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Le Moyen Age, loc, cit.^ p

4. Ces divers agents ne se trouvent pas tous mentionnés dans les chartes de Foulque Nerra ou de Geoffroi Martel; mais ils existaient au temps des Carolingiens et on les retrouve après l'an 1060. On peut donc tenir pour certain que, dans les textes où ils ne sont pas expressément désignés, ils rentrent dans la catégorie des servientes du comte. Sous Foulque Nerra, nous trouvons mention explicite du forestier comtal du bois de Chacé, Renaud de Brion (CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n® 7). Pour les fourriers, voir CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n® 89 ; Ogier, fourrier du comte Foulque le Réchin; et Cartul, du Ronceray, éd. Marchegay, n° 112 : Isembert, fourrier du comte Geoffroi le Barbu (1060-1068); les fourriers du comte, Ogier et Eude, cités au 4^^ CartuL de Saint-Serge, n<"» 117, 201, copies de Gaignières à la Bibl. nat., ms. lat. 5446, p. 260, 275. Pour les percepteurs de tonlieux, voir ibid., n? 36, ms. lat. 5446, p. 247 : Bernier, telonearius [du comte], etc..

5. CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n*» 1 : dans cette charte, on raconte la fondation par Foulque Nerra, en 1006, du château de Chàteau-Gontier : a Firmato itaque castello eoque ut poterat munito ex nomine cujusdan villici sui illud castrum Gunterii appellavit. » Cf. Érard, custos arcis à Loches, suivant les Gesta Ambaziensium dominorum [Chron, des comtes d'Anjou, p. 168).

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de fonctionnaires que le comte avait hérités de Tadministration carolingienne.

En outre, en dehors des cadres administratifs réguliers, bien des personnes ont coopéré à l'administration du comté ou à la direction des affaires. Sous ce rapport, il faut faire une place à part aux fidèles du comte, c est-à-dire à ceux de ses vassaux ou même de ses agents qui vivaient dans son entourage ou qu'il lui a plu d'appeler auprès de lui dans telle ou telle circonstance, ou enfin qui venaient, en vertu des obligations féodales, lui faire le « service de cour ». Jamais sans eux. Foulque Nerra, ou GeofTroi Martel ne prennent une décision. Ce n'est pas qu'ils jouent toujours un rôle bien actif: parfois ils sont de* simples témoins ; mais parfois aussi le comte les consulte, s assure de leur acquiescement ^ ; parfois enfin il s'adjoint quelques-uns

1. Ainsi, entre les années 990 et 40H (Pièce justificative n® 2), Foulque Nerra, ayant à examiner une plainte portée contre un de ses vassaux nommé Aubri, fait une enquête avec se« fidèles (« cum nostris fidelibus inquiren~ tes » ). — De même, en i006-i02t, Foulque Nerra autorise la construction d'une église à Vihîers et la dote de divers biens « cum consilio homi> num meorum in ipso Castro habitantium, scilicet Sigebranni, Ogerii, Aimerici filii, Attoni, Hemmeluini, Giraldi vicarii aliorumque multorum ibi habitantium n (Catalogue d'actes, n<» 31). — Entre les années 987 et iOll, Foulque Nerra fait faire une charte « coram fidelibus nostris, ut remitteret unusquisque pervasiones et malas consuetudines quas faciebant in terra Sancti Florentii » : chacun des fidèles s'engage personnellement à respecter les droits et les domaines de l'abbaye (Catalogue d'actes, n'>26). — En 1040, au moment de son avènement, (Geoffroi Martel tient un grand plaid : « Anno millesimo XL ab incarnatione Domini nostri Jesu Christi, habuit Gâuzfridus comes, Fulconis comitîs filius, cum fidelibus suis générale placitum apud Andegavam civitatem de reprimendis depredationibus sive corrigendis pravis pervasionibus vel malis consuetudinibus in terras sanclorum ultra débitas consuetudines impositis. » A ce plaid, on examine dans le détail toutes les réclamations et Ton statue (Catalogue d'actes, n<* 66).

d'entre eux ou en délèfçue un certain nombre pour prononcer un jugement dans une affaire qui lui a été soumise par les parties ^

A côté des fidèles^ le comte a trouvé encore dans sa famille même d'utiles auxiliaires : la comtesse Ta assisté dans son œuvre religieuse, et nous avons même vu qu'elle a pu être, à l'occasion, chargée de- missions politiques 2 ; et si elle n'a eu d'ordinaire que des pouvoirs très limités, elle a pu indirectement, par son influence, provoquer les décisions de son mari. Aussi voyons-nous qu'on s'est parfois adressé à Hildegarde pour obtenir de Foulque Nerra quelque faveur: ainsi fit, vers 1026, l'abbé de Saint- Sauveur de Redon, qui, désireux d'obtenir du comte d'Anjou une exemption de tonlieu pour les produits de ses vignobles, écrivit à la « très pieuse Hildegarde », en la priant d'intercéder auprès de son mari •^; ainsi fit encore, vers 1028, Hamelin de Beaupréau, qui, menacé d'être déshérité par son suzerain, • supplia Hildegaixle d'apaiser le courroux du comte, lui offrant l'église de Seiches pour prix de ses services ^. De même, Geoffroi Martel, avant son avènement, quand il ne prit pas les armes

— L'acquiescement des fidèles du comte est mentionné, au moins pour la forme, dans les chartes de nomination des abbés de Saint-Aubin par le comte {Cartul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n°* 21-26).

1. Cf. Louis Halphen, Les institutions Judiciaires en France au XI" siècle, Région angevine, dans la Revue historique, LXXVII (1901).

2. Nous faisons allusion au rôle que prête à Hildegarde Adémar de Chabannes. lors de la tentative faite par Foulque Nerra contre le comte du Mans Herbert Éveille-Chien (ci-dessus, chap. 11, p. 68).

3. HisL de France, t. X, p. 503*. Cf. Cartul, de V abbaye de Redon, éd. A, de Coui^son (Documents inédits), Prolégomènes, p. xlvii. Pour la date, nous ne croyons pas que les arguments de M. de Courson soient décisifs.

4. Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, n° 125 : « Igitur Hamelinus, cum virilem comitis animositatem et promeritam iram nuUo alio modo placare posset nisi ad intercessionem confugeret comitisse Hildegardis, cujus benignitas sepe etiam pro malis bona retribuebat,obtulit ei spontanea voluntate ecclesiam Cepie perpetuo sibi retinendam aut cui vellet dandam tantum ut eum seniori suo pacificaret et ei reliquum patris beneficium a comité impetraret. Quodilla. sicut erat in interventus trenua. sapienter effecit... »

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contre son père, concourut à Tadministration du comté: en 1026, il fut chargé du gouvernement de Saumur nouvellement conquis ^ et reçut sans doute la garde de T Anjou pendant la dernière absence de Foulque Nerra (1040). Peut-être Foulque avait-il d'ailleurs déjà eu recours, dans des conditions semblables, aux bons offices de son demi-frère Maurice, pendant son premier pèlerinage ^.

Enfin, il convient de faire remarquer que non seulement certaines hautes fonctions militaires ont pu être exceptionnellement accompagnées de délégations générales de pouvoirs 3, mais encore que, dans bien de» cas, Tinféodation restreinte a pu être originairement comme un mode d*administration *.

Ces divers correctifs étaient nécessaires, afin d*enlever aux mots « administration », « personnel administratif», s* fonctionnaires », que nous avons été contraints d employer, une bonne partie des notions précises de régularité et de fixité que nos esprits modernes sont accoutumés d y rencontrer.

i . Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 99 : « Quia Andecavorum cornes Gnuzfridus, postquam castrum Salmurum donopatris suis accepit in suum, etc. »; ihid.^ fol. 108 v° : « Tempore quo Fulco Andegavensis cornes castrum Salmurum cepit, erga ipsius loci habitatores mutatio magna fuit : comes namque GofTridus, ejus filius, in cujus manu dono patris venit, prout sibi placuil aliis abstulit, aliis dédit. »

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