‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 63 sur 398 · Gallia christ., t. XIV, col · texte numérisé non relu

Gallia christ., t. XIV, col

7. Catalogue d'actes, n^ 34 : « Postquam vero Baldricus abbas monasterium dereliquit heremumque furtim petiit ac postremum Majus Monasterium repa tria vit [et] apud Thabennensium monasterium vitam fini vit.

Martel, alors maître du Vendômois et soulevé contre son père, sut si bien faire miroiter aux yeux du nouvel élu la promesse de Tabbatiat dans le monastère dont il avait commencé la construction à Vendôme ^, que Renaud, sans attendre même sa consécration à Saint-Nicolas et sans demander la moindre autorisation à Tabbé Albert, s^enfuit à Vendôme auprès du comte rebelle 2, Cettfe fois, Foulque Nerra s'emporta : il renvoya à Marmoutier tous les moines de Saint-Nicolas et en demanda d'autres à Tabbé de Saint- Aubin Gautier (élu en décembre 1036 ^). Celui-ci y consentit et sous la direction d'Audouin, jusqu'alors prieur de Saint-Aubin, l'abbaye de Saint-Nicolas d'Angers put enfîn rentrer dans la tranquillité *. Ces difficultés ne lassèrent pas Tardeur de Foulque Nerra : dès le 14 juillet 1028 •'^, on le voyait faire procédera la dédicace d'une abbaye de femmes que, lui et son épouse, la comtesse Hildegarde,, avaient fondée près d'Angers sur les ruines vénérées de la petite église Notre-Dame-de-la-Gharité ^\ Geoffroi

post hune domnus Albertus abbas Raginaldum monachum loco cjus rcstiluit. » Cf. les Miracles de Saint-Nicolas de Joël {Catalog. cod. hagiogr. Bibl, Paris,, t. III, p. 159) et VHist. de Saint-Florent, p. 275, des Chron, des églises d'Anjou,

i. Cf. ci-dessus, p. 66, et pour les débuts de la construction de la Trinité de Vendôme, voir Cartul. de la Trin. de VendâmCy éd. Métais, n<»» 8 (1032-1040) et 15 (25 juin 1039).

2. Catalogue d\ictes, n® 34 : « Qui (Raginaldus) ante benedictionem ad Ûlium meum GauiTridum fugiit atque regimon monasterii Vindocinensis onviter constructi absque licentia sui abbatis suscepit. » Cf. Pétigny, Hist. archéol. du Vendômois, 2* éd., p. 274, n. 1.

3. Cartul. de Saint-Aubin d'Angers, éd. Bertrand de Broussillon, n« 27. Le cartulaire du xii« siècle donne la date de 1038, mais Tindiction 4, qui ne convient qu'à 1036, date donnée par les Annales de Saint-Aubin (Recueil d'annales angev, et vendant,, p. 4).

4. Catalogue d'actes, n<» 34 : « Postquam me vidi illusum a duobus abbatibus, iratus valde jussi ut monachi alii ad monasterium suum cito remeassent. Deinde rogavi domnum Walterium, abbatem Sancti Albini, ut domnum Hildinum, priorem illius ecclesiae, concessissot. » Dans la région angevine le nom Hildinus ou Hilduinus est devenu de bonne heure Alduinus puis Auduinus : d'où notre traduction Audouin,

6. Voir la charte citée à la n. précédente et cf. G. d'Espinay, Revue de

Martel, à son tpur, non content d'avoir fondé à Vendôme le monastère de la Trinité *, s'occupait dès 1047 d'en établir à Angers une succursale, qui était achevée en 1056 2, et fondait la célèbre collégiale de Saint-Laud d'Angers, à laquelle il donnaij pour église la chapelle même de son château 3.

Aussi, vers le milieu du xi® siècle, l'état du clergé angevin, et surtout du clergé régulier, s'était-il singulièrement amélioré : grâce aux 'comtes, grâce aussi à leurs imitateurs, le comté d'Anjou commençait à être le pays béni du Seigneur.

Sans parler des vieilles abbayes du sol tourangeau, sans parler de Saint-Florent de Saumur, qui, depuis la prise de Saumur, en 1026, réinstallée au Chardonnet *, était en train de devenir peu à peu une des plus brillantes abbayes de France, c'était partout un renouveau de vie et d'éclat :'en Anjou proprement dit brillait au premier rang la vieille abbaye comtale de Saint- Aubin d'Angers, dont l'abbé, en vertu d'anciens privilèges confirmés par Néfingue en 972, était après l'évêque même dans le

l'Anjou, nouv. série, t. XII, p. 49-62 et 143-155 (reproduit dans les Notices archéologiques du même auteur, t. I"»") et Cartul. du Ronceray^ éd. Marchegay, préface de M. Bertrand de Broussillon, p. v-vi. Une légende fut inventée pour expliquer la fondation de Tabbaye : voir Chron. des églises d'Anjou, p. 279, n. 1.

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