.

M. Jacques Piou. — Je ne sais pas si vous êtes au courant de

out ce qu'écrivent vos amis de tous les points de la France.

Pans tous les cas, je ne connais pas votre papier et je répète que

la direction de l'Action Libérale n'a exercé aucune pression ni donné aucune instruction en vue des inventaires. {Applaudissements à droite.)

M. Chappuis. — On a beaucoup parlé en son nom.

M. César Trouin. — Et les affiches de V Action Libérale ? A ce moment, il y en avait sur les murs de toutes les communes de France. (Exclamations à droite. — Bruit.)

M. Jacques Piou. — A l'heure qu'il est, il ne s'agit pas de V Action Libérale.

M. Jules Coûtait (Seine). — Je demande la parole.

M. le Président. — Messieurs, je vous en conjure, laissons la discussion reprendre une allure générale, seule digne de cette assemblée (Applaudissements) et ne permettez d'aucun côté, ni à vos amis, ni à vos adversaires, de lui donner de misérables allures personnelles. (Nouveaux applaudissements.)

TEXTE DE LA PÉTITION ADRESSÉE PAR LA PRESQUE UNANIMITÉ DE L'ÉPISCOPAT FRANÇAIS AU PAPE PIE X AU SUJET DE L'ACTION LIBÉRALE1.

Très Saint Père,

Prosternés aux pieds de Votre Sainteté nous La supplions d'accorder la haute distinction de Grand-Croix de l'Ordre de

Pie IX à M. N , fondateur et président de l'Action libérale

populaire, en témoignage d'approbation pour le chef au dévouement infatigable envers l'Église et la France et pour les membres zélés de cette grande association dont le programme et les doctrines, conformes aux directives des Souverains Pontifes, doivent assurer l'union de tous les catholiques, de tous les honnêtes gens de France, pour la défense et la reven^ dication des libertés sociales et religieuses.

Roma, 26 mars 1908.

Suivent les signatures des quatre-vingts prélats en tête desquelles celles des quatre cardinaux, de Bordeaux, de Reims, de Lyon et de Marseille, seuls existants alors.

Les reproductions de ces documents sont conservées aux archives de l'A. L. P.

(1). Voir le livre, p. 210.

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