Hist. de Saint-Florent, ibid., p
2. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 48-49; Chron, des comtes d'Anjou, p. 109) : « Fulco pro voto Salmurio potitus alias ire disposuit et ante Kainonem trdnsiens, inter Noastrum et Insulam Bucardi ponte facto de navibus, Vigennam transit et Montem Basonis obsidet. » Nous avons dit, p. 32, que Foulque Nerra avait construit Montbazon vers 1004-1006.
.table : une grande tour de bois quil Qvait élevée pour surplomber le donjon s'était, une .nuit, brusquement effondrée, écrasant tous les soldats qu'elle abritait et avait été incendiée par les assiégés K Ce nouveaii contretemps et surtout la crainte de voir Foulque lui enlever Montbaicon, comme il lavait fait de Saumur, -le décidèrent à lever enfin le siège de Montboyau et. à se porter à la rencontre de son adversaire* Foulque n'en désirait pas plus : -Montboyau était sauvé. 11 ne voulait pas risquer une bataille ; prudemment il remonta F Indre et vint camper aux environs de Loches 2.
Eude, alors seulement, se décida à faire une tentative pour reprendre Saumur. Mais Foulque, depuis un mois qu'il s'en était emparé 3, avait pu y organiser la défense ^ : le comte de Blois se heurta à une résistance acharnée; le siège traina en longueur. Pour comble de malheur, une grande machine de siège en bois qu'il avait fait établir, comme devant Montboyau,
1. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud ^ année 1026 [Recueil d^ annales angev. et vendâm,, p. 60 et 86) : «... annoque presenti (O^o) Montis Budelli castellum... obsedit et turrim lig^neam mirçi altidudnis super domgionem ipsius castri erexit. In tolo tamen labore tanto nichil aliud profecit, nisi quod intérim Salmurum, optimum castellum quod adhuc tune in Andecavensi pago habebat, capiente Fulcone, amisit et machina illa ad ultimum noctu super eos qui vigilias exercebant repente corruit muUosque optimos et nobiles Francie milites et suo casu contrivit et incendio, quod confestim a castcllanis superjeclum est, concremavit. Ita Odo et damno et pudore pariter afîectus abscessit. »
2. Gesla consul. Andegav. (ms. 6218, p. 49; Chron. des corn(es d'Anjou^ p. 109) : « Fulco... Montcm Basonis obsidet. Odo ab obsidione Montis Budelli secossit et ad Fulconis exercilum pedem dirigit. Ingeniosus Fulco, obsidione dimissa, usque ad Lochas recedens in pratibus suatentoria collocavit. » Voir aussi la n. précédente.
3. Hist. de Saint-Florent (loc, ci/., p. 280) : « Post mensem dierum Odo comes Salmurum obsedit » (Cf. plus haut, p. 41, n. 2).
4. Parlant de l'occupation de la citadelle par Foulque Nerra, les Gesla consul, Andegav. (ms. 6218, p. 48; Chron. des comtes d'Anjou, p. 109) disent : « Reddita arce, satellitibus suis ibi dimissis imperavit (Fulco) ut de ser\^ando Castro curiosi procurarent. »
fut incendiée par les assiégés. L'époque des vendanges approchait : Eude s'éloigna et licencia son armée ^
Quelques semaines après, il tenta une nouvelle attaque; mais, cette fois, les moines de Saint-Florent craignant pour le nouveau monastère qu'ils avaient commencé de construire au 'Ghardonnet, tout à côté de la ville, s'interposèrent entre les deux comtes : un accord eut lieu, aux termes duquel Eude renonçait déQnitivement à Saumur et Foulque s'engageait, de son côté, à détruire la forteresse de Montboyau 2.
Ce fut en vain que, dans le courant de Tannée 1027 3, Eude essaya de prendre sa revanche par un coup de surprise : alors qu'on le croyait occupé ailleurs, il fondit sur Amboise en compagnie du jeune roi Henri ; mais il n'eut pas le même bonheur que Foulque à Saumur. La ville était bien défendue par le trésorier de Saint-Martin de Tours Sulpice, qui y avait construit un grand donjon de pierre : Eude dut se replier et regagner Blois ^.
1. Hist. de Saini'Florent {loc. cit. y p. 280) : << Sed inclusi, fortiter reluetantes, maehinam, quam ex lignorum congerie Franci paraverant, incenderunt. Quod cornes aegre ferens, taedio laboris et vindemiarum instantia, Francos ad sua diniisit. »
2. Ibid, Cf. ci-dessus, p. 41, note 2. — Geudouin de Saumur, comme dédommagement, reçut de son suzerain, le comte Eude II, la place de Chaumont-sur-Loire {Ilisi. de Saint-Florent^ ibid.),
3. Postérieurement au 14 mai 1027, date à laquelle le jeune Henri fut sacré roi (Pfister, Robert le Pieux, p. 77), puisque ce dernier était déjà « rex factus » quand il accompagna Eude au siège d'Amboise {Annales de Vendôme, p. 61 de notre Recueil).
4. Annales de Vendôme {Recueil d'annales angev. et vendôm., p. 61) : « MXXVII. Hoc anno Odo comes, quasi superioris fortunam emendaturus, Ambazium castrum de improviso, cum acturus aliud putaretur, obsedit habens secum Rotberti régis filium Heinricum jara regem factum. Sed tamen ibi quoque diu laborans nichil profecit, defendente oppidum maxime inclito clerico Sulpicio, castellano ejus et Sancti Martini thesaurario, suis rerum copiis ac sapienti industria. » Sur la tour construite par Sulpice, voir, en outre, les Gesta Ambaz. dominorum : « Quo intervallo Supplicius Ambaziaco, in loco ubi domus praedicti fratris lignea erat, arcem lapideam ad opus nepotis sui construxit » {Chron. des comtes d'Anjou, p. 169). Un peu plus loin, il y est question de la « turris Ambaziae lapidea, quam praefatus Supplicius suis propriis sumptibus exstruxerat »
Il ne tarda pas à se jeter à corps perdu dans d*autres entreprises *, pendant que Foulque, poursuivant ses avantages, reprenait Môntbazon, qui, nous l'avons vu, lui avait échappé ^^ et se débarrassait d'un voisin dangereux, Geoffroi, seigneur de Saint- Aignan, en se le faisant livrer et en Tenvoy^nt dans un cachot de son château de Loches '^.
Les louvoiements de Robert le Pieux avaient seuls jusqu'alors empêché Foulque Nerra de mettre définitivement la main sur la Touraine entière. .La mort de ce prince (20 juillet 1031) * amena entre la royauté et le comte d'Anjou un rapprochement, qui devait permettre d'atteindre en peu d'années un résultat depuis si longtemps poursuivi. Henri I^'^, en effet, ne tarda pas à comprendre qu'il avait tout à gagner en s'unissant k Foulque : Eude s'était chargé lui-même de précipiter cette union en se laissant enrôler par Constance, qui, dans son désir de renverser le nouveau souverain pour lui substituer son (ils préféré Robert, n'avait pas hésité à donner au comte de Blois la moitié de la ville de Sens ^.
Dès 1032, l'alliance entre le roi et F'oulque Nerra était renouée et ils allaient de concert mettre le siège devant Sens. Le comte
(ibid) et Sulpice est qualifié de « dominiis Turris Lapideae » (ibid., p. 175). Enfin ce sont les Gesta consul. Andegar. (ms. 6218, p. 49) qui nous permettent de dire (ju'Eude s'est replié sur Blois : « Cum csset Odo Blesis... *>, y est-il dit tout de suite après le récit de sa retraite.