‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 84 sur 398 · Voir ci-dessus, p. 62, n · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, p. 62, n

4. William de Malmcsbury, Gesta reguni Anglorum, III, 235 (éd. I Stubbs, t. II, p. 292) : « Tune senis frigidus jam et effoelus sanguis ira incaluit fîliumque juvenililer insullantem paucis diebus maturiori consilio adoo infregit, ut por aliquot milliaria scllam dorso ovehens pronum se cum sarcina ante pedes patris exponeret. Ille oui vêtus animositas adhuc palpilaret, assurgens et pede jacentem pulsans : Vicias es tandem, vicias I ter quaterque ingemiaat. »

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de Saumur, il est vrai suspect de partialité, a pu nous laisser de lui et de son fils ce sombre portrait : « Us égalèrent presque les bêtes fauves par leur férocité et leur cruauté: foulant leurs ennemis aux pieds, n'ayant de pitié pour personne, sans cesse en guerre, s'appropriant les biens des églises pour y bâtir des forteresses qu'ils distribuaient à leurs vassaux,' bouleversant tous les domaines, ils ne souffrirent en aucun cas qu'on osât protester, fût-on abbé ou évéque ; leur cœur dur et avide châtiait les mpindres paroles » ^

De même encore Foulque est devenu dans la légende le type du guerrier vaillant et rusé, capable d'accomplir les tours de force les plus extraordinaires: il entendra, par exemple, à travers une cloison, parler d'une tentative machinée contre sa capitale, pendant son absence, par les fils de Conan; et aussitôt, d'une seule traite, il galopera d'Orléans à Angers, taillera ses ennemis en pièces et regagnera Orléans avec une telle rapidité qu'on n'aura même pas eu le temps de remarquer son absence '*. 11 sera le sauveteur du pape, qu'il délivrera par des exploits merveilleux des brigands les plus dangereux et du redoutable Crescentius ^. Il aura enfin l'esprit si retors, qu'il saura éviter les pièges que les infidèles auront le mieux combinés contre lui '*.

1. Hisl. de Sainl'Florenij p. 260 des Chron, des églises d'Anjou. Nous traduisons assez librement.

2. Gesta consulum Andegav. (ms. 6218, p. 44-45 ; Chron, des comtes d'An- JoUf p. 92-93). Cf. ci-dessus, p. 25, n. 3.

3. Voir VHisl. de Sainl-Florenl (Chron. des églises d'Anjou^ p. 273) et surtout la dernière rédaction des Gesta consulum Andegav. [Chron. des comtes d'Anjou, p. 100-106), où se trouve un r<^cit d'allures épiques tout comme celui que M. Lot à signalé pour GeofTroi Grisegonelle dans la liomania, t. XIX (1890).

4. Gesta consulum Andegav. (ms. 6218, p. 46 ; Chron. des comtes d'Anjou^ p. 102) : Foulque, après avoir pu pénétrer dans Jérusalem en payant force argent, se voit refuser l'accès du Saint-Sépulcre. Les infidèles, « cognito quod vir alti sanguinis esset, deludendo dixerunt nullo alio modo ad sepulcmm optatum pervenire posse nisi super illud et cruceni dominicam mingeret. Quod vir prudens licct invilus, annuit. Quesita igitur arietis

De cet homme que la crainte du ciel saisissait par instants, la légende a fait le type idéal du pécheur repentant : ce ne sera plus trois fois, ce sera quatre fois qu'il aura accompli le pèlerinage de Terre Sainte * ; on le représentera. se faisant traîner demi-nu, la corde au cou, dans les rues de Jérusalem, flagellé par deux valets et criant : « Seigneur, ayez pitié du traître ^ ! »

Mais toutes ces exagérations en bien comme en mal, ces traits légendaires ou même épiques ne prouvent-ils pas mieux qu'aucun discours ne pourrait le faire Timportauce singulière que les Angevins de ce temps attachaient à la personne du comte qui en était 1 objet ?

vesicapurgata atque mundata et optimo albo vino repleta, quin etiam apte inter cjiis femora posita est et cornes discalciatus ad sepulcrum Domini accessit, vinum super sepulcrum fudit et sic ad libitum cum omnibus sociis intravit. »

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