Chron, de Saint-Maixent, loc, ci7., p
2. C'est ce que semble indiquer un fragment provenant de Fleury-sur- Loire, où d'ailleui's les confusions sont assez nombreuses (Hist. de Fr,, t. XI, p. 158).
4. Au témoignage de Foulque le Réchin lui-même {Chron. des comtes d'Anjou, p. 379), il y eut entre lui et son frère une longue lutte coupée de trêves avant les événements de Tan 1067.
5. Guillaume de Poitiers, dans les Hist. de Fr., t. XI, p. 86 : » Accito saepius Gaufredo, qucm praeses eorum Galtcrius dominum sibi ac tutorem praefecit, praelio decernere minati sunt noununquam. » Une charte rap-
une politique violente et maladroite, il ne tarda pas à s'aliéner successivement tout le clergé de ses états.
Il commença d'abord, sans qu on sache pourquoi, à persécuter l'archidiacre Bérenger, dont l'évéque Eusèbe Brunon ne cessait d'être le fidèle protecteur ^ ; il le dépouilla de tous les biens qu'il possédait à Angers et, en dépit de ses fonctions, finit par l'expulser de la ville - : ses violences furent telles que le pape,
porte une difficulté survenue entre Marmoutier et GeolTroi le Barbu quand ce dernier « aliquando in adjutorium Cenomannensium contra Bigotos pararet » ; plainte est portée au comte quelques jours après, le 14 mars 1063 (Catalogue d'actes, n° 171). C'est, sans doute, à cette expédition que l'auteur des Gesta consulum Andegav. fait allusion quand il dit, en confondant les noms et les temps : tt Gosfridus Barba tus, armis strenuus, cum Cenomannensibus est foederatus ; cujus auxilio llelias de Fisca Cenomannum recuperavit, quod Willelmus rex Anglorum sibi auferebat » (Chron, des comtes d'Anjou, p. 134).
1. M. Brôckingnous paraît avoir parfaitement prouvé contre M. Schwabe, Studien zur Geschichte des zwciten Ahendmahlstroiis, p. 99-100, qu'Eusèbe .Brunon n'a abandonné Bérenger qu'après le concile de Latran de 1079 (Brocking, Die Lossagung des Bischofs Eusebius von Angers von Bcrengar von Tours, dans Deustche Zeitschrifl fiir Geschichlsivissenschafl, t. V, 1891, l'*» partie, p. 361-365 [avec la correction du t. VI, 1891, 2« partie, p. 232], et du même, Bischof Eusebius von Angers und Berengar von Tours, même recueil, t. XII, 1894-95, 2« partie, p. 344-350, en réponse à un article de M.Schnitzer, dans le Katholik, ann. 1892, II, p. 544 et suiv.). On sait d'ailleurs qu'Eusèbe Brunon prit publiquement la défense de Bérenger lors d'un synode réuni à Angers en 1062 pour examiner sa doctrine : c'est Bérenger lui-même qui nous l'apprend, dans une lettre éditée par Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 219, n" 12 (cf. Schwabe, op. cit., p. 99, et pour la date de la lettre, voir les articles cités de Brocking). Enfin on jugera de l'hostilité à laquelle Eusèbe Brunon finit par en arriver vis-à-vis de Geoffroi le Barbu par la lettre de l'évéque éditée dans Sudendorf, op. cit., p. 222, n" 15. Nous y reviendrons plus loin.
2. Bérenger se plaint de ces persécutions dans une lettre adressée par lui au cardinal Etienne (Sudendorf, op. cit., p. 224, n^ 16) : « Noverit ergo bene affecta erga me humanitas vestra omnia que mihi apud Andegavem munificentia divina contulerat odium comitis perturbasse, accessum ad urbem et quam Andegavensi ecclesiae clericus archidiaconusque debebam frequentiam per plures jamannos omninopernegasse. » Sudendorf (op. ci/., p. 163-172) rejette sans raison valable la date de 1060-1067 pour cette lettre, qu'il croit devoir reporter au temps de Foulque le Réchin, en 1073. Comme Bérenger y parle de l'évéque du Mans, la lettre est antérieure au
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se rendant à Tappel de Thérésiarque, dut faire, par l'archevêque de Tours et Tévêque d'Angers, enjoindre au comte de cesser *, puis lui écrire lui-même pour l'inviter formellement à la modération *. Geoffroi le Barbu restait sourd à ces avertissements : le pape le menaça d'excommunication '^
Conseils et menaces ne servaient de rien ; Geoffroi, redoublant de maladresse, déchaînait au même moment la fureur des moines de Marmoutier. L'abbé Albert étant mort le 20 mai 1064 * et les moines ayant élu Barthélemi à sa place, Geoffroi le Barbu exigea que ce dernier, avant d'entrer en fonctions, vînt
10 mai 1065, date de la mort de Bougrin, après laquelle l'évêché resta plusieurs années vacant (voir ci-dessous, p. 141); elle se place donc exactement entre le 14 nov. 1060 et le 10 mai 1065, et comme il y est dit que les persécutions du comte durent depuis plusieurs années, la date peut être cherchée aux environs de 1064 (date adoptée d'ailleurs par M. Schwabe, Studien zur Geschichte des zweiten AhendniahUfreUs, p. 101). Il est fait allusion aux mêmes faits dans la lettre citée à la note suivante.
1. Bishop, Unedirte Briefe zur Geschichte Berengars von Tours, dans, Vllislorisches Jahrbuch, t. I, 1880, p. 274, n^ 3 (Jaffé-Wattenbach, Heges/a n°4588) : « Helatum est nobis G. comitem quorumdam suorum instinctu qui confratrinostro domno Beringerio sacerdotiinimicantur, in ejusdem odium quasi sub defensione christiane fidei exarsisse adeo ut in aecclesia Andegavensi, in qua ipse confrater noster archidiaconii honore fungitur, officium suum minis suprafati comitis implere perterritus non audeat. Quapropter fralernitati veslre, nobis dilecte, mandavimus quatenus ipsi comiti noslravice precipiatis neulterius hac occasione supradictum virum inquietare présumât. »
2. Ibid,, p. 273, n® 2 (JafTé-Waltenbach, Regesta^n'* 4547): le pape écrite Geoffroi le Barbu pour lui dire ^u'il s'étonne « ut semper persistas inobediens nostre legationi » ; c'est une allusion ^ la suite delà lettre le montre — aux réprimandes que l'archevêque de Tours et l'évêque d'Angers avaient été chargés de lui faire. Le pape réitère lui-même à Geoffroi Tordre de cesser.
3. Ibid., p. 274, n» 4 (Jaffé-Wattenbach, Hegesta, n® 4601). Après avoir à nouveau demandé à Geoffroi de laisser Bérenger « procurare res suas, exercere negolia, administrare officia », le pape termine ainsi sa lettre : «Circa hocmihiobedientiam tuam patri filius negare ne présumas. Quod si presumpseris, non ulteriusadmoniloremsedanimadversorem potiusetanathematis in tantam contumatiam experieris exsertorem. Vale, si exhibueris obedientiam; si non, incurreris anathema. »
4. VoirpourcettedateM. Prou, Vacquisition du (ratinais soiis Philippe /«' (dans les 3/**m. de la Soc, archéol. du Gâlinais, t. XVI;, p. 6 du tirage à part.
recevoir Tinvestiture de ses mains *. Pour beaucoup d'autres monastères cette prétention eût été légitime ^ ; mais Tindépendancede Marmoutier vis-à-vis du comte d'Anjou avait été explicitement réservée lors de la cession de la Touraine à GeofTroi Martel en 1044 ^. Malgré les protestations des moines, Geoflfroi restait intraitable ; il menaçait de détruire leur monastère sHls ne se soumettaient. Les moines tentèrent de négocier ; mais plus ils tardaient à obéir, plus la colère du comte augmentait : des menaces, à les en croire, il ne tarda point à passer à la violence et fit main basse sur leurs biens, sans les épargner euxmêmes. Les religieux appelèrent à leur secours le vénérable Hugue, abbé de Cluny ; mais les supplications de ce saint homme furent vaines^ elles aussi. GeofTroi criait qu'il saurait bien mater ces moines, ainsi que des ânes, et comme Hugue, pour implorer sa pitié, essayait de l'arrêter par un pan de son manteau, le comte, arrachant la fibule qui le retenait, partit furieux sans lui répondre *.
1. Gesta consulum Andegav. (rédaction du ms. lat. 6006 de la Bibl. nat.), p. 134 des Chron. des comtes d'Anjou, 2* Voir !'• Partie, chapitre V, et ci-dessous, chapitre IV.
3. C'est ce que nous apprend une charte de Marmoutier de Tan i096 ; »... et quia pater suus apud eam sepultus crat, in tantum caram habuit (Theobaldus) ut cum totam Turonicam cum civitate ipsa traderet Andegavorum comili Gaufrido Martello, qui eum ceperat in redcmptionem sui, ipsam tamen, idest abbatiam Majoris Monastcrii, nominatim exciperet atque sibi in proprio dominio retineret » {Carlul. danois de Marmoutier^ éd. Mabille, n° 92). — Dans les Gesta consulum Andegav, (rédaction du ms. lat. 6006 de la Bibl. nat.) le motif du conflit a été tout à fait dénaturé : les moines auraient refusé de se rendre aux prétentions du comte, prétendant que leur abbaye dépendait directement du roi. M. Lévêque a justement fait remarquer que ce récit se rattachait à une tentative faite après coup par Marmoutier pour revendiquer ce prétendu privilège (Lévêque, Trois actes faux ou interpolés des comtes Eudes et Robert et du roi Raoul en faveur de Vabbaye de Marmoutier^ dans la Ribl. de VEcole des Chartes, t. LXIV, 1903, p. 54 et suiv.).
4. Gesta consul, Andegav., loc.cit,, p. 134-138; lïildebertde Lavardin, Vie de saint Hugue, dans les llist, de Fr,, t. XIV, p. 70, d'après la même source que les Gesta. Une allusion est faite à ces événements dans la lettre adressée peu après au pape par Tévêque EusèbeBrunon : «... nihilominus detes-
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Enfin, comme si ce n'était pas assez de tant de mécontents, Geoffroi le Barbu était encore, en 1065, entré en conflit avec Tarchevêque de Tours : le 10 mai de cette année, Tévêque du Mans Bougrin {Vulgrinus) étant mort S sous l'influence évidente du duc de Normandie Guillaume, le Normand Arnaud fut élu au siège vacant ^. Empêcher, si possible, la consécration de Télu était certainement, en principe, pour le comte d^Anjou, de bonne politique ; mais à un moment où il eût fallu à tout prix éviter d'exciter davantage contre lui le clergé d!Anjou et de Touraine, la conduite de Geoffroi fut d'une insigne maladresse. C'est, en effet, à l'archevêque de Tours Barthélemi, duquel dépendait la province du Mans, qu*il appartenait de consacrer Arnaud : Geoffroi le lui interdit '^ On allégua qu'Arnaud, étant fils de prêtre, n'était pas éligible ^. Le clergé du Mans porta plainte au pape Alexandre II, qui enjoignit à l'arôhevêque de procéder sans retard à la consécration et au comte d'y laisser procéder ^. Geoffroi redoubla de menaces contre Barthélemi s'il passait outre. « Ce nouveau Néron, écrivait larchevéque en répons<e aux injonctions du pape, a dépassé en impiété tous ses prédécesseurs... Il a mis à sac tous mes biens et ceux de mon église, renversé ma demeure et celle de mes chanoines, il nous a rendu le séjour de notre cité impossible... J'ai reçu de Votre Autorité l'interdiction de me prêter à une substitution
labili pervasione beati Martini adortus ecclesiam... » (Sudendorf, Berengst' riu8 Turonensis, p. 222, n« 15). C'est a tort qu'on a cm d'ordinaire qu'il s'agissait là de Saint-Martin de Tours : nous ne connaissons de différend de Geoffroi le Barbu qu'avec Saint-Martin de Marmoutier.
1. Notes de'VObit. de Saint-Serge, p. 108, et liste des abbés de Saint- Serge, p.. 109 de notre RecueilJ' annales angev. et vendant,
2. Actus pontif. Cenomannis in urbe degentium, éd. Busson et Ledru, p. 374-375.
3. Barthélcmi s*en plaint vivement dans une lettre adressée au pape (Sudendorf, Berengariua Turonensisy p. 221, n° 14).