‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 58 sur 398 · D'ANJOU · texte numérisé non relu

D'ANJOU

En même temps que ce mouvement d'expansion, un mouvement non moins remarquable de rénovation intérieure se produisait en Anjou. C'est surtout dans Fhistoire du clergé que ce mouvement apparait.

A Tavènementde Foulque Nerra, l'état de ce clergé était encore lamentable : plusieurs églises, la cathédrale d'Angers elle-même, tombaient en ruines \ et quant aux monastères, à part Saint- Aubin d'Angers, qui avait dû à sa situation de monastère comtal ^

1. Voir la charte qui en relate la restauration, datée de 1030 (?), autrefois transcrite au Livre noir de Saint-Maurice d'Angers^ fol. 21-22, n® 29, et copiée notamment dans la Coll. dom Housseau, vol. II *, n^* 406 et 408 ; Hubert, évoque d'Angers, dit qu'il a entrepris de restaurer « hanc domum sanctam Deibea tique Mauricii, sedcm videlicet cpiscopalem, indecenti prius ac periculosa infirmitate per vetustatem vel prisca incendia mutabundam ab ipsis fundamentis » (Nous serions porté à corriger la date de Tacte en 1025, à cause du contexte).

2. Dès le IX* siècle, nous voyons que le titre d'abbé de Saint- Aubin est, en quelque sorte, indissolublement uni à celui de comte d'Angers. Ainsi, en 846, renversé du comté de Nantes, Lambert est nommé par Charles le Chauve comte d'Angers : aussitôt il sépare du titre d'abbé de Saint- Aubin, que le roi lui a évidemment conféré, et il exerce le pouvoir abbatial {Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon,. n®* 15 et 17, et cf. }Aer\ci, Guerres d'indépendance de la Bretagne [extr. de la Rev, de Bretagne, Vendée, Anjou, 1891], p. 7). En 850, le comte Lambert ayanttrahi la cause du roi, le comté d'Anjou lui est enlevé pour être conféré à Eude : du même coup encore, cet Eude devient abbé de Saint-Aubin et les actes

Halphb?!. — Le comté d* Anjou, 6

d'être le premier restauré *, ils étaient, pour la plupart, plongés dans une profonde misère.

Saint-Maur de Glanfeuil, déchu de son antique grandeur, avait été complètement submergé sous le flot des invasions normandes et réduit au rang d'humble prieuré de Saint-Maur-des- Fossés *. La petite « celle » fondée à Chalonnes par saint Maurille n'offrait plus que ruines ^. Saint-Serge d'Angers, tombé d'abord aux mains des ducs bretons, avait fini par devenir la propriété des évêques d'Angers ^ ; mais toutes ces tribulations et surtout les pillages des Normands l'avaient « presque réduit à néant » ^ : les moines Tavaient déserté et les domaines en avaient

nous le montrent agissant en cette qualité {CarfuL de Saint-Aubin^ n® 16; Merlet, ibid., p. 10). S'il restait des chartes de Tabbaye pour les dernières années du ix« siècle, nous pourrions constater, sans aucun doute, que Robert le Fort, Hugue TAbbé et le futur roi Eude ont été, eux aussi, abbés de Saint-Aubin : en tout cas, dès le moment où un vicomte remplace à demeure en Anjou le dux Francorurn, les documents montrent que ce n'est pas seulement l'autorité politique qui lui a été déléguée, mais que c'est aussi la charge d'abbé de Saint-Aubin (en même temps que de Saint-Lézin, d'ailleurs) : voir Car/u/. de Saint-Aubin, n°» 36 et 177. Et quand le vicomte est devenu comte à son tour, cette charge lui reste : l'abbaye est aux mains de Gui, fils de Foulque le Bon, comte d'Anjou (Cartul, de Saint- Aubin^ n^» 224, 38 [antérieur au n^ 2], 2); Geoffroi Grisegonelle enfin procède à sa réorganisation. — La version des moines de Saint-Aubin, au début du xii'' siècle, sur cette possession de l'abbaye par les comtes était que Geoffroi Grisegonelle l'avait reçue de Lothaire et de Ilugue Capet {Cartul, de Saint-Aubin^ t. II, p. 408-409).

1. Il l'avait été en 966 par Geoffroi Grisegonelle (Cartul, de Saint- Aubin, n° 2).

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