Guillaume de Jumiéges, loc, cit
3. Ibid, et Guillaume de Poitiers, dans les //«/. de Fr., t. XI, p. 84.
4. Ibid, — Suivant Guillaume de Poitiers, le roi aurait, en guisedc rançon pour ses vassaux prisonniers, autorisé Guillaume le BÀtard à conserver tout ce qu'il avait pu jusqu'alors enlever à Geoffi-oi Martel et ce qu'il pourrait lui enlever par la suite. C'est là très vraisemblablement une de ces informations tendancieuses, qu'on est accoutumé à rencontrer sous la plume de Guillaume de Poitiers; le roi dut se borner à promettre sa neutralité.
Geoffroi Martel dut battre promptement en retraite. Guillaume envahit à nouveau le Maine et vint s^établir solidement au Mont- Barbet*, près du Mans, et à Ambrières, non loin du confluent de la Varenne et de la Mayenne 2. Mais bientôt les vivres manquent, le duc est obligé de laisser une partie de son armée s*éparpiller : à cette nouvelle, Geolfroi accourt avec Guillaume d'Aquitaine ^^ et Éon de Bretagne* et vient ihettre le siège devant Ambrières; la place résiste ; le duc de Normandie a le temps de rassembler ses troupes, force l'armée angevine à battre en retraite, et marchant droit sur Mayenne, dont le seigneur, Geoffroi, était un des principaux soutiens de Geoffroi Martel, prend la ville, emmène Geoffroi de Mayenne en Normandie, et le contraint à lui prêter hommage ^.
1. Guillaume de Juraioges, VII, chap. 10 (Bibl. nat., ms. lai. 2769, fol. 406 r*), chap. 27 de la dernière réd. {IlisL de Fr.^ L XI, p. 48) : « In quorum (Cenomannorum) medio ad domandam eorum insolcntiam duo municipia stabilivil, que suis militibus cuslodienda commisit. » La rédaction suivante donne le nom de ces municipia : «... duo municipia in Monte Barbato seu Barbello ». Grâce à un passage d'Orderic Vital (X, 7, éd. Le Prévost, t. IV, p. 50), il est permis de dire que ces deux forteresses du Mons Bnrbatus se trouvaient à côte du Mans : l'une garda le nom de Mons Barbatus et l'autre prit celui de Mons Barhatiilus, En note au passage d'Orderic Vital, Le PrtWost dit qu' il ne reste plus trace de ces forteresses. La principale, ajoute-t-il, était située dans le voisinage et à TO.-N.-O. de la cathédrale; la seconde, nommée en français la Motte-Barbet, dans le même quartier, mais en deçà, à l'O.-S.-O. »
2. Guillaume de Poitiers, dans les Hisl. de Fr., t. XI, p. 84, ne parle que de la construction d' Ambrières ; Guillaume de Jumièges, VII, chap. 7 (Bibl. nat., ms. lat. 2769, fol. 105 r«), chap. 18 de la dernière rédaction (Hist. de Fr,, t. XI, p. 44), place la construction d' Ambrières à la suite de la prise d'Alençon et avant Mortemer ; mais comme il a pour source en cet endroit Guillaume de Poitiers, nous donnons la préférence à ce dernier.
3. Sans doute, le futur duc d'Aquitaine Gui-GeofTroi. Voir Richard, Hisl, des comtes de Poitou y t. I, p. 271-272.
4. Second fils de Geoffroi I*'*' et pelit-fils de Conan le Tort, comtes de Rennes, Éon avait jusqu'alors passé son temps à tenter de renverser son neveu Conan IL Voir La Borderie, Hist, de Bretagne, t. III, p. 14 et suiv.
5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr,, t. XI, p. 84 ; Guillaume de Jumièges, VII, chap. 10 (Bibl. nat., ms. lai. 2769, fol. 106 r°), ch. 27 de la dernière rédaction [llist, de Fr., t. XI, p. 48).
Malgré le silence des panégyristes de Guillaume le Bâtard, les seuls auxquels nous devons d'être renseignés sur ces guerres, il est certain que les succès normands furent seulement temporaires et que GeofTroi Martel ne tarda pas à regagner dans le Maine le terrain perdu *; enfin, en 4058, comme quatre ans plus tôt, désireux de prendre sa revanche, il se joignit au roi de France pour envahir la Normandie. Cette fois encore, la campagne, à ses débuts au pioins, fut malheureuse : Henri P' et Geoffroi Martel, partis sans bruit, avaient à peine traversé THiémois, que leur arrière-garde fut surprise au moment où elle passait la Dive au gué de Varaville, et, le gué étant devenu impraticable par suite de la marée, ils ne purent qu'assister impuissants au massacre des leurs*. Ce ne fut cependant pas là, comme voudraient le faire croire les chroniqueurs normands, un désastre irréparable : quoiqu'ils n'en disent rien, la guerre continua néanmoins, puisque, le 21 juin 1060, Henri P' assiégeait Thimert^ et
1. En ofîot, nous savons que l'évêque Gervais ne rentra pas au Mans (voir les Actus pontif, Cenom.j éd. Busson et Ledru, p. 366) et nous allons voir que Geoffroi Martel put faire nommer h sa place TAngevin Bougrin ; enfin nous constatons qu'Ambrières échappa à Guillaume le Bâtard, puisqu'en 1063 cette place était aux mains de Geoffroi de Mayenne (Orderic Vital, III, 8, éd. Le Prévost, t. H, p. 103). Cela n'a pas empêché M. Schwahc {Séudien zur Geschichte des zweiten AbendmahhtreiU^ p. 74) d'affirmer que Geoffroi Martel ne put déloger les Normands du Maine ; mais il n'a cité, à Tappui de son dire, qu'un passage de la dernière rédaction de Guillaume de Jumièges, VIII, v* (Ifist, de Fr,, t. XI, p. 55 ^ ), passage écrit par Robert de Torigni un siècle après les événements et à l'aide d'Orderic Vital (voir la préface de M. Delisle à ÏHist, d'Orderic Vital, éd. Le Prévost et Delisle, t. V, p. lxxvi). Ce n'est pas une autorité.
2.' Guillaume de Poitiers, dans les Hisl, de Fr., t. XI, p. 84-85. Guillaume de Jumièges, VII,chap. 11 (Bibl. nal., ms. lat. 2769, fol. 106 r*), reproduit le récit de Guillaume de Poitiers ; dans la dernière rédaction, chap. 28 (Ilist, de Fr,, t. XI, p. 48), Robert de Torigni a ajouté qu'à la suite de la défaite de Varaville, Henri I**" avait traité avec Guillaume le Conquérant en lui cédant Tillières : on va voir que ce détail est inexact, puisque la pait n'était pas encore conclue quand Henri I" mourut.
3. Voir R. Merlet, Du lieu où mourut Henri /*"', roi de France, dans Le Moyen-Afje, t. XVI, 1903, p. 206-207.
80 LE œMTÉ d'anjou
qu'au moment de sa mort, le 4 août de cette même année, la paix n*était pas encore conclue^ ; maison ignore dans quelle mesuré GeofTroi Martel prit part à ces dernières hostilités.
Qu'il eût d'ailleurs ou. non tiré vengeance de Guillaume le Bâtard, GeofTroi Martel n'en était pas moins parvenu à faire du Maine un état vassal : le (ils de Hugue III, Hugue IV, réfugié à la cour normande^, n'était comte que de nom; la papauté, eiv nommant Gervais à l'archevêché de Reims 3, avait fini par reconnaître la vacance du siège du Mans et GeofTroi Martel avait pu, en 1055, y installer un Angevin/ : il était véritablement le seul maître du Maine.
1. Voir R. Merlet, Du lieu où mourut Henri I^^, roi de France^ dans Le Moyen-Age, t. XVI, 1903, p. 208.