‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 9 sur 398 · PRÉFACE XI · texte numérisé non relu

PRÉFACE XI

L'Office du Saint-Sépulcre de Deaulicu^ publié d'après un bréviaire du xv® siècle par M. de Salies, en appendice à son Histoire de Foulques Nerra * , est tout à fait légendaire ; il est postérieur, et probablement de beaucoup, à la dernière rédaction des Gesta consulum Andegavorum, dont il transcrit de longs passages^. C'est un amas d'hislorietles sans valeur sur la fondation de l'abbaye de Beaulieu, près de Loches, et sur l'origine des reliques qui y étaient conservées.

Les chroniques tourangelles ne nous seront que d'un faible secours : à part les deux Chroniques de Saint-Julien de Tours^^ composées, l'une, celle en prose, dans la seconde moitié du xi® siècle, peut-être vers 1060, et l'autre, celle en vers, en partie à l'aide de la première, tout au début du xn? siècle*, ce sont des textes très postérieurs et dont nous connaissons d'ordinaire les sources -.

1. Cet office était connu des anciens historiens de Beaulieu, notamment de dom Gallandet d'Yve Gaigneron, qui y renvoient l'un et Tautre : pour le premier, voir les passages qu'en citent MM. de Salies, loc. cit,^ et Archambault, Hist, de Beaulieu, dans la Revue de P Anjou, t. XI et XII (1874), et l'article de M. d'Espinay dans Congrès archéologique de France, XXX VI^ session, Loches (1869); pour Yve Gaigneron, voir son ms. orig. à la Bibl. nat., ms. lat. 12662, fol. 105-127. Un extrait de l'office est copié aux fol. 102-103 du même ms. lat. 12662.

2. M. de Salies (Ilist. de Foulques Nerra, p. 493) n'en a pas moins prétendu que c'était un texte du début du xii" siècle, citant comme preuve cette phraôe de la quatrième leçon : « Et istud... nuper fuit divinitus apcrte monstratum anno ab incarnacione Domini millesimo ccntesimo undecimo. 1) Mais ce texte est tronqué; le voici tel qu'on le lit dans le bréviaire : « Et istud, prout in scliolastica narra tur hystoria, cuidam monacho Sancti Laurentii extra muros nuper fuit monstratum. Anno etenim ab incarnacione Domini millesimo ccntesimo undecimo... » (éd. de Salies, p. 513). Il est clair que ce nuper vient du texte copié ici par l'office et auquel il renvoie.

3. SaLmon, Recueil de chroniques de Touraine (Soc, archéol. de Touraine, Collection de documents, t. 1), Tours, 1854, in-8*», p. 220-256.

4. Voir notre Noie sur les deux chroniques de Saint-Julien de Tours dans Le Moyen Age, 2« série, t. VIII, 1904, p. 208-214.

5. On les trouvera dans le Recueil précité de Salmon. Nous signaleix)nB

Xll PRÉFACE

Pour l'histoire des relations de T Anjou avec le Maine et la Normandie, les principaux textes à consulter sont les Actes des évêques du Mans^y les Gesta Guillelmi ducis de Guillaume de Poitiers '^, VHistoria Normannorum de Guillaume de Jumièges ^ et VHistoria ecclesiastica d*Orderic Vital *, auxquels on peut ajouter quelques annales et notamment les annales anglo-saxonnes^. Les Actes des évêques du Mans sont, dans la partie qui nous intéresse, l'œuvre de clercs manceaux presque contemporains des événements : c'est dire la valeur de l'ouvrage, mais en laisser entrevoir en même temps la partialité.

simplement, comme fournissant une mention intéressante (à Tannée 1093) la Grande chronique de Tours (p. 64-161 de Téd. Salmon), composée au début du XIII* s. (voir Molinier, Sources de Vhist.de France, t. III, n<* 2515) d'après des sources en partie conservées et en partie perdues : la note de Tan 1093 est de ces dernières. La Chronique de Pierre Béchin {ibid., p. 1-63, a été écrite en 1137. Elle n'a pas, comme on l'a dit (Molinier, Sources de Vhist, de France, t. II, p. 79) « servi de base » aux annalistes angevins, mais s'est au contraire servie d'eux dans plus d'un cas.

1. Actus ponlificum Cenornannis in urbe degentium, éd. Bussoh et Ledru {Archives historiques du Maine, t. II), Le Mans, 1901, in-8°.

2. Publ. par Du Ghesne, Historiae Normannorum scriptores, p. 178-213. Cette édition est reproduite dans Mignc, Palrol. lat., t. CXLIX, col. 1216- 1270, et, pour la partie qui nous intéresse, dans les Ilist. de Fr., t. XI, p. 75-104.

3. Il n'existe pas encore d'édition critique de cet ouvrage : l'édition de Du Chesnc, Historiae Normann. scriptores, p. 215-317, donne, non le texte primitif, mais celui qui fut remanié successivement par Orderic Vital et par Robert de Torigny et qui est pour nous sans intérêt particulier. L'édition Du Ghesne a été reproduite dans Migne, Patrol. lat., t. CXLIX, col. 779-910, et, pour la partie qui nous intéresse, dans les IIist.de Fr., t. XI, p. 34-58. Mais il faut, en attendant l'édition annoncée par M. Lair, se reporter aux mss. de la plus ancienne rédaction (cf. la préface de Vlli^t. eccles. d'Orderic Vital, éd. Le Prévost et Dolisle, t. V, p. lxxiii-lxxiv) : nos citations seront faites d'après le ms. lat. 2769 de la Bibl. nationale.

4. Éd. Le Prévost et L. Delislo {Soc. de rilist. de France), Paris, 1838- 1855, 5 vol. iii-8«.

5. La dernière édition est celle de M. Plummer, Two of the Saxon chronicles parallel, Oxford, 1892, 2 vol. in-12.

PRÉFACE XIIl

Cette partialité toutefois n'est rien, comparée à celle de Guillaume de Poitiers, qui, dédiant vers 1075 son ouvrage à Guillaume le Conquérant, n'a rien trouvé de mieux que de faire un panégyrique éhonté de ce prince.

Ce défaut est moins sensible, mais non moins réel, chez Guillaume de Jumièges, qui dédia, lui aussi, son ouvrage à Guillaume le Conquérant. Cet ouvrage est d'ailleurs d'un emploi difficile : sa parenté avec les Gesta Guillelmi de(juillaume de Poitiers se remarque dès la première lecture et, si l'on va plus avant, il devient bientôt évident que, la plupart du temps, Guillaume de Jumièges ne fait que les résumer et quelquefois même assez maladroitement pour omettre des détails indispensables à l'intelligence des événements qu'il raconte ^ Il ne faut donc l'utiliser que pour les aits nouveaux qu'il a ajoutés au récit de son devancier *.

Quant à Orderic Vital, qui a utilisé en partie les deux auteurs précédents, il a écrit son ouvrage trop tardivement pour que de nombreuses confusions ne s'y soient pas glissées ; aussi ne doit-on le suivre qu'avec une extrême prudence.

Enfin, parmi les chroniqueurs anglais, si Raoul « de. Diceto » n'a fait, dans ses Abbreviationes chronicorum, que résumer certains passages des Gesta consulum Ànde-

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