‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 29 sur 398 · Sur ce surnom, voir Appendice I · texte numérisé non relu

Sur ce surnom, voir Appendice I

3. Cette date du 14 octobre 1006 était certainement celle que donnait le recueil primitif de Saint-Maurice d'Angers dont, pour le début du XI* siècle, les annales angevines et vendô^noises dérivent. En effet, les Annales de Vendôme portent : « MVI. Gosfredus comes natus est II idus octobris » (p. 59 de notre Recueil) ; les Annales de Saint-Aubin : « MVI. Ilubertus episcopus ordinatus est et eodem anno Goffredus Martellus natus est » {ibid.,p.3); \qs Annales de Saint-Florent de Saumur : «MVI. Ilubertus ordinalur episcopus. Goffredus comes natus est II idus octobris » [ibid., p. 117). Devant cet accord et étant donnée surtout l'autorité des Annales^ de Vendôme, on ne peut expliquer que par une erreur de transcription l'indication d'année contenue dans les Notes de Vobiluaire de Saint-Serge (lesquelles, on le sait, sont copiées sur le même recueil de Saint-Maurice d'Angers que les textes précédents) : « Idus junii. Dies ordinationis Huberti presulis, anno ab incarnatione Domini MVII. Eodem anno Gosfridus comes natus est II idus octobris » {ibid,, p. 106). Il est donc établi que le recueil de Saint-Maurice d'Angers donnait pour la naissance de

Hildegarde ^ Si ce dernier n'avait pas été prématurément enlevé

Geoffroi Martel la date du H octobre i006. — Il est vrai qu'une notice du CartuL de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n» i, débute par ces mots : « Anno ab incarnatione Domini MVII, indictione V, Gaufridus Martellus natus est et pater ejus Fulcho, etc.. » Mais cette notice assez postérieure et qui contient au moins une autre grosse inexactitude chronologique (voir n°53 du Catalogue d'actes) ne peut prévaloir contre les textes précédemment cités.

i. Foulque Nerra épousa en premières noces, vers Tépoque de son avènement, Elisabeth, fille du*comte de Vendôme Bouchard le Vénérable et en eut une fille, Adèle ; nous en reparlerons au chap. II, p. 62. Après la mort d'Elisabeth, en Tan iOOO (voir ibid.)^ Foulque épousa Hildegarde, dont on sait seulement qu'elle était Lorraine et d'une lignée illustre : « religiosa atque piissima comitissarum, domna Hildegardis, quam scilicet ut credimus et in rébus manifestum est, omnium conditor Deus a Lothariensium partibus, de regali progenie ortam, in hos occidentales terrarum fines ad restaura tionem destitutarum olim ecclesiarum pcrduxit », dit une charte du Ronceray d'Angers [CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n® 173) ; « illustrem puellam », dit V Histoire de Saint-Florent (Chron, des églises d'Anjou, p. 260). M. L. de Grandmaison, dans les positions de sa thèse sur Geoffroi Martel (Positions des thèses des élèves de V École des Chartes, ann. 1887), dit qu'Hildegarde descendait peuUêtre des comtes de Nordgau ; mais nous ignorons sur quoi cette hypothèse repose. Par contre, c'est par erreur que Gél. Port (Dictionn. de Maine-et-Loire, t*. II, p. 359) dit qu'Hildegarde « était sœur de Gildouin de Doué, au témoignage d'une charte de Saint-Florent », la charte visée {Livre noir de Saint- Florent de Saumur, fol. 12 v®, n° 15) relatant seulement un don fait par Gerberge, femme de Gcudouin, en 980, du consentement de sa propre sœur la vicomtesse Hildegarde (« Signum Girbergane, quae hanc dona tionem fecit ; signum Gelduini, senioris ejus ; signum Hildegardis vicecomitissae, sororis ejus. Data mense aprili, anno XXV régnante Hlothario rege. Actum Salmuro castro publiée wj.On ignore vers quelle date naquit Hildegarde ; mais on sait qu'elle ne survécut que de peu à son mari : elle alla mourir à Jérusalem le 1*' avril 1046, et y fut ensevelie, selon ses vœux (CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n«" 8, 33, 64 ; ObiL du Ronceray, dans Chron, des églises d'Anjou, p. 395, n. 3; ObiL de Saint-Aubin d'Angers [Bibl. d'Angers, ms. 830, ancien 747] ; copie de ïObiL de Reaulieu-lès-Loches dans Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 100 r°, aux calendes d'avril ;Ann. de Vendôme et Ann. de Saint-Aubin, p. 4 et 62 du Recueil d'ann. angevines et vendômoises). Les textes qui prouvent que Geoffroi Martel était fils d'Hildegarde sont très nombreux: on peut voir notamment les n°» 30, 44, 45, 58, 72, 76, 77, 78, 79 du Catalogue d'actes, — De son mariage avec Hildegarde, Foulqiîe Nerra eut encore une fille, Ermengarde. Voir Foulque le Béchin, Chron. : « Ego Fulco comes Andegavensis, qui fui filius Gosfridi de Castro Landono et

à la vie le 14 novembre 1060 ^ sans laisser d'héritiers directs, on ne peut dire jusqu'à quel degré de puissance les comtes d'Anjou seraient parvenus dès le xi® siècle ; mais de 987 à 1060 leurs progrès allaient être assez remarquables pour qu'on pût prévoir pour leur maison les destinées les plus brillantes.

Ermengardis, filiae Fulconis coniitia Andcgavensis... » {Chron. des comieê d'AnJoUj p. 375) ; Généalogies angevines publiées par Poupardin, dans les Mélanges de V École franc, de Rome, t. XX, 1900, p. 206-208, n^ 2-5 ; généalogie publiée p. 49 de notre Recueil d'annales angev, et vendômoises. Cette Ermengarde, à ce qu'il semble, fut surnommée Blanche : c'est du moins ainsi que nous croyons devoir interpréter la charte n^ 125 du Carlui. du Ronceray, éd. Marchegay, où il est question de la fille d'Hildegarde et de Foulque Nerra, « cognomine Blancha ». Cette expression « cognomine « indique nettement qu'il ne s'agit là que d'un surnom ; aussi n'y-at-il pas lieu de supposer à notre comte une fille de plus, comme l'a fait Cél. Port, Dictionn., t. II, p. 191. — Ce dernier (ibid,) et tous les historiens de l'Anjou attribuent à Foulque Nerra et Hildegarde encore une autre fille, qu'ils nomment Adèle (voir notamment Mabille, Introd, aux chron. des comtes d'Anjou, p. lxxviii). Le seul textç qu'on puisse produire à Tappui de cette assertion est la phrase suivante des Gesta consulum (ms. 6218, p. 45) : « Fulco ex uxore sua Goffridum Martellum et filiam Adclam nomine genuit. » Mais les Gesta font évidemment confusion entre la fille d'Hildegarde et celle d'Elisabeth, ou plutôt ils ne connaissent, en fait d'enfants de Foulque Neri*a, que GeofTroi Martel et Adèle : « uxor sua » ne désigne pas plus Elisabeth qu'Hildegarde ; elles ne sont nommées ni l'une ni l'autre. — Quant à Ermengarde, elle épousa, nous le verrons (2* partie, chap. I), Geoffroi, comte de Gâtinais, et en eut deux fils, GeofTroi le Barbu et Foulque le Réchin.

1. Annales de Vendôme : « MLX. Obiit Heinricus Francorum rex, anno ordinationis suç XXIX et eodem ipso anno obiit Gausfredus comes, Fulconis filius, XVIII kalendas decembris, feria III, hora diei prima, monachili habitu prius suscepto a domno Adraldo, abbate Sancti Nicholai » (Recueil d'annales angev, et vendâm., p. 63), texte reproduit dans les annales angevines (ibid,, p. 5, 108, 119) et la Chronique de Saint-Maixent (Chron, des églises d'Anjou, p. 402); Foulque le Réchin, Chron. : « In eodem porro anno(MLX°) rex Ainricus obiit in nativitate sancti Johanniset meus avunculus Gosfridus tertio die post festivitatem bcati Martini bono fine cfuievit » (Chron, des comtes d'Anjou, p. 379). L'Obituaire de Saint- Aubin d'Angers (Bibl. d'Angers, ms. 830, ancien 747) et VObituaire du Ronceray (ibid,, ms. 849, ancien 761, copie du xvi" siècle) notent la mort de Geoffroi Martel au 18 des calendes de décembre.

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