‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 91 sur 398 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Cet épisode de la lutte soutenue par Foulque le Réchin contre les barons qui refusaient de reconnaître son autorité est le mieux connu, mais il n*est pas unique ^ Ainsi Hardouin, seigneur de Trêves, après avoir soutenu l'usurpateur, se crut assez fort pour faire brusquement défection : mal lui en prit ; le comte vint mettre le siège devant son château, s'en empara, le détruisit de fond en comble et fit aveugler le rebelle (19 juin 1068) ^.

Quant aux voisins enfin, pour écarter leurs attaques ou leurs menaces, il avait fallu leur faire de nombreuses concessions: au roi il avait fallu céder le Gâtinais ^ ; au comte de Blois,qui, allié à Philippe I®*" et aux Manceaux, réclamait la mise en liberté de Geoffroi, il avait fallu prêter hommage pour la Touraine ^. Seul, le duc d'Aquitaine Gui-Geoffroi, qui, le 27 juin 1068, était venu incendier Saumur, put être repoussé ^.

i. Cf. le texte précité (p. 147, n. 4) des annales angevines, où il est dit que les Angevins se soumirent « vellent noUent », et le préambule de la charte citée p. 148, n. i (« propulsis adversitatibus »).

2. C*est ce que nous apprennent deux chartes {Catalogue cTacteSt n<^* 211 et 212), dont Tune, datée du 19 juin 1068, est donnée le jour même de la destruction de Trêves.

3. Gesta consul. Andegav., p. 139 desChron. des comtes d*Anjou,C{. Prou, L'acquisition du Gâtinais sous Philippe I^', dans les Annales de la Soc, hist, et archéol. du Gâtinais, t. XIV, 1898.

4. Gesta consul. Andegav., loc. cit. : « Fulco cum Stephano, hominagio sibi facto, concordatus... » Cf. ci>dessus, p. 48, n. 4.

5. Chron. de Saint-Maixent : « Anno MLXVIII, judicio Dei juste omnia judicans (sic), castrum Salmurum horribili incendio combustum est a Guidone comité Pictavorum cum ecclesia sancti Florentii sanctique Johannis Baptiste et sancti Pétri apostoli nichilque penitus remansit de toto suburbio ejusdem castri cum domibus extra et intra murum degentibus quod non incenderetur, V kalendas julii « (Texte du ms. de la Bibl. nat., lat. 4892, très inexactement reproduit pour ce passage dans les Chron. des églises d'Anjou, p. 404). Par un acte du mois d'août 1074 (Ca/a/o//ue d'actes, n® 227), Foulque le Réchin fait une restitution à Tabbaye de la Trinité de Vendôme en exécution d'un vœu fait par lui peu avant, lors d'une bataille livrée contre les Poitevins et dont il était sorti victorieux. C'est évidemment aux événements deFan 1068, et non, comme le croit M. Richard (Hist. des comtes de Poitou^ t. I, p. 285, note), à la bataille de Chef-Boutonne, de treize ans antérieure, que cette charte fait allusion. C'est ce qui nous fait dire que l'attaque de Gui-Geoffroi fut repoussée.

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De toutes ces luttes, TAnjou sortait diminué et épuisé : au témoignage de Foulque lui-même, le pays n'était plus que ruines ^

i. Dans le préambule d*une de ses chartes du 19 juin 1068 (Catalogue <r actes j n** 211), Foulque parle en cfTetdes biens u quondam bene statuta in terra nostro dominatui mancipata, sed mundi conturbationibus nunc pêne destructa. » L^auteur de la rédaction primitive des Gesta consulum Andegav. dit de même que Foulque fit prisonnier son frère en 1068, « deleta pêne Andegavia etTuronia » (Chron. des comtes d'Anjou, p. 139).

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