LES PÈLERINAGES DE FOULQUE NERRA
Foulque dut donc attendre jusqu^à la (in de Fan 1039, c'est-àdire jusqu'à la cessation complète des hostilités avec son fils ^ pour partir une dernière fois revoir le Saint Sépulcre ^.
de VÉcole des Chartes, ann. 1887), etc. — On a encore essayé (notamment Salies et Miss Kate Norgate) de tirer argument du n^ 34 du Catalogue d^acles, parce qu'il est terminé ainsi (c'est Foulque Nerra qui parle) : « Res autem ecclesiae praescriptas a domno Beringario atque domno Reginaldo scribere jussi et priusquam ad Jérusalem uHima vice perrexissem manu mea corroboravi. » On a déclaré qu'il ne pouvait être question ici du pèlerinage de 1040. Nous ne voyons vraiment pas pourquoi Foulque, âgé d'environ soixante-dix ans, n'aurait pas pu déclarer en 1040 que c'était bien le dernier pèlerinage à Jérusalem qu'il allait accomplir? D'ailleurs la charte en question est forcément postérieure à 1036 (voir notre Catalogue): tout ce qu'on peut donc faire, c'est la citer à l'appui du pèlerinage de 1040. — Un argument qu'on n'a pas invoqué, mais qui, en apparence, présenterait quelque force, pourrait se tirer de la Chron. d'Adémar de Chabannes, III, 68 (éd. Chavanon, p. 194) : GuiHaume Taillefer, y est-il dit étant allé en 1026-1027 en pèlerinage à Jérusalem, son exemple fut suivi par de nombreux personnages et notamment par a le comte Foulque ». Mais Adémar, étant mort en 1034 et ayant quitté la France en 1028 ou 1029, n'a pu, si le chapitre en question est son œuvre, penser à un pèlerinage effectué en 1035; si le chapitre n'est pas de lui (opinion de.M. Lair), l'auteur a pu viser le pèlerinage de 1040.
1. Voir ci-dessus, p. 60, n. 4 — En plaçant le départ de Foulque à la fin de l'an 1039, il ne reste plus qu'un délai assez court pour le pèlerinage même ; mais neuf mois (1^' oc t. 1026-juin 1027) suffirent à Guillaume, comte d'Angoulême, pour aller et revenir d'Angoulême à Jérusalem (Adémar de Chabannes, III, 65, éd. Chavanon, p. 190-191) : on peut donc admettre que sept ou huit mois suffirent à Foulque pour aller d'Angers à Jérusalem et de Jérusalem à Metz ; cela fixe son départ en novembredécembre 1039.
2. Ce dernier pèlerinage est attesté par tous les auteurs : Raoul Glaber. Foulque le Réchin, 2« réd. des Gesta^ etc. : Raoul Glacer, IV, 9 (éd. Prou, p. 113-114) s'exprime ainsi : « Preterea Fulco, Andegavorum comes, de quo superius quedam retulimus, ter Jherosolimam jam perrexerat, vcniensque Metensem urbem ibidem obiit », ce qui, nous l'avons dit plus haut, p. 216, n. 2, est paraphrasé par les Gesta^ 2« réd. : « Bis jam Jerosolymis perrexerat ; tertio autem itinere in eundo peracto... vcniensque Mettensem urbem... diem clausit extremum. » Foulque le Réchin dit de même dans sa chronique {Chron, des comtes d'Anjou, p. 377) : '( Bis etiam Jérusalem adiit : in cujus secundo reditu, rébus humanis excessit, circa festivitatem sancti Johannis, anno ab incarna tione Domini MXL » (sur le nombre erroné de pèlerinages, voir plus haut,