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les sous-préfets, les maires mêmes et les tribunaux administratifs n'existent pas dans un autre but.
L'administration anglaise est, peut-on dire, l'opposé de la nôtre. Elle n’a pas été édifiée tout d’un coup dans son ensemble, comme celle-ci. Ce qui la caractérise, c'est de s'être développée peu à peu suivant les nécessités et les possibilités du moment et de n'avoir Jamais subi de bouleversement.
Les Anglais, en matière de gouvernement local comme en tout autre, ont presque toujours mieux aimé améliorer les institutions existantes que d’en faire table rase, pour les remplacer ensuite par d’autres mieux adaptées aux besoins actuels. Cette liaison entre le présent et le passé nous frappe quand nous étudions les vieilles circonscriptions administratives de l’Angleterre : le comté, le bourg et la paroisse. Celles-ci évoquent en nous l'idée de quelque chose de très ancien, elles constituent pour ainsi dire la structure interne de la vieille Angleterre ; mais leur aspect un peu archaïque n'empêche pas qu’elles soient administrées maintenant par des autorités organisées de façon à donner pleine satisfaction aux besoins modernes. Le gouvernement local anglais est traditionnel dans la forme et progressiste au fond. Il y a là, nous semble-t-1l, une manifestation de la force et de la souplesse de la constitution britannique, qui permet depuis longtemps aux institutions de se perfection-
ner d’une manière continue dans la légalité et l’ordre.
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Le gouvernement local de l'Angleterre a un caractère encore plus particuher que ce traditionnalisme, plus apparent que réel, dont nous venons de dire quelques mots : 1l laisse aux habitants des circonscripüions locales la liberté et la responsabilité de l'administration de leurs intérêts collectifs, à la seule condition de se conformer aux lois. Ce n'est pas d'aujourd'hui que l'Angleterre jouit d'une grande décentralisation administrative. C’est du temps de la domination des Saxons que ses habitants semblent avoir pris l'habitude de s'occuper librement de leurs intérêts locaux.
Depuis cette époque lointaine, les institutions de l'Angleterre ont évolué; mais que le gouvernement de ce pays ait été féodal, aristocratique, bourgeois ou presque démocratique, les habitants des villes et des campagnes anglaises ont toujours assuré, un peu plus ou un peu moins suivant les temps, l'administration des bourgs, des comtés et des paroisses, sans que le pouvoir central se chargeàt de ce soin. Sous les premiers rois normands, il y eut bien une tentative de centralisation au moment de l'institution des sheriffs ; néanmoins ces fonctionnaires du roi, nommés par lui à parür d’une certaine époque, mais élus par les populations au début, associaient largement les hommes libres des comtés à leur administration et ne devaient pas conserver longlemps leur situation prépondé-
rante.