‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 62 sur 398 · Voir ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p

6. Raoul Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 33 : a Expleto denique quantotius basilicae opère, prolinus misit ad Hugonem Turonorum archipresulem, in cujus scilicet constituta erat diocesi, ut illam sacraturus, quemadmodum decrevcrat, adveniret. Qui venirc distulit, dicens se minime posse illius votum dicando Domino committei^ ; qui videlicet matri ecclesie sedis sibi commisse predia et mancipia subripuerat non pauca, »

RENAISSANCE INTÉRIEURE DU œMTÉ 85

celte résistance, s'adressa directement au pape Jean XVIII et fît si bien, que celui-ci ordonna à son légat Pierre, évêque de Piperno, de procéder à la consécration ^ Les protestations furent vives ^ ; mais enfin la consécration eut lieu en grande pompe au mois de mai, sans doute de Tan 1007 ^. Raoul Glaber, qui s'indigne de ce qu'il considère comme une usurpation des droits de l'ordinaire, note que cependant plusieurs évéques, par crainte de s'aliéner le comte d'Anjou, assistèrent à la cérémonie ;

i. Raoul Glaber, ibid, — Raoul Glaber raconte que Foulque Nerra alla lui-même à Rome trouver Jean XVIII : la chose n'est pas tout à fait impossible, mais elle est peu vraisemblable. — Le légat Pierre envoyé par Jean XVIII est Pierre, évêque de Piperno, qu'on trouve cité en 1008 environ (Jaffé-Wattenbach, Regesla^ n» 3958) et en 1015 (Ughelli, Italia sacra, 2* édition, 1717, t. I, col. 4280) — Nous ne tenons pas compte ici des bulles de Jean XVIII et de Serge IV, car elles sont fausses (voir Appen^ dice III).

2. Nous pensons surtout au texte si souvent cité de Raoul Glaber, II, 4, éd. Prou, p. 33-34.

3. C'est la date, pour ainsi dire, traditionnelle et c'est celle de Mabillon, Ann, Bened., LU, civ, éd. de 1730, t. IV, p. 180 ; c'est celle qui nous parait la plus vraisemblable, sinon absolument certaine. En effet, nous ferons remarquer d'abord que les fausses bulles de Serge IV étant écartées (voir la n. 1), il n'y a plus aucune raison dépenser, comme on l'avait fait quelquefois (par exemple, Pfister, /îo/)er< lePieux^p, 320), à une erreur de la part de Raoul Glaber, quand il écrit que Pierre avait été envoyé par le pape Jean. — Ceci dit et la construction de Beaulieu ayant eu lieu dès que Foulque Nerra fut revenu de son premier pèlerinage (à ce sujet, Raoul Glaber, II, 4, les Gesta consulum Andeg.^ VHist. de Saint-Florent de Saumur, etc., sont d'accord\ on ne peut penser à identifier le pape dont parle Raoul Glaber qu'avec Jean XVIII, qui a siégé du 25 décembre 1003 au mois de juin 1009. Raoul Glaber disant que la consécration eut lieu au mois de mai ( « die quadam mensis maii » ), cette consécration ne peut se placer en 1008 : car en mai 1008 l'affaire de Hugue de Beauvais battait son plein (Pfister, Robert le Pieux y p. 66-67) ; on ne peut, pour la même raison, retenir la date de 1009 : d'ailleurs cette date nous éloignerait déjà beaucoup de Tan 1004 ou de l'an 1005, époque à laquelle Foulque se mit à construire l'église de Beaulieu. De ce que nous avons dit, d'autre part, au sujet de Hugue, archevêque de Tours, du pillage de ses terres par le comte d'Anjou et des délais nécessaires à la construction du monastère, ressort qu'on ne pourrait hésiter qu'entre mai 1006 et mai 1007 ; les difficultés qui firent traîner quelque temps l'affaire nous semblent devoir faire écarter la date de mai 1006.

mais, ajoute-t-il, le jour même un ouragan vengeur survint et sévit avec une telle violence, que la toiture de Téglise s'écroula ^

Au retour d*un second pèlerinage en Terre Sainte, Foulque entreprit, pour réaliser un vœu fait pendant son voyage, de construire à côté d'Angers même un autre monastère dédié à saint Nicolas ^. Et encore une fois, les difficultés ne lui furent pas épargnées au début. D'abord, tout alla bien : Tabba je, convenablement dotée ^, peuplée de moines de Marmoutier ^, consacrée solennellement en 1 020 par Tévêque Hubert ^, semblait être assurée d'un brillant avenir, quand tout à coup Tabbé Baudri quitta son poste furtivement. Sur la demande de Foulque, Tabbé de Marmoutier Albert (1032 env.-l 064 6) envoya pour le remplacer un autre moine de son monastère, nommé Renaud ^. Mais GeoiFroi

1. Raoul Glaber, loc.cit, — Nous ne disons pas avec MM. Pfister (/oc. ci/., p. 320), Sackur [Die Cluniacenser, t. II, p. 87-88) et beaucoup d'autres auteurs, que Foulque fit de son monastère un monastère exempt : ni le texte de Raoul Glaber, ni la charte de fondation ne disent rien de semblable ; seule la bulle attribuée à Jean XVIII en parle ; mais nous avons dit qu'elle était fausse. Le fait que ce fut un légat du Saint-Siège qui consacra Téglise ne prouve rien, et Raoul Glaber ne Ta pas compris ainsi. Aussi ne précisons-nous pas. D'autre part, étant donné ce que nous avons dit des bulles de Jean XVIII et de Serge IV, il ne peut plus être question de deux consécrations de l'église. (Sur cette question, voir G. d'Espinay, dans le Congrès archéoL de Loches, 1869, p. 97-105.)

%, Nous y reviendrons en traitant des pèlerinages de Foulque Nerra (Appendice II). Sur cette fondation, une légende sans grand intérêt se lit dan& VHist, de Saint-Florent (Chron, des églises d'^Anjou, p. 275) : «... dumque equumsuum adMeduanam aquam sub castello Sanctae Mariae ad aquatum mitteret, pavore valido equus cum sessore percussus est. Tune cornes propter haec ait : inimice, modo monachos illic mittam ; quod et fecit. »

Page 1