‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 120 sur 398 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p

3. Voir ici la Xarrafio controversiae [llist. de F/*., t. XII, p. 4r>9, et le De tribu lationihus et angustiis et persecutionibus Majoris Monasterii nionachis injuste illatis ab archiepiscopis et clericis Saficti Mai^ricii Turonen$i$

Saint-Martin et le comte d'Anjou, laccord était inévitable contre Tenneini commun. Raoul, poussé k bout, lança contre le comte une sentence d'excommunication et le somma de comparaître ; celui-ci lui fit insolemment savoir qu'il consentirait tout au plus à avoir avec lui le 30 septembre, près de Rochecorbon, une entrevue où jls mettraient la Loire entre eux et où lui, Foulque, prendrait le premier la parole pour se déclarer injustement excommunié et pour proclamer qu'il n'y avait plus lieu à discussion *. GeolTroi de Tours, de son côté, sommé par Tarchevéque d'excommunier le comte, loin de réfréner sa fureur, parut plutôt la favoriser -. Cités l'un et l'autre devant les prélats de la province de Lyon à un synode qui devait se tenir dans le courant de Tannée 1082 •^, comte et évêque firent défaut :1e synode, présidé par IIu{2^ue de Die, fulmina l'anathème contre les rebelles et suspendit Geoffroi de ses fonctions ^.

public'» dans les Ifist. do Fr., l. XIV, p. 93 el suiv., d'après Laurent Bochel, Iranscrivant lui-même le ms. de la Bibl. nat. la t. 13899, fol 47 v« et suiv., récit passionné et assez tardif, mais plein d'intérêt.

1. Voir la letlre du clerc (reoiïroi publiée dans les Ilist. de Fr., t. XIV, p. 073, n. f. Otle lettre ne peut émaner de X'^vâque Geoffroi, (pioi qu'en j)ense Mabillon, suivi ])nr les Ilhi. de Fr,, puisque son auteur s'intitule seulement ancordos ; oWc se place, d'autre part, évidemment avant l'excommunication prononcée par les prélats du synode de Lyon, puis par le pape, puiscpi'il n'y est encore (piestion ((ue de celle qu'a prononcée Tarclievccpie lui-même.

2. Les prélats du synode de Lyon l'en accusent formellement : « Ipse vcro propositum suae professionis ecclesiasticae violans, nec divinis mandatis nec archiepiscopi sui monitis obediens, cum fratribus in defensionem jusliliae desudantibus, cor suum in otioet deliciis nutricns, fovil magis quam impufjfiiavil supradicti Fulconis malitiam » (Ilist, de Fr.y t. XIV, p. 673).

3. (^e concile est postérieur à la consécration de Geoffroi de Tours, hicpielle eut lieu le 8 mai 1082 .In^. de Vendôme^ p. 6") du Becueîl d'ann, antjer. et vendôm.)^ et antérieur, d'après l'intitulé delà lettre écrite par les pères du concile (//«/. r/p /♦>., t. XIV, p. 673-674), à la nomination de Hugue de Die à l'archevêcbé de Lyon, laquelle eut lieu en 1082 (Ilist, de Fr,^ t. XIII, p. 021 B) ot après le 24 octobre (Ilist, de Fr,, t. XIV, p. 656).

4. Voir la lettre écrite par les pères du concile (Ilist. de Fr,, t. XIV, p. 073-07 1) et celle de Grégoire VII aux Angevins et aux Tourangeaux

ihid.j p. 6'il', et Jaffé, Monum Gre(/or,, p. 498),

CARACTÈRE DE l'aUTORITÉ COMTALE 201

Foulque dès lors ne garda plus de mesure. Philippe P^, tout en ayant nommé lui-même Raoul à Tarchevêché* , avait décidé de Ten expulser : le comte accepta avec empressement de mettre ce désir à exécution et chassant Tarchevêque, mit la main sur ses biens et son église ^, La réponse ne se fît pas attendre : Grégoire VII, en même temps qu'il excommuniait les chanoines de Saint- Martin de Tours et les rappelait à la soumission ^, enjoignit à tous les « abbés, clercs, laïques de Tarchevêché de Tours et de Tévêché d'Angers, restés fidèles à l'autorité des légats du Saint- Siège », de s'abstenir de tout rapport avec le comte et ses complices, et leur ordonna d'obéir à Raoul et de lui témoigner le respect qui lui était dû *.

Arrivé à ce degré de violence, le conflit ne pouvait plus durer, et sans qu'on sache au juste comment il s'apaisa, on constate qu'il avait pris fin avant le début de l'année 1083, puisque le 6 janvier de cette année l'archevêque, l'évêque et le comte se trouvaient réunis et agissaient de concert dans la ville d'Angers ^. Foulque et GeoflTroi de Tours avaient sans doute fini par céder ; mais ce qui est caractéristique, c'est que jusqu'au bout ils étaient restés unis. Un comte qui pouvait trouver dans son clergé un pareil appui avait un ressort suffisant pour ressaisir la puissance qui semblait prête à lui échapper.

1. C'est ce dont Taccusail Eiisèbe Brunon quelques années auparavant (Sudendorf, Berengarius Turonensis^ p. 223, n° 15) et ce qui est attesté encore par la Narratio controversiae {Hist. de Fr.^ t. XII, p. 459).

2. Voir la lettre de Grégoire VII aux Angevins et aux Tourangeaux publiée dans les Hist, Fr.y t. XIV, p. 654, et par Jaffé, Montnn, Gregor. p. 498 : « ...fratrem nostrum Turonensem archiepiscopum de sede sua expulit bonisque ccclesiae penitus expoliavit» ^Jaffé-Wattenbach, Regesta^ n'> 5231).

Page 1