Voir ci-dessous, ch. II, p. i)S et suiv
4. Voir Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129); cf. d'Arbois de Jubainville, Hist, des comtes de Champagne, t. I, p. 357 et suiv.
5. Raoul Glaber, ibid, : « Contigit enim j^ost multas strages cladis utrarumque parlium ul isdem rex, ablato ab eisdem dominio Turonice urbis, daret illud Gozfredo, cognomento Tuditi... » ; Foulque le Réchin, Chron, [Chron. des comtes d'Anjou, p. 378) : « Ex voluntate régis Ainrici, accepit donum Turonicae civitatis ab ipso rege. »
6. Gesta consul. Andegav. (iiis. 6218, p. 49-50 ; Chron des comtes d'Anjou, p. 118) : « Itaque Ambaziaco milites muUos cum Lisoio posuit, qui Turonim Blesimque vaslarent ;similiter illi de Monte Basonis quidquid erat usque Kainonem démoli ti sunt; Luchenses cum Rogerio Diabolerio terrain Sancti Aniani, Pontilevim et Calvimontem et omnia usque ad Chussonem fluvium saepe depredabantur. »
7. Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129) : « Qui coUecto magno exer-
LES CONQUÊTES il
devant la place. Il prit solidement position, en se retranchant notamment dans le monastère de Saint-Julien ^ ; mais pendant plus d'un an ses efforts étaient demeurés sans succès *^, quand enfin Tarmée de Thibaud et d'Etienne, passant par Pontlevoy, vint camper non loin de Montrichard, à Saint-Quentin près Bléré, sur les bords du Cher 3. A cette nouvelle, Geoffroi Martel marche à sa rencontre par Montlouis ^. Les deux armées se heurtent à Nouy, près du village de Saint-Martin-le*Beau ^. Une mêlée terrible s'engage : les Blésois, subitement pris de panique, cessent de riposter, puis prennent la fuite ^ ; les Angevins se lancent à leur poursuite ^. Etienne parvient à s'échap-
ciiu... » ; Gesla consul. Andegav,y loc, cit, : « Martellusad ultimum omnibus suis copiis congregatis.. »
1. Chron, rimée de Saint- Julien de Tours (Salmon, Recueil de chroniques de Touraine, p. 247) : u Hoc tempore, nostra abbatia || multa et in multis passa est gravamina. || Martellus enim cornes eam munierat || et de illa civitatcm oppugnabat. »
2. Raoul Glaber, V, 2 (éd. Prou, p. 129} : «... ipsam civitatem anno uno et eo amplius obsidione circumdedit. »
3. Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 50 ; Chron, des comtes d'Anjou, p. Ii9) : «Cornes Theobaudus cum infinita gente per Pontilevim transicns juxta Montricardum ad flumen Cari descendit, et copiosis boum et ovium armentis invenlis, opima prcda sui ditali in pratis Sancti Quintini ante Blircium tentoria fîgentes, nocte ac die recréa ti sunt. » Raoul Glaber, loc. cit. : «...ad versus quem (Gozfredum) tandem hostili manu pergentcs dimicaturi rêvera ut afflictç indigcntique alimoniis succurrerent urbi ambo predicti filii Odonis. »
4. Gesta consul, Andegav,, loc. cit. : « Martellus, relicta obsidione, Laudiaco Monte prima die eis obvius venil. »
5. Ibid. (ms. 6218, p. 51. ; Chron. des comtes d'Anjou^ p. 120) : « Nec mora ante burgum Sancti Martini Belli ad pugnam conveniunt, in loco qui publiée Noit vocabatur. »
6. Les Gesta [ibid.], après avoir raconté une première mêlée, ajoutent : « A.ndegavi siquidem denuo eos invaserunl, quorum virtutem Theobau dini satellites diutius non sustinentes, pavore subito sibi immisso, in lugam versi, scapulas dederunt. » Raoul Glaber, loc. cit. : « Dumque ^-enirent utreque partes incomminus tantus terror invasit exercitum duoinim fratrum ac si vincti ligaminibus omnes pari ter imbelles exstiterunt. »
7. Gesta consul. Andegav. {ms. 6218, p. ;31-52 ; Chron. des comtes d'Anjou, p. 121).
per ^;. Thibaud, moins heureux, est surpris avec le gros de ses troupes dans le bois de Bray, où la marche des chevaux est entravée par les branchages, et fait prisonnier en même temps que six ou sept cents de ses vassaux (21 août 1044) -. Emmené à Tours' 3, il lui fallut, pour obtenir la paix et la liberté, abandonner au vainqueur non seulement cette ville, mais aussi les autres places fortes de Touraine qui dépendaient encore de lui, notamment Chinon, TIle-Bouchard, Châteaurenault et Saint-Aignan (24 août) K
1. Raoul Glaber, loc. ciL : « Stephanus autem tirrepta fuga cum aliquibus mîlitibus evasit. »
2. Raoul Glaber, ibid, : « Tetboldus vero cum cetera multiiudine totius exercitus captus... » ; Gesta consul, Andegav. (ms. 6218, p. 52 ;Chron^ des comtes d'AnJoUy p. 121) : «... in nemore quod Braium dicilur juxia aulam Hastuini comitem Theobaudum consequuniur et capiunl cum quing-entiset octoginta militibus : non enim in Braio equi currere potuerunt ; consulem ab Braio abstractum (sic nempe nemus vocatur) Martello reddunt. » Foulque le Réchin, racontant le même événement, donne pour les chevaliers faits prisonniers le nombre de mille : «...Unde postea guerra inter eum (Gosfridum) et Teothbaldum adeo ingravata est quod inierunt praelium inter civitatem Turonum et Ambaziam castrum, in quo Teothbaldus captus est et usque ad mille de equitibus suis » {Chron, des comtes d^An- JoUj p. 378). Hugue de Fleury dit qu'il y eut 760 chevaliers faits prisonniers : « Cum quo (Tetbaudo) Gaufridus congressus, illum protinus superavit et cepit cumseptingentiset.sexaginta militibus » (Hist.de Fr.^i. XII, p. 795). Les annales angevines donnent la date : « MXLIV. Tedbaldus, filius Odonis comitis, a Gosfrido comité Andecavorum captus Xll kalendas septembris, post tridie civitatem Turonum reddidit » (Annales de Vendôme, dans le Recueil d^annales angev. et vendôm., p. 62. Cf. ibid., p. 4, 87 et 107, trois textes presque identiques dérivant de la même source que celui des Ann. de Vendôme). Les mss. des Gesta consul, portent la date erronée de MX LU.
3. Raoul Glaber, loc, cit. : a... ad Turonensem civitatem deducitur. »
4. Voir le texte des Annales de Vendôme cité ci-dessus, n. 2; les Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 52 ; Chron, des comtes d'Anjou, p. 121) : « Iste Theobaudus cum esset in vinculis et pro eo nullam argenti et auri Gosfridus Martellus redemplionem vellet accipere, captivus mori metuens et semetipsum plus quam sua diligens,,.. pro sua deliberatione Turonim Gosfrido Martello in perpetuum habendam concessit. Martellus comes, Turonia quiète suscepta (nam sibi Theobaudus Kainonem et Lengiacum (?) que adhuc possidebat, cum omnibus que eis jure appendebant reddibit), rege Francorum mediante, cum Theobaudo pacificatus
LES GONqUÊTES 49
Cette paix était le couronnement de Tœuvre entreprise depuis de longues années par les conites d'Anjou et spécialement par Foulque Nerra et son fils sur la frontière orientale de leurs états. Défendue par les comtes de Blois pied à pied et au prix de luttes sanglantes, la Touraine tombait enfin tout entière aux mains de Geoffroi Martel : de gré ou de force, tous les seigneurs de la région devenaient ses vassaux ^ ; ceux qui résistèrent n'y gagnèrent qu^une dépossession immédiate^. De son côté, Thi-
est » ; Foulque le Réchin, Chron. (Chron. des comtes cTAnjoUy p. 378) précise encore certains points : « Accepit itaque (Gosfridus) civitatem Turonicam et castella in circuitu : Chinonum et Insulam et Castnim Rainaldi et Sanctum Anianum ; pars autem alia Turonici pagi sibi contigerat ex possessione patema. » Cf. Chron. rimée de Sainte Julien de Tours^ dans Salmon, Recueil des chroniques de Touraine^ p. 247 ; « Quam tandem (civitatem) a Tetbaldo || comité recepit », et Hugue de Fleury, dans les Histor, de Fr,y t. XII, p. 795 : a Quem etiam (Tetbaudum) tamdiu vinculis tenuit compeditum, donec ab iilo preafatam extorqueret civitatem. » Les Gesta consulum Andegav. ajoutent une phrase qui a été d^ordinaire, croyonsnous, mal interprétée : « Itaque Martellus, facto hominagio pro suscepta terra, Theobaudo ipso deliberato. donaria militibus constituit » (ms. 6218, p. 52 ; Chron. des comtes d" Anjou ^ p. 424). On a compris que Geoffroi Martel avait fait hommage de la Touraine à Thibaud (d'Arbois de Jubainville, i7ù^. des comtes de Champagne, t. I, p; 369) ; le texte que nous avons cité ne dit rien de semblable. Les Gesta notent même plus loin [Chron. des comtes d" Anjou ^ p. 139) comme une nouveauté Thommage prêté au comte de Blois par Foulque le Réchin en 1068. Ce sont d'ailleurs les Gesta Ambaziensium (Chron. des comtes d'Anjou, p. 170) qui semblent responsables de Terreur.
1. Ainsi les Gesta consul. Andegav. (ms. 6218, p. 52 ; Chron. des comtes d'Anjou, p. 124) disent du seigneur de Chaumont-sur- Loire et de son fils: (( Gelduino Salmurensi et filio ejus Gosfrido Calvi Montis Martellus omnes feodos que habuerant citra Vigenne fluvium et decimam Sancti Cirici reddidit ... insuper etiam Gosfridus Calvi Montis pro predictis Martello hominium fccit. »
2. Ce fut, par exemple, le cas de Guicher, seigneur de Chàteaurcnault, de Geoffroi Fouel, baillistre de TIle-Bouchard. Pour le premier, voir la
Halphb2«. — Le oemiéd* Anjou. 4
baud se résigna, et le seul conflit signalé dans la suite entre lui et Geoffroi eut lieu (vers 1050-1057) sur les confins du comté de Vendôme et peut-être à cause de cette province. Ce fut un conflit long, mais, semblb-t-il, sans grande importance ; car aucun chroniqueur n'en a fait çiention et tout ce que nous en connaissons, c'est la prise de Fréteval parle comte d'Anjou* et une trêve conclue à la Chapelle- Vendômoise *.
charte n® 40 du Cariul. blésois de Mar mou lier, éd. Métais,oii il est dit que Guicher de Chàteaurenault fut dépossédé de son château au profit d'un certain Renaud, qui est Renaud II de Château-Gontier (voir Cartul. de Marmou iier pour le Vendômois, éd. de Trémault, n^ 37). Guicher rentra d'ailleurs plus tard en possession de son fief [ibid,). La restitution qui lui en fut faite se place après 1062, date où une charte nous apprend qu'il vivait encore en exil [Cartul. blésois de Marmoulier, n° 86) et même après 1066, date où Renaud de Chàteau-Gonticr, époux d'Elisabeth ou Isabelle, était encore installé à Chàteaurenault (charte de Saint-Julien de Tours copiée dans la Collection dom Rousseau, IP, n° 693). Entre temps, le château de Guicher, qui ne s'appelait jusque-là que Château, avait pris le nom de C/i4<eau-iîe/iau</, du nom du seigneur de Chàtcau-Gontier. — Pour Geoffroi Fouel de l'Ile- Bouchard, voir une charte extraite du fol. 172 v« du Cartul. tourangeau de Marmoutier, copiée notamment dans la Collection dom Housseau, IP, n« 450, et éditée par l'abbé Métais, Cartul. de la Trinité de Vendôme, n^ 399 : il y est dit en propres termes que Geoffroi Martel, au moment où il envahit la Touraine, chassa de leurs fiefs beaucoup de seigneurs et notamment Geoffroi Fouel. — Enfin rapprocher de ces deux exemples la phrase suivante d'une charte-notice de Marmouticr : « In illa rerum conversione et mutabilium mutatione quae facta est cum comes Gausfredus Turonorum civitatem cçpissct, aliorum ad alios incolarum ad extraneos possessiones et hçreditates, Dco cuiquc jus ta tribuente, transierunt » (Arch. d'Indre-et-Loire, H 322, orig.), et cette autre : « Cum civitatem Turonenscm comes Gauzfridus cepisset, habitatoribus maxîma ex parte et illis potissimum qui aliquid esse videbantur expulsis, antiquae possessiones novos accepere possessores et alterorum honores, utpote terreni, non célestes, ad alteros migravcrunt » (charte de Marmoutier, copiée dans la Coll. dom Housseau, vol IP, n^ 480).
1. Cartulaire de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard (Documents inédits), t. I, p. 24 : « ...Quo (Nivelone) mortuo, filius ejus Paganus modico tempore patris beneficio fungitur:nam cum debellarct castrum quod vocitatur Fracta Vallis, patri a Gausfrido Martello sublatum, inipsocastri introitu ab hostibus gladiis interimilur. » Dans sa notice sur Fréteval [Cartulaire blésois de Marmoutier, Introduction, p. xxiij, M. Tabbé Métais a rapporté cet événement à la guerre de 1044, ce qui est impossible, puisque, comme
Quant au comte de Rennes, qui, on s'en souvient, avait été au début un des auxiliaires du comte de Blois, on n^avait pu Tempêcher de ressaisir à Nantes une influence prépondérante : pendant que Foulque Nerra avait été occupé à lutter contre Eude I*''', GeofFroi Bérenger, fils et successeur de Conan ^, s'était jeté sur Judicaël et, après l'avoir forcé à se soumettre^, n'avait pas tardé, à ce qu'il semble, pour se débarrasser de lui, à le faire tomber dans un guet-apens (1004 environ)^; puis il avait incité l'évêque de Nantes Gautier contre le fils de Judicaël, Budic, et avait tenté d'expulser ce dernier; son successeur, Alain, avait suivi la même politique^, et Budic, après avoir d'abord appelé à.
il rétablit lui-même (ibid,, p. xxiii), Névelon de Fréteval, père de Païen, mourut après 1048 et même après 1050.
1. Le souvenir nous en a été conservé par une charte datée comme suit : » Hujusmodi donum factum'est apud Capellam Blescnsem (aujourd'hui la Cha pelle- Vendômoise, arr. de Blois) ante comitem Tetbaldum et ante comitem Gaufredum, cognomine Martellum, qui ibiambo convenerant ad faciendura inter se concordiam pacis. » Les deux comtes souscrivent Tacte et il est dit qu'un bien dont il est question a été possédé pendant treize ans « antequam convcnirent pracfati comités ad supradictum locum » et que, « cum non possent comités omnino inter se fîrmare pacem nisi treguam tantummodo », le comte Thibaud n'en a pas moins demandé à Geoffroi Martel de faire restituer la main-ferme de Putellis par Bouchard de Caresme {CariuL danois de Marmoutier, éd. Mabille, n^ 102 ; Catalogue d'actes^ n^ 122). L'époque de cette guerre est fixée par deux chartes du CartuL de la Trinité' de Vendôme, éd. Métais, n" 115 et 122 : Tune (n^ 115) est datée de l'an 1057, au temps où GeofFroi Martel et Thibaud étaient en guerre ; Tautre, datée de l'an 1058, fait allusion aux dévastations que le Vendômois, le Blésois et le Dunois viennent d'avoir eu à subir pendant la guerre entre les deux comtes et relate la trahison de deux serfs du comte de Vendôme Foulque (ce qui nous reporte après 1050). Cf. ibid., n*> 109, charte antérieure à 1057, où il est question de la même guerre. Voir encore la charte n« 25 du Cartulaire blésois de Marmou lier, éd. Métais, où se lit cette phrase : »... cum pro guerra que erat inter comitem Tetbaldum et comitem Gauffredum res illius loci (Majoris Monasterii) habebant intaxamentum. )>