Voir ibid
4. Les exemples mêmes cités par M. Beautemps-Beaupré pour prouver Texistence de chanceliers de Foulque et ceux que nous avons donnés p. 405, n. 6, le montrent. Ajouter encore le n** 25 du CarluL de Saint-Aiibin, éd. Bertrand de Broussillon : il s'agit Ih d'une charte émanée de Foulque Nerra lui-même, laquelle est écrite par un moine de Saint-Aubin, Galon ou Ganelon, que nous retrouvons dans une autre charte du monastère, de Tan 993 {ibid,, n® 33). Voir encore la charte n° 34 du Catalogue d'actes, qui est dite écrite par les deux archidiacres Bérengeret Renaud.
5. Voir Catalogue d'^acles, Observations préliminaires. Le signe de validation uniquement usité jusque vers 1060 fut la croix tracée par le comte lui-même ou par le scribe.
l'organisation administrative du comté 107
On sait qu'au temps des premiers Carolingiens le comte avait sous ses ordres un certain nombre de fonctionnaires nommés vicarii, à chacun desquels incombait l'administration d'une fraction du comté, ou vicaria^ et le jugement dans ce ressort des causes inférieures. Qu'étaient devenus les vicarii d'Anjou au cours du x® siècle? — Prétendre, comme on Ta fait quelquefois, qu'ils étaient parvenus à s'assurer vis-à-vis du comte la même indépendance que le comte vis-à-vis du roi, c'est aller contre l'évidence : car on serait bien en peine de citer un seul grand seigneur de la (in du x^ siècle ou même du début du xi® ayant comme capitale le chef-lieu d'une de ces anciennes vicariae ^ Au contraire, quelques rares textes montrent que, pendant tout le x® siècle, les comtes avaient continué à avoir des vicarii^ ou voyers, . répartis sur leurs domaines ^; mais ces derniers, par suite d'une extension progressive de leur pouvoir, avaient fini par remplir les fonctions de juges même dans les causes importantes. A l'avènement de Foulque Nerra, nous trouvons donc des voyers qui administrent les domaines du comte et qui, chacun dans sa circonscription, y assurent à eux seuls tous les services, percevant les redevances, exigeant les corvées, dirigeant la levée de l'ost, rendant la justice aux vilains, veillant à la police générale 'K
Peu à peu, on voit poindre un nouveau groupe d'agents : ce sont les prévôts. Dès Tan 1000, on trouve trace d'un praepositus du comte; mais ce praepositus semble s'occuper de l'adminis-
i. On trouvera un relevé de ces vicariae dans l'Introduction du Dictionnaire de Céi. Port, p. xii, et, pour la rcgrion tourangelle, dans la Notice sur les divisions territoriales et la topographie de V ancienne proinnce de Touraine de Mabille [BibL de VÉcole des Chartes, t. XXV, 1863, p. 2i7). Nous avons essayé en vain de compléter ces listes.
2. Ainsi, en 929 {Cari ul. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n* 177), nous trouvons un « Fulco vicarius », qui est certainement ricarius du comte d*Anjou; en 976 [ihid., n® 34), le comte soustrait un domaine à l'action de ses vicarii.
3. Cf. Louis Halphen, Prévôts et voyers du XI* siècle, dans Le Moyen Age, t. XV, 1902, p. 298 et suiv.
tration générale des domaines comtaux, plutôt que d^une circonscription spéciale * : c'est une sorte d'intendant, à moins cependant que ce ne soit Tancêtre du prévôt d"* Angers 2. Quoi qu'il en soit, l'organisation prévôtale ne se dessine que lentement et, comme nous l'avons montré ailleurs 3, c'est seulement vers les dernières années de Foulque Nerra que, sur les domaines du comte, comme sur ceux de ses vassaux, elle se généralise et qu'on voit un peu partout les prévôts se superposer aux voyers. Au temps de Geoffroi Martel, on peut dire que l'institution est générale.
On trouve d'ailleurs encore en sous-ordre une foule d'agents inférieurs: percepteurs de tonlieux, péagiers, fourriers, forestiers ^, châtelains ou gardiens des forteresses comtales ^ ; autant
1. Le Moyen Age, loc. ctï., p. 315, n. 5. -r- Dans la charte de i014-i013 où ce praepositus apparaît jouant uq rôle slcHÎ {Pièce jusiifîcative n^ 6), il est occupé à régler un partage de serfs qui semble être une affaire d'ordre général.
2. Le prévôt d'Angers a, en effet, toujours conservé plus d'iîhportance que les autres prévôts d'Anjou et a été plus qu'eux mêlé à l'administration générale.