‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 32 sur 398 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

13. En 976, Geoffroi Grisegonelle restituait à l'abbaye de Saint-Jouin-de- Marnes Téglise de Saint-Jouindu Lude, qui, depuis Foulque le Roux, était en la possession des comtes d'Anjou [Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 821). Le Lude était au pagus d'Angers, comme le prouvent non seulement la charte de Saint-Aubin de Tan 976, mais bien d'autres textes (voir, par exemple, les Ilist. de Fr., t. IX, p. 543 .'diplôme de

à Test, Précigné et Parce, dans la vallée de la Sarthe ^, Bazouges, dans la vallée de la Mayenne ^, étaient encore à la fin du x^* siècle au nombre des domaines angevins. Cependant, même de ce côté, un léger accroissement s'était produit à la suite de l'acquisition opérée par Foulque le Bon, aux dépens de Tévêché du Mans, des domaines de Coulaines et de Dissay-sous-Courcil- Ion 3.

A louest, des modifications très importantes avaient peut-être eu lieu, car depuis Louis le Pieux, pendant plus d'un demi-siècle, la frontière bretonne n'avait cessé d'être remaniée ^ ; mais les documents qui pourraient nous éclairer à ce sujet font totalement défaut et c'est à peine si Ton peut affirmer que, sur la Loire, le comté d'Anjou s'arrêtait à Ingrandes ^.

Tan 919), et il a toujours fait partie du diocèse d'Angers ; tout près de là, à l'est, Vaas était déjà au pagus du Mans et au diocèse du Mans {CartuL de Cormery^ éd. Bourassé, n® 7).

1. Voir la charte citée ci-dessus, p. 15, n. 1. — Parce était sur Textrême limite du pagus d'Angers, qui, laissant en dehors Sablé, rejoignait un peu en amont laSarthO, qu'elle remontait jusqu'au-dessus de Parce :en face de Parce, de l'autre côté de la rivière, on était dans le Maine. — Sablé appartenait au comte du Maine : voir Cartulaire de la Couture (Le Mans, 1881, in-40), no» 16 et 29.

2. 11 y avait longtemps en 1006 que Bazouges comptait parmi les possessions du comte d'Anjou (Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, no 1).

3. Voirdom Piolin, Histoire de Véglise du Mans, t. III, p. 5-6, d'après les Actus pontificum Cenomannis in urbe degentium (éd. Busson et Ledru, p. 353).

4. Voir ci-dessus, p. 2, et ajouter encore un remaniement qui n'y est pas mentionné, mais qui est extrêmement obscur : nous voulons dire l'abandon que Charlesle Chauve aurait fait en 863 à Salomon, duc de Bretagne, parle traité d'Entramnes, dupays«dit Inter duas aquas » {Ann. de Saint-Bertin, ann. 863). La Borderie (Ilisl. de Bretagne, t. II, p. 86) croit qu'il s'agit de toute la région située entre la Sarthe et la Mayenne. Peut-être (l'hypothèse n'a pas encoreété émise) s'agit-il simplement de la région située entre la Mayenne et la Jouanne (près d'Entramnes) : une localité et un ruisseau y portent encore le nom des Deux-Evailles (canton de Montsurs, arr. de Mayenne [villa de Duabus Aquosis] : voir le Dictionnaire de la Mayenne de M. l'abbé Angot, t. II, p. 35). En tout cas, ce remaniement fut, sans doute, de peu de durée.

5. C'est vraisemblable (voir Port, Dictionnaire, t. II, p. 385) et c'est ce

Telle était Tétendue du comté d'Anjou ^ au moment où, par la mort de Geoffoi Grisegonelle, son père, Foulque Nerra, en devenait le maître. L'occasion de l'agrandir allait immédiatement se présenter à lui.

En effet, en 990, sur la frontière occidentale, un événement significatif se produisit : le comte de Nantes Alain, fils de Guérech, étant mort sans laisser d'autre héritier qu'un bâtard de son oncle Hoël I^^, nonnnné Judicaël^ Conan, comte de Rennes, en profita pour se jeter sur Nantes, prit la ville et s'établit solidement dans la forteresse du Bouffay ^. Les comtes d'Anjou prétendant à la suzeraineté du comté de Nantes, c'était un coup direct porté à leur autorité. En outre, le -Voisinage du comte de Rennes était d'autant plus dangereux qu'il était vassal du comte de Blois 3. D'ailleurs, au même moment, ce dernier — c'était alors Eude !•' — se jetait sur les domaines angevins *.

qu^affirme la Chronique de Saint-Brieuc, malheureusement sans grande autorité pour cette période là où elle va plus loin que le texte de la Chron, de Nantes (voir l'analyse de cette chronique par P. de Bcrthou dans le Bulletin archéolog, de V Association bretonne, t. XTX, Saint-Brieuc, 190i, in-8°, p. 27). On peut ajouter que, vers i050, la limite du comté de Nantes et du comté d'Anjou passait à Carbay entre Châteaubriant et Pouancé (voir Archives d'^Anjou de Marchegay, t. Il, p. 1, et surtout, p. 4, n« 2). Était-ce déjà ainsi en 987 ?

i . Nous ne parlons pas, bien entendu, ici des fiefs que les comtes d'Anjou tenaient du duc d'Aquitaine : cela n'est pas le comté d'Anjou.

2. Chron. de Nantes, éd. R. Merlet, chap. XLIII-XLIV, et voir les notes de l'éditeur aux p. 126-128. La date de 990 est donnée par cette phrase de Le Baud (traduisant un passage perdu de la chronique) : « Et après ces choses se fist Conan duc sur les Bretons et régenta toute Bretaigne universelment et tint laditte cité de Nantes par deux ans » (c'est-à-dire jusqu'en 992, comme on le verra plus loin).

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