Sur ces surnoms, voir Appendice I
2. Foulque le Réchin, dans sa Chronique, dit qu'il est fils m Gosfridi de Castro Landono et Ermengardis, filiac Fulconis comitis Andegavensis » (Chron. des comtes d'Anjou, p. 375). Une généalogie de la fin du xi« siècle publ. par R. Poupardin (Généalogies angevines du -Y/* siècle, dans les Mél. di" archéologie et d'histoire, t. XX, 1900, p. 208, n<* 6) donne la filiation suivante : « Ex Béatrice Gosfridus cornes de Castello Landonensi ; ex Gaufrido Gaufridus et Fulco presens. » Les textes qui prouvent qu'Ermengarde, fille de Foulque Nerra, était mère de Geoffroi le Barbu et de Foulque sont nombreux : on peut voir, entre autres, le n^ 8 du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay. D'autre part, dans une de ses chartes, GeofTroi le Barbu dit faire une donation à Saint-Serge d'Angers, afin qu'on y célèbre
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cadet, âgé de dix-sept ans, avait été armé par lui chevalier en 1060, au moment de la Pentecôte ', et avait dès ce moment reçu en apanage la Saintonge, dont Féloignement rendait la défense difficile et qui était alors exposée aux attaques d'un seigneur de la région, Pierre de Didonne '^. Sa part d'héritage comprenait, en outre, la ôhâtellenie de Vihiers. Mais tous ces biens, il devait les tenir en fief de son frère aîné Geoffroi ^. Marié à Julienne,
ranniversaire de son père Geoffroi : « Ipsi vero constitiitum habeni pro isto beneficio annis singulis facerc anniversariiim patris mei Gaufridi, quod est II kalendas maii, non minus diligenter c|uam abbalum suoruni anniversaria » {Catalogue d'^acies^ n° 205), et on lit, en effet, dans VObiluaire de Saint-Serge (Bibl. d'Angers, ms. 836, ancien 753), parmi les mentions du XI'' siècle, la note suivante au 2 des calendes de mai : « Obiit Gaufridus cornes [GJuastinensis ; ut de abbale, ita de eo. » Une donation de Foulque le Réchin est faite « pro remedio anime mee seu patris mei Gauffridi atque matris mee Ermengardis » [Catalogue d'actes, no232). Ces textes suffisent à ruiner l'opinion généralement admise et défendue en dernier lieu par MM. Prou (V acquisition du Gai inai$ sous Philippe I^^, dans les Annales de la Soc. histor, et archéol. du Câlinais, t. XVI, 1898, p. 177, n. 2) et d'Espinay (Les comtes du Câlinais, dans les Méni. delà Soc. d'agricult., sciences et artsdWngers, 5" série, t. I, 1898, p. 25) suivant laquelle le père de Geoffroi le Barbu et de Foulque le Réchin se serait appelé Aubri et non Geoffroi. C'est là une tradition fausse accréditée par la Chron. de Saini-^faLreni [Çhron. des églises d^ Anjou, \). 402), parOrderic Vital (éd. Le Prévost, t. II, p. 92 et 253), Hugue de Fleury {Mon. Cermaniae, Scriplores,i. IX, p. 390) et Raoul « de Diceko « (éd. Stubbs, t. I, p. 185, et p. 333 des Chron. des comtes d'Anjou), tous auteurs sans autorité. Les historiens du Gâtinais ont été en outre, bien à tort, embarrassés par une charte, aux termes de laquelle le comte de Gâtinais, en 1026, se nommait Aubri et non Geoffroi (Dubois, Ilist. eccles. Parisiensis, t. I, p. 636) : cette charte ne peut servir à établir le nom du comte de Gâtinais quelques années plus tard ; elle nous apprend d'ailleurs qu'Aubri avait deux frères, Geoffroi et Liétaud ; le premier de ceux-ci pourrait bien avoir été le successeur d'Aubri et le père de nos deux comtes.
1. Chron. de Foulque le Réchin : « In hujus extremo vitae auno, me nepolem suum ordinavit in militem in civitate Andegavis festivitate Pentecostes, anno ab incarnatione Domini MLX° » {Chron. des comtes d'Anjou^ p. 379).
2. Ibid. : « Et commisit mihi Santonicum pagum cum ipsa civitate causa cujusdam guerrae quam habebat cum Petro Didonense. »
3. Une notice du Livre noir de Saint-Florent de Saumur, fol. 29 v<»-30 r® {Catalogue d'actes, n^ 208), contient la phrase suivante : « Gosfredus, Fulconis filius, Andegavensium comes, cognoscens dicm mortis imminere, condonavit
fille d^Hamelin, seigneur de Langeais^, celui-ci avait déjà hérité du comté de GAtinais *' avant la mort de son oncle et il lui succédait dans le comté d'Anjou et Touraine'^ : à sa domination immé-
Gosfrido nepoti suo comitatumsiium, Fulconi vero, fratri hujus, inter caetera Vierensium castrum, praecipiens tamen ut omnia a fratre suo tonerel. » Une charte de Foulque le Réchin (les années 1060-1068 (Catalogue (Faciès n<» 207), donnée par lui en sa cour, à Vihiers, commence ainsi, après un long préambule : a Quapropter ego Fulco, illustris quondam et prcpotentis Andecavorum comitis Gausfridi, Fulconis filii, nepos, aliquantulum de bis quae jure hcreditario ex bcneûcio ipsius me contingunt et ad castellariam Vigerii, unde me dominum et possessorom fccerat, pertinent, pro mea et illius anima servis Deirelaxarc disposui. » ^
1. Julienne souscrit dès 1060 une charte de son mari [Catalogue d^acles, \V* 158); elle souscrit encore notamment un acte du 7 août 1067 [ibicL, n° 186). Une charte de Ilugue de Langeais des années 1068-1082, confirmée par Foulque le Réchin (Catalogue d'aclesy n® 240), porte la souscription d'une « comtesse Haroeline », qu'une glose du Cartulaire de Bourgueil disait « filia Hamelini de Langiaco, uxor, GofTridi Barbati comitis Andegav. » (glose indiquée dans toutes les copies de la charte que nous avons relevées au Catalogue d* actes). Le Cartulaire de Bourgueil n'avait été, il est vrai, écrit qu'au xv« siècle ; mais cette glose était évidemment la transcription d'une note ancienne, soit de l'original même, soit d'une copie. Aussi y a-t-il loute raison pour en admettre l'exactitude. D'autre part, « Ilameline ») ne peut être qu'un surnom de Julienne, puisque celle-ci est restée, au témoignage des chartes précitées, la femme de Geoffroi le Barbu jusqu'à la déposition de ce dernier. On conçoit d'ailleurs qu'elle ait reçu ce surnom, puisque « Hamelin » était le nom de son père.
2. Une charte nous montre l'abbé de Saint-Père de Chartres venant se plaindre à Geoffroi Martel, comte d'Anjou, de son neveu Geoffroi, comte de Gâtinais iCartuL de Saint-Père de Chartres, éd. Guérard, t. !«'', p. 126 ; Catalogue d'actes, n® 154). Le père de Geoffroi le Barbu était d'ailleurs mort avant la comtesse Hildegarde (décédée le l*"" avril 1046), comme on le voit au n* 8 du Cartul. du Ronceray,
3. Une charte est donnée j>ar Geoffroi Martel à son lit do mort en présence de ses deux neveux Geoffroi, son successeur, et Foulque (Catalogue d*acteSj n® 157) ; nous avons cité (p. 134, n. 3) une notice du Lirre noir de Saint-Florent tout à fait concluante ; une autre (Catalogue d'actes, n® 171), de l'an 1063, parle de Geoffroi le Barbu < cum post illius (Gausfredi)obitum Andecavensem ac Turonensem obtineret et ipse pariter comitatum » ; enfin l'ensemble des chartes inventoriées sous les n** 158 à 210 de notre Catalogue d'actes prouvent notre assertion jusqu'à l'évidence. Foulque n'y ih même pas le titre de comte. Aussi faut-il reléguer définitivement dans la légende, comme on Ta déjà fait, le prétendu partage du comté entre Foulque et son frère indiqué dans la rédaction primitive des Gesta
diate, en dehors de Tapanage constitué à son frère Foulque le Réchin, le territoire de Saumur, donné en douaire par GeofTroi Martel à sa dernière femme *, échappait seul, et encore allait*il dès Tan 1062 rentrer dans le domaine comtal 2.
Au début, Foulque le Réchin se contenta de la situation^ subordonnée qui lui était faite, et les deux frères vécurent en bons termes : on vit Foulque souscrire docilement les chartes de Geoffroi ^ ; Geoffroi, de son côté, vint prêter aide à Foulque, quand, en 1061, le duc d'Aquitaine Gui-Geofîroi, revendiquant la Saintonge '*, commença ses attaques contre Saintes : Geoffroi se joignit à son frère ; marchant au devant de Gui, ils le rencontrèrent à Chef-Boutonne et, après une lutte acharnée, mirent l'armée poitevine en fuite (21 mars 1061) ^. Mais, en 1062, Gui-
consuL Andegav, en ces termes : « Reliquit (Gosfridus Martellus) Andegaviâm et Santonas Barbato, Turoniam cum Landonensi Castro Fulconi » et en ces ternies dans les rédactions suivantes : a Ândegaviam et Santonas Fulconi, Turoniam cum Landonensi castro Barbato donavit » (Chron, des comtes <r A nj ou y p. i3i),
1. Voir les chartes, n*»* 167, 168, 169 du Catalogue d'actes,