‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 77 sur 398 · Cartul, du Ronceray d'Angers, éd. Marchegay, n · texte numérisé non relu

Cartul, du Ronceray d'Angers, éd. Marchegay, n

5. Voir la charte n"» 22 du Catalogue d'actes : Foulque Nerra et son frère Maurice disputent à Tévêque Renaud des biens qu'il avait hérités de son père, prétendant qu'ils devaient leur revenir en vertu de ce qui avait été stipulé par Geoffroi Grisegonelle « in conventiis episcopatum adipis-

IIalphrn. — Le comté d'Anjou. h

ringien^ ; quand il mourut (12 juin 1005)^, on vit le vicomte de Vendôme Hubert venir à son tour faire en faveuF de son fils Hubert des offres avantageuses à Foulque Nerra \ qui s'empressa

cendi ». Renaud nie le fait, mais ne conteste pas qu'il y ait eu un marché conclu en vue de sa nomination à Tépiscopat. Cette nomination était d'ailleurs déjà décidée du vivant de l'évèque précédent Néiingue : « Cuî ilico successit domnus Rainaldus. ...utpote illo adhuc vivente jam désigna? tus episcopus », disent les Annales de Vendôme {Recueil d* annales angev. et vendâm.j p. 58).

1. On voit dans la charte n° 32 du Catalogue d'actes et dans le diplôme de Robert le Pieux publié dans les Hist. deFr,, t. X, p. 583, que le père de révêque Renaud s'appelait Renaud, lui aussi ; dans une charte transcrite au fol. H6 r» du Livre noir de Saint-Florent de Saumur et publiée ci-dessous, Pièce Justificative n° 1, on voit qu'il s'appelait Renaud le Thuringien (Torench), Enfin la charte n* 3 du Cartul. de Saint-Aubin, éd- Bertrand de Broussillon, nous prouve qu'il faut l'identifier avec le vicomte d'Angers Renaud, dont il a été question précédemment, p. 98, car parmi les souscriptions on lit, à la suite de celle de l'évêque Renaud, le « signum Raynaldi vicecomitis patris, ejus » (cf. p. 99, n. i).

2. Obituaire de Saint-Maurice df Angers, extr. dans Bibl. nat., Coll. Baluze, vol. 39, fol. 31 r® et 32 v® : « III idus junii. Obiit Rainaldus illustris, vencrabilis et munificus episcopus Andegavensis anno ab incarna tione Domini nostri Jesu Christi MV, ordinationis autem suaeXXXI » ; Annales de Vendôme (Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 59) : « MV. Obiit domnus Rainaldus episcopus » (texte reproduit dans les Annales de Saint-Aubin et celles de Saint-Florent, ibid., p. 3 et 117). La date de 1010, communément admise, est tout à fait impossible, car elle est contredite non seulement par les textes précédents, mais aussi par ceux qui indiquent l'avènement de son successeur Hubert de Vendôme (ci-dessous, p. 115). D'ailleurs on l'a admise uniquement en se fondant sur une notice, autrefois transcrite au Livre noir de Saint-Maurice d'Angers, fol. 20 v«, n» 28, éditée dans la Gallia christiana, t. XIV, Inslr», col. 557. Cette notice raconte la mort de l'évêque qui, arrivé à Embrun « quadam feria secunda jam vesperascente », pendant un pèlerinage, y mourut le jour même, « in natali sancti Barnabae apostoli, qui est III idus junii » (et non « qui est in idus junii », comme le porte l'édition d'après une mauvaise copie d'A. Pu Chesne), au moment de l'ofiîce de matines et en « MX ». Mais il faut certainement corriger MX^en MV, car la concordance du lundi et du H juin ne se trouve, à cette époque, qu'en 1005. — Dans notre texte, nous indiquons la date du 12 juin : en effet, le jour débutant le matin et non la nuit dans le comput du moyen âge, quand on nous dit qu'arrivé le lundi 11 juin au soir, Renaud est mort le même jour au moment des matines, nous devons comprendre qu'il est mort le mardi 12 juin au matin.

3. Cartul. de la Trin, de Vendôme, éd. Métais, n*^ 44 : u Curiem et eccie-

d'agréer pour évéque (1006) * un clerc plus expert peut-être à manier Téjpée qu'à prier Dieu et qui était, en outre, un seigneur riche et puissant ^. Dans la plupart des monastères, c'est le comte encore qui nomme les abbés ; du moins, l'investiture devant ' lui être demandée avant la consécration, il est de fait maître de l'élection ^. Enfin, son influence n^est sans doute pas étrangère

siam Maziaci Hubertus Vindociiiensium vicecomes Fulconi comiti, de cujus tenebat fevo, pro episcopatu Andegavensi filio suo Huberto impetrando guerpivit. » Outre ce texte, on peut voir, entre autres, comme preuve que Tévêque était fils du vicomte de Vendôme Hubert une charte originale des Archives de Maine-et Loire, G 785, n° 1.

1. L^année de Tordinalion est donnée par \es Annales de Saint-Aubin d' Angers {Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 3) ; le quantième, 13 juin, par les notes de VObit. de SaintSerge (ibid.y p. 106). Dans ce dernier texte. Tannée indiquée est i007 ; mais c'est une erreur de transcription : car la source de ces notes est la même que celle des Annales de Saint-Aubin et des Annales de Vendôme, et si ces dernières ne notent pas Tordination* de Hubert, du moins notent-elles la naissance de GeofTroi Martel (qui dans toutes les annales précédentes y est rattachée) sous Tannée 1006. D'autre pavtyVObiluaire de Saint-Maurice d'Angers (Bibl. nal., Coll. Baluze,voI. 39, fol. 30 T^) dit que Hubert mourut Tan 42 de son ordination, ce qui force (sa mort étant du 2 mars 1047 : voir ci- dessous, p. 120) à placer cette ordination avant 1007 et la fixe même très exactement en 1006, si Ton calcule en gros (comme le fait d'ordinaire cet obituaire) : an 1006 = an 1, an 1046 = an 41, an 1047 = an 42.

2. Non seulement il était fils du vicomte de Vendôme, mais oncle d'Emma, vicomtesse du Mans : voir une charte extraite du 4*^ CarluL de Saint-Serge^ dans la Coll. dom Housseau, vol. 11^, n° 582(1058).

3. C'est le cas, par exemple, à Saint-Aubin d'Angers. Les deux textes les plus significatifs à cet égard sont la charte par laquelle, en 1036, les moines, ayant élu Gautier, demandent pour lui au comte Tinvestiture (CarluL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n^ 27) et la notice relative à la nomination de Tabbé Thierri, en 1056 ; après avoir relaté l'élection de ce dernier, la notice ajoute : « Facta est autem ista electio consilio atque auctoritate domni Alberti abbatis Majoris Monasterii, qui, hoc in conventu monachorum ritu celebri peracto, obtulit etiam fratrem predictum Gaufrido preclarissimo comiti, sub cujus ditione locus ipse consifitit, a quo etiam donum rerum temporalium ad idem pertinentium cenobium suscepit. » Après quoi, les moines vont trouver Tévêque, qui donne la consécration [ibid., n° 28). Pour plusieurs abbés de Saint-Aubin, on n'a que l'acte par lequel le comte déclare lesnommer (c/e/c^area/)/>a<em)en se conformant à la décision de la communauté (saha volunfate monachorum) : voir CartuL de Saint-Aubin, n®»23, 24, 25, 26, 27. — Pour la nomination

au choix des principaux dignitaires du diocèse : car, à côté de clercs éminents comme Bernard, l'auteur des Miracles de sainte Foy *, comme Renaud le Grammairien ^ ou Bérenger de Tours 3,

des abbcsses de Notre-Dame-de-la-Charilé (le Ronceray d'Angers}, la procédure est exactement la même. Voir le Cartul. du Ronceray d'Angers^ éd. Marchegay, n<>* 15 et 17.

1. Sur lui, voir surtout Rangeard, Histoire de rUniversité d^Angers^ t. I, p. 10-14, et t. II, p. 5 et suiv. \Hist. littér,, t. VII, p. 310 et suiv. ; Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, t. I, p. 320; Clerval, Les écoles de Chartres, p. 74 ; Miracles de sainte Foy, éd. Douillet (Coll, de textes pour Vétude et Vens. de Vhist,), introduction. Bernard fut écolâtre à Saint-Maurice d'Angers (Miracles de sainte Foy, éd. Bouillet, p. 2, et CarluL de Cormery, éd. Bourassé, n° 35).

2. Sur lui, voir surtout Rangeard, op. cit., t. II, p. 14-19 ; Hisf. littér,, t. VIII, p. 32-38 ; Port, op, cit., t. III, p. 220 ; Clerval, op. cit,, p. 74-75 ; Halphen, Recueil d'annales angevines et vendômoises, introduction. — L'Hist, littér. et, d'après cet ouvrage, M. l'abbé Clerval font de Renaud un archidiacre d'Outre-Maine : nous ignorons sur quoi cette tradition repose. Il est bien certain que, quoi qu'on en ait dit, il y avait dès cette époque trois archidiaconés au diocèse d'Angers, car dès 966 on trouve mention de trois archidiacres simultanément à côté de l'évêque (Cartul. de Saint- Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n° 18) ; dans une version de la charte n° 177 du Cartul. de Saint-Aubin, qui avait été insérée au fol. 24 v^ du Livre noir de Saint-Maurice d* Angers (copie dans la Coll. dom Housseau, vol. I, n° 155), on trouve le « signum Otberti archidiaconi trans Ligerim » et au n® 110 du Cartul, de la Trin, de Vendôme, éd. Métais (1057 env.), il est dit que l'église Saint-Jean-sur-Loire faisait partie « antiquitus » de l'archidiaconé « Transligerensis ». La division du diocèse d'Angers en archidiaconé d'Angers, archidiaconé d'Oijtre-Loire, archidiaconé d'Outre-Maine existait donc dès l'époque de Renaud le Grammairien ; mais- rien ne prouve que celui-ci, avant d'être « grammairien », c'est-à-dire écolâtre, ait été archidiacre d'Outre-Maine. Nous ferons seulement remarquer qu'il n'était pas archidiacre d'Outre-Loire, car il paraît dans plusieurs chartes (CarluL de Saint- Aubin, n® 6 ; Coll. dom Housseau, vol. 11*^, n*» 582) à côté de l'archidiacre Landri, qui était préposé à cet archidiaconé (CarluL de la Trin. de Vendôme, éd. Métais, n° 110). Mais il était peut-être archidiacre d'Angers, car les Annales dites de Renaud [Recueil d'annales angev, et vendôm., p. 85 et 88) le qualifient « archidiaconus Sancti Mauricii Andegaven-

sis. »

3. Sur Bérenger, en tant qu'archidiacre d'Angers, voir, entre autres, parmi les travaux innombrables consacrés à sa biograpliie, Vllist. litti^r., t. VIII, p. 197-288, Port, Diclionn., t. I, p. 318, et les ouvrages de Sudendorf et Schwabe cités dans la Préface.

on voit dans les hautes fonctions ecclésiastiques des personnages tels que Gui, seigneur du Lion d'Angers ^, ou Bouchard, seigneur de BrioUay ^, dont l'un tout au moins passa la plus grande partie de son temps à guerro}?er pour le compte de son suzerain 3.

Un tel clergé ne pouvait qu'être docile: c'est ce que l'histoire de Hubert de Vendôme et d'Eusèbe Brunon, son successeur, montre avec une netteté parfaite. Hubert se fit l'allié de Foulque Nerra dans la guerre contre Eude H de Blois ; il poussa même l'audace jusqu'à marcher contre son supérieur ecclésiastique, l'archevêque de Tours Hugue.

Entre ce dernier, puissant vassal du comte de Blois, puisqu'il avait été vicomte de Châteaudun avant que d'être archevêque *,

1. Gui fut trésorier de Saint-Maurice d'Angers et archidiacre :* voir une ch&rieextreiiic du Livre noir de Saint-Maurice d'AngerSy fol. 2i-22, n* 29, copiée dans la Coll. dom Housscau, vol 11^, n** 406, 408, et dans* la Coll. Baluze, voï. 39, fol. 63 (1030). Voir comme preuve de sa double situation de seigneur et père de famille, d'une part, et de dignitaire ecclésiastique, de l'autre, len® 160 du Cartnl. de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon ; les n°* 40 et 201 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, et cf. Miracles de sainte Foy de Bernard d'Angers, éd. Bouillet, I, xxxiv, p. 87 : « Necnon et ille optimus Vuido, prefatae sanctae ma tris ecclesiae Andecavensis edituus, vir locuples omnique probibate non mediocriter preditus. »

2. Une de ses chartes, en faveur de Tabbaye de Saint-Serge (Arch. de Maine-et-Loire, H 857, n° 1, orig.) débute ainsi : « Ego Burchardus, clericus et thesaurarius Sancti Mauricii matris ecclesiae Andegavensis sed et beneficium laicale possidens per paternamhacreditatemexdono senioris mei Gosfridi, fîlii Fulconisincliti comitis, ac per hoc sub iisdem bellicosissimis principibusmultisdefatigatus bellorum et laborum negotiis, tandem per divinam clementiam concessa regioni nostrae aliquantula tranquillitate pacis... » Après ce préambule, il déclare, du consentement de sa femme Judith et de leurs enfants Hilaire et Enjeuger, faire don à Saint-Serge de l'église Saint-Marcel sise auprès de son château de Briollay. Bouchard est encore cité en tant qi\e trésorier de Saint-Maurice aux u^ 1 (1028) et 5 (1040j du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, et aux n" 39 et 40 (1040) du Cartul. de la Trin. de Vendôme, éd. Métais.

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