Voir ci-dessus, chap. III, p
2. Voir ci-dessus, chap. I»', p. 33. Nous savons par une lettre de Fulbert de Chartres qu'au synode deChellas, en mai 1008, beaucoup d'évêques demandèrent Texcommunication immédiate de Foulque {Hist. de Fr.^ t. X, p. 476) et un diplôme du roi Robert souscrit par les prélats présents à Chelles nous permet d'affirmer que Tarchevôque de Tours prit part au synode {ibid., p. 591).
3. Voir la lettre de Hubert citée un peu plus loin [HUt, de Pr., t. X, p. 499) et la lettre qu'adressa Fulbert à Foulque à cette môme occasion [ibid.y p. 481) : « Propter haec peccata monuit archiepiscopus Turonensis omnes episcopos nostros et in ter alios me pusillum ut te excommunicaremus... 9
« Comment oses-tu dire cela, ajoutait Tarchevêque, toi qui n'as pas touché à une seula de ses vignes et qui, sans compter tous les autres maux que, sur Tordre de ton divin Foulque, tu as fait endurer à ton église-mère, as rasé jusqu à la racine celles de mes chanoines. . . Cet orgueil qui te pousse à me faire de semblables réponses, ce dédain avec lequel tu traites la sentence d'interdit que j'ai portée contre toi^ cette audace avec laquelle, quoique excommunié, tu ne crains pas de célébrer le service divin, finiront bien par plier ^ »
La mort de l'archevêque (1023 ^) vint mettre un terme au conflit. En outre, Hubert comprit la nécessité de heurter un peu moins ouvertement les convenances. On le vit même, à partir de ce moment, soucieux des devoirs qui lui incombaient, s'employer avec ardeur à l'œuvre de restauration des églises et des monastères que son prédécesseur avait entamée. Il fit notamment reconstruire l'église Saint-Maurice d'Angers, fit à ses chanoines plusieurs donations importantes ^ et mérita ainsi de ces derniers le brillant éloge qu'ils insérèrent dans leur nécrologe : « Plus encore que ses prédécesseurs, ce prélat généreux, noble et éclairé, s'appliqua avec zèle à tirer notre chapitre de l'état misérable auquel l'avaient réduit l'oppression des tyrans et la négligence des évèques, et à y ramener la prospérité. En raison des bienfaits de cet homme vénérable et de la reconnaissance éternelle à laquelle il a droit, notre chapitre doit conserver tout particulièrement son souvenir et vouer à sa mémoire un culte spécial. Que chacun de nous et tous nos successeurs rappellent
1. Hist, de Fr., t. X, p. 499. Pour la date de cette lettre, voir PÛster, De Fulberii Carnotensis episcopi vita et operihut, p. 96 : la date de i023 que M. Pfiater propose semble impossible puisque Tarchevêque Ilugue mourut le 12 mai de cette année {Gallia chrisiiana, t. XIV, col. 58); la vraie date doit être cherchée, croyons-nous, aux environs de 1018. Cf. ci-dessus, chap. II, p. 38, n. 2.
â. Voir la note précédente.
3. Charte de Tan 1030 (?) autrefois transcrite au Livre noir de Saini^ Maurice d^ A nger» fol. 21-23, n^ 29, copiée dans la Coll. dom Ilousseau, vol. IVy n«* 406 et 408.
fréquemment son nom dans leurs prières et leurs oraisons, afîn de ne pas paraître, par notre ingratitude^ indignes de la bienveillance qu'il nous a témoignée*. »
Malgré sa piété, Eusèbe Brunon, qui succéda le 6 décembre 1047 2 à Hubert, mort le 2 mars de cette même année 3, fut pour Geoflfroi Martel un soutien non moins fidèle. Rien ne le montre mieux que l'histoire des démêlés du comte avec le pape Léon IX à propos de l'emprisonnement de Févêque du Mans Gervais.
Cet attentat à la dignité épiscopale, que nous avons raconté précédemment ^, appelait une répression de la part de l'autorité ecclésiastique : mis au courant de la situation lors du concile de Reims (3-6 octobre 1049), Léon IX fit savoir à Geoflfroi qu'il eût à comparaître au prochain concile, qui devait se tenir peti après à Mayence, pour s'y entendre excommunier, s'il n'avait d'ici là rendu la liberté au prisonnier ^. Le concile de Mayence s'ouvrit le 19 octobre ^; mais GeofFroi n'avait tenu compte ni de la menace,
i. Obit. de Saint-Maurice (V Angers, copie de la Bibl. nat.,Coll. Baluze, vol. 39, fol. 30.
2. Annales de Vendôme et Notes de Vobil. de Saint-Serge^ p. 62 et 108 du Recueil d^annales angevines et vendômoises.
3. Cette date est donnée par les annales angevines (Recueil d'annales angev. et vendôm., p. 4, 62, 107) ; voir aussi VObit, de Saint-Maurice d'Angers, copie de la Coll. Baluze, vol. 39, fol. 30 : « VI nonas martîi. Obiit domnus Hubertus praesul.. anno ab incarnatione MXLV^I (1047, n. st.)y ordinationis ejus XLIl. »