Voir Angot, Dictionnaire de la Mayenne, t. II, p
2. Gallia christ,, t.XIV, col. 564; C. Port, Dictionn., t. II, p. 60.V606.
3. Nous avons conservé la lettre de convocation adressée à Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme (Hist. de Fr,, t. XV, p. 275).
4. Geoffroi, abbé de la Trinité de Vendôme, dans une lettre à Renaud lui-même, s'exprime ainsi : « In illa siquidem actione, immo vulgi conspiratione, quam pro electione repulatis, lex velut inter arma siluit, vox divina locum non habuit ; totum ibi levitas vindicavit et vanitas, ubi mima quaedam et mulier publica, quae vos garruliter acclamabat, amplius potuit quam plebis maturitas vel clericalis honestas potuerit »» [Hist. de Fr., t. XV, p. 278-279). Ilildebert de Lavardin, alors évêque du Mans, lui fait le même reproche : « Testantur qui affuerunt quod ad juvenem infra
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Ainsi au début du xii^ siècle, en tout cas, peut-être sous Tactien des doctrines de Grégoire VII, un semblant d*élection a lieu, et peut-être Tinfluence du comte ny est-elle pas exclusive. Mais elle n*en existe pas moins : un des grands reproches que Creoffiroi de Vendôme fait à Renaud de Martigné, c'est d'avoir reçu l'investiture d'un laïque et — cela ' ressort de toute la lettre qu'il lui adressa alors — de l'avoir reçue avant la consécration ^ Et pourquoi ce reproche ? Est-ce uniquement parce que l'investiture, à ses yeux, est un véritable sacrement? Non: c'est aussi et surtout parce que l'investiture est pour les laïques un moyen de trafiquer de l'épiscopat et de s'assurer à la fois de bons revenus et la docilité des prélats ^. On ne saurait voir là une phrase en l'air: sans accuser formellement le comte d'Anjou, ce qui eût été au moins imprudent, GeoiTroi de Vendôme ne pouvait plus clairement dénoncer son rôle dans l'élection de Renaud.
Des évoques nommés dans ces conditions devaient continuer à être pour le comte, comme dans la première moitié du xi'' siècle, des auxiliaires dociles. C'est en effet ce que nous constatons d'ordinaire. Eusèbe Brunon se rallia dès le début à Foulque le Réchin ^,
sacros ordines et annos inventum nec a clero clcctum, seclitiosus turbatae turbae clamor pontiQcalcm cxlorserit electionera » [ibid,, p. 315). Sur cette affaire, voir Ilauréau, Une élection iïévêque au XIl*"^ «., dans la Revue des Deux Mondes du 1'^' août 1870,' et pour le rôle respectif de Geoffroi de Vendôme et d'Hildebert de Lava rd in, Compain, Geo ff roi de Vendôme (BibL École des Haules-Études, fasc. 86), p. 189-195, et Dieudonné, Hildeherl de Lavardin, p. 149-152.
1. Remarquer notamment cette phrase: « Ibi enim in primis omnis ecclesiaticus ordo confunditur, quando hoc quod unicuique a suo consecratore inecclesiacum orationibus, quae ibiconveniunt dari débet, a saeculari potestate prius accipilur » [Ifist. de Fr., t. XV, p. 279 A).
2. « Nam quae secularis polestas sibi vindicarenititurinvestiturara, nisi ut pcr hoc aut pecuniam extorqueat aut, quod est gravlus, sibi inordinate Bubjectam eflîciat pontifîcis personam ? » {ibid., p. 279 b).
3. Voir la lettre qu'il adressa au pape Alexandre 11 après 1068 et avant la consécration de l'archevêque de Tours Raoul, en 1073, dans Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 222, n° 15. C'est bien à tort que Célestin Port {Dictionnaire, t. I, p. 528), suivant d'ailleurs la Gallia christiana, t. XIV, col. 561, a cru à une violente rupture entre Foulque et Eusèbe. Il a été
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et lorsqu'il s'agit, vers 1070, de contester la nomination derarchevêque de Tours Raoul de Langeais, Févêque et le comte se trouvèrent d'accord *. Quant à leur attitude envers Bérenger de Tours, archidiacre d'Angers, sans avoir été absolument concordante, elle ne dénote pas entre eux une opposition irréductible ; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'Eusèbe Brunon resta le fidèle défenseur de Bérenger jusqu'à ce qu'il eût abjuré au concile dé Latran, en février 1079 ^, au lieu que Foulque le Réchin semble avoir été avant cette date lassé des discussions perpétuelles auxquelles la doctrine de l'hérésiarque donnait lieu,
induit en erreur par une fausse interprétation donnée dans les Ilisi, de Fr.y t. XIV, p. 610, à l'adresse d'une lettre de Grégoire VII, visant en réalité Centulle, comte de Héarn (JafTé-Waltenbach, /îer/cs/a, n<> 5230), et non Foulque le Réchin. Ce n'est donc probablement pas non plus des mariages de ce dernier, comme pourrait le faire croire Tédition de cette lettre dans les Ilist. (le Fr.^ (|ue Ilugue de Die eut à s'occuper au concile de Poitiers de l'an 1077 (Hht, de Fr,, t. XIV, p. 616 A), mais bien plutôt, comme encore en 1094 (ibid,, p. 701), do la question de savoir s'il y avait lieu de lever l'excommunication lancée contre Foulcpie pour avoir renversé et emprisonné son frère. Quant au concile de Poitiers, en dépit de la Chron. de Sainl-\faixenl '\Chron, des éf/liaes d'Anjou, p. 406-407), (jui le place en 1079, il est antérieur au 25 novembre 1078, puisqu'a cette date Grégoire VII y fait allusion comme à un événement passé (Jaffé-Wallenbaeh, Regesta, n° 5088), et vraisemblablement de janvier 1077, date donnée par un fragment annalisti({ue, très exact d'ordinaire Jiecuril d\innales an</Pi\ef vend.^ p. 41). Nous sommes sur ce point en complet désaccord avec M. Richard, If ht. den comtes de Poitou, t. I, p. 339.
1. Voir la lettre, déjà citée, d'Eusèbe au pape Alexandre II (Sudendorf, Beronijarius Turon,,\i. 223, n<>15;. Après avoir protesté en termes violents contre la nomination de Raoul, Eusèbe ajoute : o Nos, ecclesiae Turonensis sufTraganeos, clerum et populum, et in j)opulo maxime F. comitem noslrum, majorem ecclesiae casatum, ne uspiam contra jura divina sentiamus, ne uspiam a christianitatis tuae prescripto deflcctamur, sublimilatis tuae scriptis multum confirma ri oportet. »
2. A ce moment seulement, en effet, se place la lettre par laquelle Eusèbe fit savoir à Bérenger (ju'il considérait désormais sa cause comme jugée et ([u'il ne s'en occuperait i)lus dorénavant (Cl. Ménard, .S. Aurelii Aufjustinl Hipponensis rpiscopi contra secundam Juliani responsionem, Paris, 1016, p. 74). Voir les articles de M. Brôcking, cités ci-dessus^ p. 138, n. 1.
ce qui força Grégoire VU à le faire rappeler par les prélats à la modération K
Jamais, en tout cas, entente ne fut plus complète entre le comte etTéveque que sous Tépiscopat de Geoffroi de Tours (8 mai 1082- 10 octobre 1093 -), Appelé dès le début h prendre parti entre son métropolitain et son seigneur, Geoffroi n'hésita pas, et fort de rimpopularité de Tarchevêque de Tours Raoul de Langeais •*,
1. Voir la lettre à l'archevêque de Tours et à Tévêque d'Anpers publiée dans les llist. de Fr.y t. XIV, p. ôiH, et dans JafTé, Monunv, Gregoriana, p. r>64 (JafTé-Waltenbach, /?r///»8/a, n° ;i197;. Ona beaucoup hésité sur la date do cette lettre : JalTé la place en 4080 environ, c'est-à-dire après le concile de La Iran de février 1079. \V. Marions, Gregor VV/, sein Leben und Wirken (1894;, t. I, p. 251, a justement fait remarquer que, s'il n'y avait pas impossibilité absolue h adopter cette date, du moins semblait-il logicfue de placer de préférence la lettre avant le concile de février 1079. En ofTet, à l'issue de ce concile, Grég-oire Vil, par une missive spéciale, menaça formellement d'excommunication tous ceux qui inquiéteraient Bérong'or, ({u'il venait de renvoyer en Anjou illist, de Fr., t. XIV, p. 637, et JalTé, Mon. Gregor., p. îioOj ; or, si la lettre adressée à rarchovêque de Tours et à révé({ue d'Ang-ers était contemporaine de celle-ci ou de peu postérieure, on y retrouverait une allusion à cette menace d'excommunication ou un ton également menaçant, ce qui n'est pas : en conséquence, M. Marlens propose de placer la lettre tout au début de l'an 1079, avant le concile, (^est peut-être trop préciser. M. Schwabe {Studien zur Geschischte des ztreiten AbendniahlstreUs, p. 128, n. li avait déjà remarque (jue la lettre pourrait être antérieure même à 1078, et Sudendorf [Berengarius Turonensis, p. ;)t-')2; proposait la date de 1073, supposant — tout à fait en l'air, d'ailleurs — la lettre écrite au moment de l'avènement de Grégoire Vil. Tout ce que nous croyons pouvoir dire, c'est que la lettre semble antérieure au concile de La Iran de 1079 et, par suite, à la lettre d'Kusébe Brunon citée à la note précédente,
2. Voir pour ces dates notre Recueil d'annales angev. et vendant. , p. 6, 6o, 108.
3. Il importe d'observer que la Xarratio conlroversiae, etc., publiée dans les llist. de Fr., t. XII, p. 4!)9 et suiv., dont on a fait jusqu'ici le plus grand cas pour l'histoire de Raoul de Langeais, n'a (}u'une importance très faible : non seulement c'est un pamphlet, mais c'est un pamphlet écrit à une épofjue assez tardive ;en tout cas, postérieurement à la mort de l'évêcpie d'Angers Geoffroi de Tours [1093] et même à celle de rarchevê(pie de Reims Renaud [1090] et vraisemblablement pas avant le milieu du xii® siècle). Des confusions souvent graves y sont commises : ainsi l'auteur ne voit pas que Geoffroi, frère d'Ilamelin de Langeais, et Geoffroi, doyen et chantre de Saint-Martin de Tours sont un même per-
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embrassa avec une ardeur et une audace increvables la cause du comte d'Anjou *.
L'affaire de Télection d'Hoël à l'évêché du Mans avait, en effet, on s'en souvient 2, provoqué entre Foulque et l'archevêque Raoul un conflit violent. Au même moment, Raoul s'était mis successivement à dos les moines de Marmoutier, les chanoines de Saint-Martin de Tours et enfin le roi, ce dernier lui reprochant ses complaisances excessives pour les légats pontificaux et les
autres se plaignant qu'il attentât à leurs privilèges : il en était résulté une lutte acharnée où une partie des adversaires se battaient à coups d'excommunicatrons '^ Entre le roi, Marmoutier,
sonnage ; il en fait, à tort, semblc-t-il, un proche p<#cnt de Tarchevêque Raoul ; il prèle à Grégoire VII une attitude que les lettres de ce pape semblent contredire ; il donne enfin des dates inadmissibles : car si Raoul avait dès 1081 été chassé de son siège, il n'eût pu le 8 mai 4082 consacrer évèque d'Angers GeolTroi de Tours et rien n'indique par ailleurs (jue cette consécration n'ait pas été régulièrement faite par lui ;de plus, la lettre de Grégoire VII relative à l'évèché du Mans, qu'on ne peut placer avant le début de l'an i082 [BibL de C Ecole des Chartes^ t. 26, p. "m9), serait vraiment d'une naïveté excessive. Les autres indications chronologiques de détail ne sont pas moins difficiles à justifier. La Xnrratio apparaît donc comme un document qu'il ne faut utiliser qu'avec la plus extrême prudence.
1. Il ne faut cependant [)as dire, comme l'a fait, par exemple, Pletteau, Annales ecclésiastiques (Reruede V Anjou, t. XI 11), que le choix de GeofTroi de Tours comme évè(|ue d'Angers était déjà par lui-même significatif, Geoffroi ayant été « un des chanoines (de Saint-Martin de Tours) qui avaient embrassé avec ardeur la cause commune de l'abbatiale et du comte d'Anjou contre l'archevêque. » Rien ne l'établit; car, même en attribuant à la Narratio controversiae une valeur (|u'elle n'a pas (voir, la n. précéd.), on n'y trouvera ({u'une chose, c'est le nom du futur évêcjue cité avec ceux des autres chanoines et dignitaires de Saint-Martin de Tours, sans que son ardeur contre l'archevêque fasse l'objet d'une mention spéciale, comme c'est le cas de plusieurs d'entre eux. D'ailleurs s'il y avait eu hostilité ouverte entre GeolTroi et l'archevêque Raoul, on s'explicpie mal que ce dernier l'eut consacré évèque dès le 8 mai 1082 {Annales de Vendôme, p. 65 du Recueil d'ann. anyev.et vcndom.).