CHAPITRE I
Le comté d'Anjou, à l'avènement de Foulque Nerra, ne rappelait qu'assez imparfaitement l'ancien comté ou pagu» carolingien ^: il était à la fois plus vaste et plus restreint. C'est du côté de la Touraine et du Poitou que les modifications avaient été les plus profondes: le comte, au lieu de voir sa domination arrêtée vers le sud-ouest, comme autrefois, au Layon et à rironne, apparaissait désormais comme le suzerain d'une partie de cette région des Mauges convoitée déjà par Foulque le Bon 2. La limite méridionale de l'ancien pagus s'était également quelque peu infléchie pour venir englober Vihiers 3. Au sud-est, le cours
1. Les limites de ce pagus ont été indiquées par M. Longnon dans son A//a« historique de la France. Toutefois, sur un point de détail, nous avons cm devoir, nous écartant de la cartede M. Longnon, admettre avec Célestin Port (Dictionnaire de Maine-et-Loire^ Introduction^ p. iv) que le pagus d'Angers s'étendait au delà du Layon sur la région de Gonnord, de Melay, deChemillé : cette région a toujours, à ce qu'il semble, fait partie du diocèse d'Angers et, en outre, la Chronique de Nantes^ éd. Merlet, p. 97, dit expressément que les Mauges s'arrêtaient à l'Ironne.
2. Renaud le Thuringien, vassal du comte d'Anjou, possédait une bonne partie de cette région : voir la Chronique de Nantes ^ éd. Merlet, p. 123. Il en légua certains morceaux à son flis, l'évoque d'Angers Renaud : voir le diplôme de Robert le Pieux publié dans les Ilist, de Fr., t. X, p. 583, et une notice du monastère de Saint-Serge d'Angers, datée de l'an 1058, dans la Collection dom Housseau, vol. 11^, n° 582. Cependant Saint-Florent-le- Vieil restait encore dans le comté de Nantes : voir ci-dessous, p. 52.
3. Une charte-notice de Saint- Aubin d'Angers nous montre Geoffroi Grisegonelle disposant de la ten^c de Vihiers en faveur d'un de ses vasseiUx(Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon,n°85). Or Vihiers était en dehors du pagus d'Angers et resta toujours en dehors du diocèse
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moyen du Thooet avait cessé de maixiiier la frontière : dès son avènement, Gex^broi Grisegonelle était maitre à Mérao ^.
A Test, c'avait été un bouleversenient ciomplet : la prise de possession du Saumurais par les eomles de Blois qui était déjà chose Caite au début du x* siècle - . avait fait reculer jusqu'à Gennes ^ la limite de TAnjou, quL laissant en dehors Dénezé, Meigné, les Ulmes^ Distré ^« venait rejoindre le Thooet entre le G>udraV'Macouard et Lézon ^. Par contre^ enpl^neTouraine, le
d'Angers. Cest Mrulement ao milieu da x^ siêdeqne les comtes d'Anjou s'y étaient installés : car, en 942, Vibiers faisait encore partie des domaines de Saint-Hilaire de Poitiers Port, l>îc/<oana£re^ t. 111, p. 7181.
1. En 960, Geoffiroi Grisegonelle donnait à Saint- Aubin d'Angers une partie des domaines de Méron \f sitam in pago Pictavensi '• en rappelant que c'était ta un bien depuis assez longtemps déjà entre les mains des comtes d'Anjou iC^rtul, de Saint-AoLin, éd. Bertrand de Broussillon,
no 224).
2. En 937, le maître de Saumur était déjà Thibaud, comte de Blois illisl, de Sainl-FlorerU de Saumur^ dans Chron. des église* d'Anjou^ p. 230). Célestin Port affirme Dictionn,^ InirodocUon, p. x) que « la maison de Blois avait, depuis Texpulsion des Wisigotbs, réuni à la Touraine tout le Saumurois » ; mais il se fonde sur un texte mal interprété, que nous citons à la note suivante.
3. nUL de Saint-Florent Chron. des églises d'Anjou^ p. 276 : « Nam a priscis Pranciae regum temporibus, Andegavam atque Neustriam reg^onem lil>ere leuentium, a castro Salmuro potentissimam dominationem vulgariter vicariam die la m termina bat Gegîna vicus. »
4. L'nc cbarle de l'an 990 nous apprend que les moines de Saumur durent prendre un protecteur pour leurs terres de Dénezé, Meigné, les Ulmet», Distré, sur lesquelles Foulque Nerra passait chaque fois qu'il pénétrait en Saumurois 'Pièces juslif.y n° 1 '.
5. En 976, GcofTroi Orisegouelle ratîGait la restitution faite par un de ses fidèles à Tabbaye de Saint- Aubin d'une terre sise au Coudray-Macouard (Carlul. de Saint- Aubin^ éd. Bertrand de Broussillou, n° 211). D'autre part, Célestin Port ^ Dictionnaire , t. II, p. 514-515 a montré que Lézon ^au confluent de la Dive et du Thouetj était dans la voirie de Chènehutte, c'est-àdire dans le Saumurois, et dépendait, dès le début du x* siècle, de Tabbaye de Saint- Florent de Saumur. Cependant on était là sur Textrême limite de TAnjou et de la Touraine : en 958, nous voyous, en effet, que le pays de Véron Centre Chinon et la Loire; est « in conGnio Andegavorum Turonorumque » (Mabille, Introd., p. lxiv, n. 3).
comte d'Anjou possédait Saint-Epain ^, la Haye sur la Creuse ^^ Ligueil 3^ Villentrois \ Loches ^, Amboise ^, Monnaie, Courçay "^j et sans doute aussi Semblançay, Saint-Christophe, Château-la- Vallière ® et, plus au nord, Chenu 9, possessions encore assez clairsemées, mais faciles à relier et formant comme un vaste réseau qui menaçait d'enserrer Tours.
Sur les confins du Maine, la frontière du comté était restée à peu près la même qu'à Tépoque des .premiers Carolingiens : près de cette frontière, la Pèlerine *^, Noyant**, Genneteil *2, le Lude*^,
1. En 1023-1024, nous voyons Foulque Nerra renoncer à toutes les mauvaises coutumes établies par Geoffroi Grisegonelle à Parce, Précigné, Noyant, Genneteil, Chenu, Saint-Epain, Ligueil, Courcay, Monnaie (Catalogue d'actes, n^ 3o).
2. Vllist. de Saint-Florent (Chron. des églises dWnJou, p. 274) nous parle de la Haye comme d'une place héritée par Foulque Xerra de ses prédécesseurs et les Gesta consul. Andegav, affirment, nous Tavons vu, que la possession eu remontait à Foulque le Roux (éd. Marchegay et Salmon, p. 65).