‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 90 sur 398 · Bérenger Fliérésiarque. Voir ci-dessus · texte numérisé non relu

Bérenger Fliérésiarque. Voir ci-dessus

3. Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 221-222, n<» 14. Cettre letlrc, où il n'est pas fait allusion à la première déposition de Geoffroi le Barbu en avril i067 et qui est postérieure à la mort de Tévèque du Mans Bougrin (10 mai 1065), doit se placer, à ce qu'il semble, dans le courant de Tannée

4. Dans une lettre adressée un certain temps après Temprisonnement définitif de Geoffroi le Barbu (Sudendorf, op. cit., p. 222, n^ 15), Tévêque d'Angers Eusobe Brunon dit expressément que c'est pour mettre fin aux violences du comte que le pape a envoyé le légat Etienne : « Misisti enim ad nos proxime abacto tempore beali Pétri cardinalem Stephanum, qui vicem patcrnitatis luae suppleœt ascendendo ex adverso et murum opponcndo pro ecclesia Turonensi contra illum angelum Satanae transfigurantem se in angelum lucis, Josfridum dicimus, comitem junlorem illum Andogavensem. >»

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Dès ce moment, la situation de Geoffroi le Barbu était presque désespérée : le comté d'Anjou était à la merci de la première .attaque et si, à la fin de Tannée 1066, le comte de Rennes Conan, après avoir pris Pouancé et Segré *, n'était subitement mort devant Ghâteau-Gontier (décembre 1066) -, si, à la même

1. Cette prise de Pouancé et de Segré n'est connue que par Le Baud {Histoire de Bretagne, p. 157), lequel ne donne aucune référence et dont la source semble perdue : « Et premièrement mena son exercite devant le chastel de Pouencé, lequel luy fut rendu par Silvestre, seigneur d'iceluy cbastel et de la Guerche... puis après alla Conan assiéger Segré, qu'il print. » — Guillaume de Poitiers (/fi«^ deFr., t. XI, p. 89) semble croire qu'à ce moment Conan et Geoffroi étaient de partie liée contre Guillaume le BAtard ; mais il fait évidemment erreur, ou veut exagérer les difficultés avec lesquelles son béros se trouva alors aux prises.

2. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud : « Illo item anno (MLXVIÏ) comes Britannorum Conanus, juvenis et maliciosus, Andecavorum terram superbe pervasus, pervasioni suç ac superbie in ipsa Andecavorum terra subita morte prçreptus est » (Recueil d'annales angev. et vendôm,, p. 64, 87). Guillaume de Jumiéges [Hist. de Fr,^ t. XI, p. SO) précise en disant que c'est devant Château-Gontier que Conan est mort ; il attribue d'ailleurs cette mort à un crime commis à l'instigation de Guillaume le Conquérant et la place vers Tépoque du départ de ce dernier pour l'Angleterre, c'est-à-dire à la fin de l'année 1066. Cette date est confirmée par l'épilaphe de Conan (publiée dans Lobineau, Hist, de Bretagne, t. II, col. 117, et dans Morice, Mémoires pour servir de preuves à Vhist, de Bretagne, t. I, col. 427), qui fixe la mort du comte de Rennes en décembre 1066. Un fragment annalisticiue breton [Hist, de Fr., t. XI,' p. 413, n.) fait par erreur mourir Conan devant Craon. C'est cette erreur qui a dû être le point de départ de tout un petit roman bâti (peut-être aussi à l'aide de quelques récits légendaires) par Le Baud dans ses Chroniques de Vitré (publiées à la suite de VHist. de Bretagne, éd. d'IIozier, Pains, 1638, in-fol.) chap. XIlï, p. 11. Suivant cet auteur, l'origine de l'invasion de Conan serait la forfaiture commise parGuérin, seigneur de Craon, qui, désavouant son seigneur, le comte wd'Anjou Geoffroi Martel, fit hommage au comte de Rennes. H en résulta, dit-il, une guerre où Guérin appela à son secours le sire de Vitré, son gendre, et le comte de Rennes : Conan mourut à Craon en 1066 ; mais après sa mort, Guérin reprit la lutte et profitant de ce que Geoffroi Martel était occupé à Brissac, « entra en celle terre

époque, le duc de Normandie Guillaume n'avait été occupé à conquérir l'Angleterre, Tavenir de ce comté eût pu être sérieusement compromis. L'occasion était si favorable, que Foulque le Réchin jugea pouvoir tenter un coup de force et, le 25 février 1067, se rendit par surprise maître de Saumur *.

Quelques jours après, le légat Etienne arriva dans la ville et sous sa présidence s y tint un synode auquel prit part notamment larchevéque de Tours 2. Les prélats renouvelèrent l'excommunication prononcée contre GeofTroi le Barbu pour ses violences envers l'archevêque et Marmoutier 3, firent inviter

que Geoffroy avoit reprise après la mort de Conan et la brusla et destruisit du tout jusques à rArche d'Angiers ; puis de là se départant vint au port d'Espinay ». Guérin se laisse surprendre à Espinay (Epinaces), y est blessé morlellcment et expire à Craon, pendant que GeofTroi Martel entre dans la place, s'en rend maître et la donne à Hugue le Bourguignon. S'apercevant, dans son Histoire de BrelagnCy p. 157 et suiv., que GeofTroi Martel était mort depuis longtemps en 1066, Le Baud essaya d'arranger les choses en remplaçant partout le nom de GeofTroi Martel par celui de GeofTroi le Barbu. Ménage enfin, dans son Histoire de Sablé^ p. 121 et suiv., brochant sur le tout, a augmenté encore la confusion. En réalité, Le Baud a fondu deux choses distinctes : l^'la confiscation de Craon faite par GeofTroi Martel au profit de Robert le Bourguignon et aux dépens du fils de Guérin I" deCràon (beau-père de Robert de Vitré), Suhart le Jeune, accusé de forfaiture (les textes ne précisent pas quelle forfaiture), événement qui se place après 1041 et avant 1053 (voir Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. !•', p. 21) ; 2^ Finvasion de TAnjou par Conan en 1066. Les deux faits, faute de bien connaître Thistoire des comtes d'Anjou au moment où il rédigeait ses Chroniques de Vitré, lui auront paru tout d'abord contemporains et il les aura amalgamés ; plus tard, quand, en rédigeant son Hist, de Bretagne, il s'aperçut que le comte d'Anjou était GeofTroi le Barbu depuis 1060, il corrigea son premier récit sans recourir aux textes mêmes, mais en se contentant de relire assez rapidement ses Chron. de Vitré, auxquelles seules il renvoie.

1. Chron, de Saint-Maixent : « Eodem anno (MLXVII) traditio Salmuri castri factaest Fulconi, fratri Gaufredicomitis Andegavorum, prima dominica die quadragesime, V kalendas marcii » {Chron, des églises d'Anjou, p. 403).

2. Voir. la charte n<» 182 du Catalogue d'actes. La charte, donnée à Saumur le 11 mars 1067, est souscrite par plusieurs prélats et par le légat Etienne.

3. L'évêque d'Angers Eusèbc Brunon écrivant peu après l'emprisonnement de GeofTroi le Barbu en 1068, rappelle d'abord l'envoi du légat

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révoque d'Angers, qui n'était point présent *, à faire de même 2, et enfin, sans aller évidemment jusqu'à prononcer la déposition de Geoflfroi au profit de son frère, comme ce dernier le fit raconter plus tard ^, ils laissèrent carte blanche à Foulque, et s'inclinant même jusqu'à un certain point devant le fait accompli, souscrivirent une charte que celui-cï délivra alors de sa propre autorité et avec le titre de comte en faveur de Saint-Florent de Saumur (11 mars 1067) ^.

Fort d'un tel appui, Foulque le Réchin, qui s'était gagné des partisans parmi les plus puissants vassaux de son frère, marcha

Etienne, puis ajoute : « Flic ergo (Josfridus), conventus de abominabili vecordia sua,qua ma tri suae ccclesiae Turonensi manum injicere et, quanta erat, in tcrram detahere non veritus fuerat, nihilominus dctestabili pervasione beati Martini adortus ecclesiam, cum ad contemptum Christi domini et ecclesiae, paternitatis etiam tuae, qui ad revocandum a tanto sacrilegio illum mittcre non dissimulaveras, inrevocabilem se exhibuisset, ecclesiae communione privatus est a legato Romanae ecclesiae, a nobis etiam, Cenomannensi, Andegavensi atque Namnetensi episcopis » (Sudcndorf, Berengarius Turon.^ p. 222, n* 15). Dans une lettre écrite en 1094, Hugue de Die rappelle, de son côté, que GeofTroi le Barbu avait été excommunié par le légat Etienne pour sa conduite envers Marmoutier (Hist. deFr.j t. XIV, p. 791, et Car/ii/. de Saint-Laud d'Angers, éd, Planchenault, n« 16).

1. Il ne souscrit pas la charte n<* 182 du Catalogue d'actes déjà mentionnée p. 144, n. 2.

2. Eusèbe Brunon, dans la lettre citée p. 144, n. 3, dit expressément que Tévêque d'Angers excommunia GeofTroi.

3. Hugue de Die s'est fait Técho de ce bruit tendancieux dans sa lettre de Tan 1094 déjà citée p. 144, n. 3 : il dit en effet qu'il a appris « virorum probabilium, clericorum et laicorum, relacione » que « FulcOni huic principatus Andegavensis comitatus ab ipso legato ex parte sancti Pétri donatus erat » ; il ajoute d'ailleurs que Foulque avait reçu ce comté « ab avunculo suo Gauffrido ».

4. Catalogue d'actes, n^ 182. Nous avons montré dans notre Catalogue que cette charte, souscrite par Foulque le Réchin au moment où il venait de se rendre maître de Saumur, ainsi qu'il y est dit, ne saurait être du 11 mars 1068, n. st., comme l'a supposé M. Prou (V acquisition du Gâtinais sous Philippe /*', dans les Annales de la Soc, hist. et archéoL du Gâtinais, t. XVI, 1898, p. 180). Le légat Etienne dut quitter Saumur très peu après le 11 mars 1067, car dès le 1" avril, il était à Bordeaux {CartuL de la Trinité de Vendôme, éd. MéUis, n« 237).

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sur Angers, et le 4 avril, grâce à une trahison de Geoffroi de Preuillv, de Renaud de Chàteau-Gontier, de Giraud de Montreuil-Bellay et du prévôt Robert, prit la ville et se saisit de Geoffroi (4 avril 1067) *, qui fut jeté en prison dans le château de Sablé *.

En faisant excommunier Geoffroi le Barbu, le pape, lui au moins, n'avait pas entendu prêter la main à une dépossession : il enjoignit à Foulque de relâcher son frère. Foulque dut s'incliner devant cet ordre 3, peut-être parce que le clergé intimidé cessait dès lors de le soutenir. Dès le 16 juillet au plus tard, Geoffroi était de nouveau reconnu comme comte * ; l'entente était

1. Annales de Vendôme et Annales dites de Renaud : « Ipso iterum anno Gaufridus cornes junior, qucm Barbatum cognominaverunt, traditus est a suis Fulconi fratri suo et civitas Andecavis pridie nonas aprilis, IV ferla ebdomade que dicitur penosa, inter duo Pascha. Quam traditionem ultio divina tcrribilis celeriter subsecuta est : nam die crastina dominice scilicet cène anniversaria, ab Andecavina turba maligno spiritu turbata, miserabili nece peremptis tribus maximis auctoribus illius traditionis, Gaufrido videiicet de Pruilliaco, Rainaldo de Castro Gunteriî, Giraido de Monasteriolo quartoque capto ac non multo post simili modo mortuo, Rotberto scilicet ipsius Andecavis preposito, pluribus plures proinde, ut existimatio dédit, tribulati sunt ac mortui » {Recueil d'ann. angev, et vendôm,, p. 64, 87). Un abrégé du même texte se lit dans les autres annales angevines (iZ»û/., p. 5, 47).

2. Une charte du Cartul. du Ronceray, éd. Marchegay, n» 176 [Catalogue d'actes^ n° 210), nous le montre au sortir de sa prison de Sablé ; il ne peut s'agir que de Temprisonnemént de 1067, puisque après Temprisonnement de i068, Geoffroi le Barbu ne revint pas au pouvoir et qu'il fut du reste à cette date emprisonné à Chinon. Le fait que Geoffroi fut enfermé en 1067 à Sablé, château qui appartenait alors à Robert le Bourguignon (voir Bertrand de Broussillon, La maison de Craon, t. I, p. 20), prouve que ce puissant baron s'était lui aussi rangé au parti de l'usurpateur.

3. Voici, en effet, ce qu'il dit lui-même dans sa chronique (en reculant le début des hostilités dans une intention qu'il est facile de saisir : pour ne pas avoir eu l'air d'accepter comme légitime, fût-ce deux ou trois ans seulement, l'autorité de son frère) : « Quam tribulationem cum per annos octo protend issemus, guerram saepe facientes et interdum inducias habentes, cum etiam fratrem meum de vinculis ubi eum tenueram liberavissem jussu papae Alexandri... »{Chron. des comtes d'Anjou, p. 379).

4. En effet, une charte relatant un jugement prononcé par Robert le Bourguignon et publiée par M. Bertrand de Broussillon, La maison de

même officiellement rétablie entre les deux frères : car, dans im de ses actes, le 7 août, Geoffroi déclarait agir du consentement de Foulque, et nous les voyons tous deux, à cette date, soutenus par le roi, venir mettre le siège devant Chaumont-sur-Loire *, dont le seigneur, Sulpice d'Amboise, avait, semble-t-il, tenté, grâce à la situation, de se rendre indépendant ^.

Mais Taccord n'était qu'apparent : dès le début de Tannée 1068 au plus tard, la lutte reprenait ; Foulque, qui avait recruté de nouveaux partisans ^, s'étant rendu maître de Brissac, Geoffroi vint mettre le siège devant la place ; Foulque lui offrit le combat, mit son armée en déroute, fit prisonnier un millier de ses hommes, s'empara de lui une seconde fois et Tenferma dans un cachot du château deChinon(1068, vers le mois d'avril) ^.

Craon^ t. I, p. 37, n« 27, est datée comme suit : « Data est XVII kalendas augusti. Actum est hoc apud Credonense castrum, anno MLXVIl ab incarnatione Domini, indictione quinta, régnante Phillipo Francorum rege anno octavo, anno quoque Gosfredi comitis septimo, etc. •

i. Catalogue d'actes, n® 186, charte confirmée par le roi Philippe 1*' au siège de Chaumont.

2. Cela n'est qu'une hypothèse ; mais les Ges^a Ambaziensiurn [Chron. des comtes d'Anjou, p. 176) disent que pendant cette lutte entre Geoffroi et Foulque, Sulpice ne vint soutenir ni Tun ni l'autre : « Barbato Ernulfus, Fulconi Richin Fulcoius favebat, Supplicius neutri. »

3. Peu nombreux sans doute, étant donnée la manière dont Foulque le Réchin en parle dans sa chronique : «... cquitavi contra illum cum illis proceribus quos Dei clementia milii permiserat (Chron. des comtes d'Anjou, p. 379).

4. Ihid, : « Invasit me iterum idem frater, ponens obsidioncm circa quoddam caslrum meum quod vocabatur Brachcsac, ubi equitavi contra illum... et pugnavi cum eo campestri praelio, in quo eum, Dei gralia, superavi et fuit ipsc captus et mihi redditus et mille de civibus suis cum eo. ■ Foulque, qui écrit au début de Tan 1096, dit ensuite qu'il a tenu alors le comté pendant vingt-huit ans, ce qui date l'événement de 1068. Cette date est confirmée par les Annales de Vendôme, celles de Renaud et celles àG Saint-Aubin [Recueil d'annales angev. etvendôm,^ p. 5, 65, 87), représentant toutes une même source, et dont voici le texte le plus complet : « In sequenti anno (MLXVIIl), captus est item supradictus cornes Gaufridusa Fulcone fratre suo in bello publico ac Fulco in comitatum ab Andecavinis, vellent noient, receptus. » Enfin on peut préciser l'époque de Tannée où eut lieu la bataille de Brissac grâce à la lettre déjà souvent

Du même coup, le comté tout entier tombait entre ses mains ^ Mais GeofFroi le Barbu gardait encore des partisans, les grands feudataires du voisinage et le roi lui-même étaient menaçants, certains seigneurs enfin jugeaient Toccasion bonne pour se soustraire à la domination comtale : Foulque dut faire face à presque tous à la fois.

Le seigneur de Chaumont-sur-Loire, Sulpice, qui était en même temps le maitre de toute une portion d'Amboise et y possédait la forteresse de la Tour-de-Pierre, et son beau-frère Thibaud, seigneur de Rochecorbon, refusant de le reconnaître pour suzerain Foulque prit d'abord ses précautions en congédiant le gardien de son château d'Amboise (le Domicile), Ernoul, trop attaché à la cause de GeofFroi le Barbu, et en le remplaçant par un homme

citée d^Eusèbe Brunon, écrite au lendemain des événements, et où il est dit que la mort de Tarchevêque de Tours Barthélemi, survenue le 9 avril 1068 (Gallia christ., t. XIV, col. 63) fut de peu antérieure : «... non post multum tempus etiam gladio sensuali, divina in ipsum animadvertente justicia, omni sublimitate temporali et gloria, a fratre in prelio victus, exutus (est), archiepiscopo illo nostro Turonensi, cui utinam purgando tanta illa pei*secutionis fornax, Domino miserante, succensa fuerit, paulo ante hominis extrema experte » (Sudendorf, Berengarius Turonensis, p. 222, n° i5). Cf. Gesta consul, Andegav,, p. 139 des Chron, des comtes d'' Anjou, GeofTroi le Barbu resta enferme à Chinon jusqu^en 1096, date à laquelle Foulque le Réchin se décida à le remettre en liberté sur les instances du pape Urbain II (Orderic Vital, IX, 4, éd. Le Prévost, t. III, p. 477). A cette date, il était devenu fou. Voir la lettre écrite par Hugue de Die en 1094, à la suite d'une visite faite à Geo flfroi, dans les Hist, de Fr,, t. XIV, p. 791, et dans le Cartul. de Saint-Laud d'Angers, éd. Planchenault, n« 16. Le fait est attesté encore parles Gesta consulum Andegav., p. 141 des Chron, des comtes d'Anjou, et par Hildebert de Lavardin, dans sa vie de saint Hugue de Cluny (llist. de Fr,, t. XIV, p. 71).

1. « Proinde accepi civitatem Andegavem et Turonum et Lochas castrum et Lausdunum, quae sunt capita honoris Andegavorum consulum », dit Foulque dans sa chronique (Chron, des comtes d Anjou, p. 380). Dans une charte du 19 juin 1068 {Catalogue d^ actes y n» 211), Foulque se félicite

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tout à sa dévotion, nommé Renard Pourceau ^ ; puis avec l'aide de Bouchard, seigneurde Montrésor, et d'un puissant baron d'Amboise, Foucois de Thorigné, il commença la guerre contre Sulpice et son allié ^. Ceux-ci ripostèrent en dévastant tout le pays, de Loches à. Tours. Une trêve intervint ; mais Sulpice se laissa surprendre par Foulque àAmboise, dans le Domicile même y et la lutte reprit plus ardente que jamais, le comte assiégeant la Tour-de- Pierre^ que les gens de Sulpice défendaient vaillamment, pen- ' dant que Lisois, frère de ce dernier, tentait de faire diversion par des attaques répétées. Une paix fut faite : Sulpice, en échange de la Tour-de-Pierre, que le châtelain Evrard avait trop tôt rendue au comte, recevait une autre forteresse située près d'Amboise ^.

Cette paix n'était pas durable : Foulque ayant peu après requis contre le comte de Qlois le concours militaire de Sulpice, 'celui-ci allégua qu'il était lié envers Thibaud par son serment de vassalité et refusa encore une fois d'obéir. D'où un nouveau conflit : Foulque cherche à s'emparer de Sulpice; celui-ci, averti, se réfugie dans l'église Saint-Martin de Tours et de là à Rochecorbon, grâce à l'aide que vient lui prêter Salomon, seigneur de Lavardin, enfin va se retrancher aux environs d'Amboise en un lieu appelé Salgio, d'où il dévaste et pille tous les environs, de Indre au Cher et du Cher à la Loire, étendant même ses ravages depuis Tours jusqu'à Montrichard, dont le seigneur était Bouchard de Montrésor, et jusqu'à Saint- Aignan. Il lui fallut cependant faire sa soumission : la Tour-de-Pierre lui était restituée, à la condition qu'il serait désormais fidèle^ et poiu* répondre de sa fidélité, il donnait son fils Hugue en otage ^.

d'être enfin entré en possession du comté, qui, prétend-il déjà, lui revenait par droit héréditaire : « Fulco Andecavorum cornes, Dei gracia, propulsis adversitatibus et adepto principatu hereditario jure michi compétente donatione etiammei avunculi Gaufredi gloriose recordationis vin... » \. Gesta Ambaz. dominorum^ p. 176 des Chron, des comtes d'Anjou.

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