‹ Le comté d'Anjou au XIe siècleChapitre 95 sur 398 · Voir ci-dessus, p. 117, n.2, et p. 57, n · texte numérisé non relu

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2. Aucun acte, à notre connaissance, ne donne à Josselin de Rennes le titre de seigneur de Beaupréau; mais nous savons d'une manière expresse que son fils Ilamclin et son petit-fils Girois, seigneurs de Beaupréau, étaient ses héritiers (voir notamment CartuL Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n<> 242). Josselin de Rennes paraît en 1014-1027 dans la charte n^ 4 du même CartuL Saint-Aubin, Il mourut avant 1028 : car dans une charte antérieure h cette date, on voit son fils Girois faire une donation à Saint-Aubin pour le repos de Tàme « de son père Josselin de Rennes dont le coips est enseveli dans le cimetière de cette abbaye >i {CartuL Saint- Aubin, n^2H), U ne peut donc figurer en 1037 parmi les témoins d'un auti*e acte de Saint-Aubin (ibid,, n* 1 ; n^ 53 du Catalogue d'actes). Josselin de Rennes avait épousé une certaine Gondrade (CarluL Saint-Aubin, n°241), dont il eut trois fils : Gautier, mort jeune avant 1028 (ibid.), Girois, que nous avons vu faire une donation à Saint-Aubin d'Angers entre les années 1007 et 1027, alors qu'il avait succédé à son père (ibid.) ci qui fut tué par les gens du vicomte de Thouars un peu avant 1028-1029 [CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n^ 125), et enfin Hamelin, lequel eut quelque peine h obtenir de Foulque Nerra l'investiture du fief rendu vacant par la mort de son frère Gii*ois [ibid.). Cet Hamelin, qui entra en possession de la seigneurie en 1028-1029, est expressément qualifié « de Beaupréau » (ibid,, n^ 175]. Son fils Girois de Beaupréau devait lui succéder dès 1062 (au plus tai*d) : voir pour cette date une charte du 1*' CartuL de Saint-Serge, fol. 25, copiée dans la Coll. dom Housseau, vol. II*, n" 655, et le Livre rouge de Saint-Florent de Saurnur, fol. 20; voir aussi le CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n»* 263, 264, 265 (ann. 1060-1067), et n» 242 (ann. 1077) et le CartuL du Honceray, éd. Marchegay, n®» 93, 94, 175 (ce dernier numéro indique bien la filiation avec Hamelin I"' de Beaupréau).

3. Sebrand I*' de Chemillé portait l'étendard du comte h la bataille de Pontlevoy (1016), où il fut tué (Histoire de Saint-Florent, p. 274 des Chron.

164 LE œMTÉ d'ainjou

sons de Montsoreau^ avec Gautier de Montsoreau^, de Blaison, avec .Thibauâ P''^, de Montjean, avec Aubri de Montjean 3, de

églises d'Anjou), Pierre I**^ de Ghemillé se dit expressément son fils dans une charte des années 1032-1064' pour l'abbaye de Marmoutier (copiée par Marchegay : Bibl. nat., ms. fr. nouv. acq. 5022, f® 6). Ce Pierre I*' est mentionné, en outre, avant la mort de Foulque Nerra, en 1040, dans les Charles relatives h la fondation de la Trinité de Vendôme [CartuL de la Trln. de Vend.^ éd. Métais, n°* 35 et 40); nous avons eu Toccasion (p. 104, n. 1) de parler brièvement de ses successeurs. Les seig^neurs de Ghemillé, h la fin du xi* siècle, avaient une vraie cour. Voir leschartes des cartulaires de Ghemillé copiées par Marchegay (Bibl. nat., ms.fr. nouv. acq. 5022) et notamment une charte de Tan 1093 (ibid., t** 21-22) où Pierre II de Ghemillé apparaît entouré de deux sénéchaux, d'un chambrier et d'un bouteiller.

1. Sous GeofTroi Martel, Guillaume I""", seigneur de Montsoreau, se dit fils de Gautier I"' de Montsoreau (copie du CartuL de Bourgueil, fol. 168 r®, dans Goll. dom Housseau, vol. II*, n° 512).

2. Thibaud I" de Blaison apparaît dans une notice (n® 178 du Carlul. de Saint-Aubin, éd, Bertrand de Broussillon) racontant qu'en 1014, abbé laïque de Saint-Lézin d'Angers, il ravageait les terres appartenant en commun à cette maison et à Saint-Aubin (Gf. CartuL de Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon, n®* 922, 923). On y apprend qu'il eut pour successeur son fils Thibaud II, cité en 1040 au n® 35 du CartuL de la Trin.de Vend., éd. Métais (il apparaît aussi au n<* 1 du CartuL de Saint- Aubin, daté 1037 ; mais cette date est fausse : voir n® 53 du Catalogue d'actes). G'est vers 1050 que celui que la notice citée ci-dessus appelle le « tertius hères » du fief succéda àThibaud II : il s'appelait Éon (Eudo) : voir CartuL delà Trin. de Vend,, éd. Métais, n°» 88, 95 ; CartuL du Ronceray, éd. Marchegay, n°175 ; charte de Marmoutier dans Marchegay, Archives d'Anjou, II, p. 2, etc.

3. Aubri I*''' de Montjean apparaît encore comme simple fidèle du comte en 990-1011 (Catalogue d'actes, n° 21) ; Wéiaiït seigneur de Montjean quelques années après, au temps de l'abbé de Saint-Florent Giraud de Thouars (1013-1022),dont il obtint l'église de Ghâteaupanne (ci-dessus, p. 157, n. 4). Une charte des années 1019-1031 (Catalogue d\ictes, n® 49) nous le montre érigeant en collégiale l'église Notre-Dame de Loudun. Il est cité en 1040 dans les chartes relatives à la fondation de la Trinité de Vendôme (CartuL Trin. de Vend., éd. Métais, n®* 35, 40) et dans une charte du Livre noir de Saint-Florent de Saumur, f« 28 v°. Il est encore cité entre lesannées 1040 et 1046 dans une charte du CartuL de Saint-Nicolas copiée dans la Goll. dom Ilousseau, vol. II*, n° 593 ; mais en 1062, ni lui ni son successeur Pierre I*^' n'étaient plus en vie (charte de Marmoutier dans Marchegay, Archives dWnjou, t. Il, p. 75). — On trouvera (juelques bons détails sur les seigneur.-» de Montjean dans les Notes sur Montjean publiées par un anonyme dans la Revue de V Anjou, nouv. série, • t. XXI (1890) etsuiv.

Craon, avec Suhard le Vieux ^, de Jarzé, avec Thibaud P' 2, de Rillé, avec Erard le Prévôt 3, de Thouarcé, avec Gazon *, pendant que sur les domaines des comtes de Blois dont la conquête de 1044 avait amené la réunion à F Anjou étaient apparues parallèlement, à Textrême fin du x® siècle, avec Corbon I®', la maison de Rochecorbon'^ et, au début du xi® siècle, des maisons comme celles de Maillé ^, de Ghaumont-sur-Loire ^, de Ghâteaurenault ^, de TIsle-Bouchard ^.

1. Bertrand de Broussillon, La maison de CrsLon, t. I, p. 18 et Angot, Dictionnaire de la Mayenne, t. I, v^Craon. Suhard apparaît vers 1010.

2. Voir, entre autres, des mentions de Thibaud I*'''au n° 301 du CartuL du Bonceray^ éd. Marchegay (1040-1060), au n® 287 du CartuL dû Saint-Aubin, éd. Bertrand de Broussillon (1047-1067), au n° 157 du Catalogue d'actes (1060), aux n°*ir)7 et 158 du CartuL Trin. de Vendôme, éd. Métais (1062).

3. Voir Marchegay, Archives d'Anjou, t. II, p. 28-30 (1063). Érard était prévôt de Tours (cf. Arch, d'Anjou, t. II, p. 31 et p. 34) ; il eut pour fille Marca, qui épousa Geoffroi Papebeuf.

4. Isembard l'^'de Thouarcé, qu'on trouve à partir de J 060 environ, était fils de Gazon, comme nous Tapprcnd une charte des années 1055-1068, débutant ainsi : u Ego Isembardus Toarciaci dominus, Gathonis filius... » {Livre blanc de Saint-Florent de Saumur, fol. 17-18 r®).

5. Corbon apparaît d'abord con;ime simple fidèle du comte de Blois en 984, dans une charte du CartuL tourangeau de Marmoutier, fol. 76 v®, copiée dans la Coll. dom Housscau, vol, XIP, n° 6719. Le 15 février 999, on le voit installé dans son château des Roches (charte orig. dje Bourgueil, Archives d'Indre-et-Loire, H 24, n^ 16). Il vit encore en 1014 (voir Lex, Eudes de Blois, CdiiBio^Me, n<> 26), mais dès 1015-1023 est remplacé par son fils aîné Ardouin (Lcx, ibid,, pièce justif. n° XIII).

6. Joubert I**" de Maillé apparaît dès 1034-1037 (Lex, ibid., pièce justif. n° XXIII). Son fils aîné Ardouin est cité comme seigrteur en 1040-1047 au n^ 88 du Catalogue d*actes et dans une charte par laquelle il fait, avant de mourir, un don auquel son frère et successeur désigné Gcudouin consent (charte orig. de Marmoutier, Archives d'Indre-et-Loire, II 292. Cf. deux notices postérieures de Marmoutier copiées pour Gaignières dans le ms. de la Bibl. nat., lat. 5441*, p. 384^ et 384<*-385). Geudouin, cité comme seigneur de Maillé dans une charte do Marmoutier dont Toriginal a été copié dans la Collect. Moreau,à la Bibl. nal., vol. 23, fol. 177, est dit récemment défunt dans une charte de Tan 1062 [Livre des serf^ de Marmoutier ,éd, Salmon,n*66).

7. C'est Eude II de Blois qui inféoda Chaumont à Geudouin de Saumur après 1026 (HisL Saint-Florent, dems les Chron, des églises d'Anjou, p. 280).

8. Le premier seigneur que nous connaissions est Guicher I*^', dépossédé en 1044 : voir ci-dessus, p. 49, n. 2. Le récit qu'on trouve dans les dej'nières rédactions des Gesta consulum Andegav. [Chron. des comtes d Anjou, p. 124-125) est un pur roman.

9. Le premier seigneur connu est Ilugue l^^", qui vivait au temps de

Il était inévitable que les fidèles du comte, en prenant pied dans tous ces châteaux, qu'ils se transmettaient d'ordinaire de père en fils et qui leur assuraient la domination du plat pays environnant, arrivassent au bout de peu de temps à ime force dangereuse *, et cette menace s'était réalisée d'autant plus vite que les seigneurs châtelains avaient de bonne heure tendu à ne contracter d'alliances qu'entre eux et à former ainsi une caste à part.

Qu'on observe, par exemple, ce qui s'était passé dans la région d'Amboise, pour laquelle nous avons dans les Gesta Ambaziensium dominorum un guide fort précieux et d'une grande exactitude depuis le milieu du xi*^ siècle. Lisois d'Amboise, un vassal du comte que Ton voit apparaître à l'époque de Foulque Nerra, avait eu deux fils et trois filles : Tune des filles avait épousé le seigneur de Montrésor, Bouchard ; une autre, le seigneur de Rochecorbon, Thibaud ; une troisième, un grand baron d'Amboise, Foucois de Thorigné ; enfin le fils aîné avait épousé la nièce et héritière de Geoffroi de Chaumont-sur-Loire -. Ailleurs, on avait vu Thilde, fille de Joubert de Maillé, épouser GeolTroi le Fort, seigneur de Trêves 3. Une série d'alliances du

Foulque Nerra, qu'on trouve cité notamment, en 1032-1037, au n° 37 du CartuL de Cormery, éd. Boupassé, et qui est dit défunt depuis assez longtemps dans une charte des années 1040-1045 du CartuL tourangeau de Marmoutier, fol. 172 v®, copiée dans la Coll. dom Rousseau, vol. IP,no 450, et éd. dans Métais, CartuL de la Trin. de Vendôme, n® 399. Les indications données par Carré de BusseroUe, Dictionnaire d'Indre-et-Loire, t. III, p. 363 et suiv., qui font remonter la maison de l'Isle-Bouchard à 887, paraissent tout à fait fantaisistes.

1. Sur la force que le château assurait aux vassaux, voir Guilhiermoz, Essai sur Voriginede la noblesse en France, p. 143.

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