CHAPITRE XII
Les habitants de Valenciennes sont déclarés rebelles au roi. — Des députés viennent trouver le comte d’Egmont à son château de Gacsbeek. — Le comte répugne à prêter le nouveau serment demandé parla régente. — U se rend dans la Flandre, prescrit le désarmement des religionnaires, mais refuse d'employer la force pour interdire les prêches. — Lettres échangées avec la régente au sujet du nouveau serment. — Philippe II ne veut pas que le commandement de l'armée soit confié au comto d'Egmont et cherche de nouveau à endormir sa méfiance. —Des lettres rassurantes sont également envoyées d’Espagne au comte de Hornes.— Relations du comto do Homes avec le prince d’Orange et les consistoires des églises protestantes. — Résolutions prises dans une assemblée tenue au château de Rreda. — Le comte d’Egmont refuse de s’y associer. — Conséquences do cette détermination. — Le comte d’Egmont prête le nouveau serment. — Entrevue à Malines avec le comte de Hornes. — Lettre justificative adressée par le comte d’Egmont à Philippe H. — Il propose an conseil d’Ètat de combattre les bandes calvinistes qui, sous Jean de Marnix, étaient venues s’établir à Austruweel, près d’Anvers. — Siège de Valenciennes ; le comte d’Egmont au château de Beuvragcs. — Le comto de Hornes soupçonné d’avoir favorisé la rébellion de Valenciennes. — Le prince d'Orango prend la résolution de se retirer en Allemagne. — Dernière entrevue du comte d'Egmont et do Guillaume de Nassan à Willebroeck. — Le comte d'Egmont insiste pour que le roi vienne dans les Pays-Bas. — Philippe II enjoint au comte de Horne9 d’ajouter foi à tout ce que le duc d’Albe lui mandera de sa part. — Le comte do Hornes prête le nouveau serment. — Conseils adressés par le baron de Montigny à son frère. — Le seigneur de Billy, revenu de Madrid, engage secrètement le comte d’Egmont à se mettre hors de l’atteinte des Espagnols. — Egmont refuse do s’expatrier. — Protestations trop obséquieuses. — L'hypocrisie de Philippe II l'emporte.
Profitant habilement des circonstances, la régente avait résolu d’introduire, de gré ou de force, des garnisons catholiques et royalistes dans les villes où les protestants dominaient. Elle tenait surtout à reconquérir Valenciennes, qui était comme le boulevard de la réforme dans les provinces wallonnes. Par une proclamation du 28 novembre, Moulbais avait fait savoir aux habitants de Tournai que la régente était avertie de l’intention des Valenciennois de célébrer la cène malgré leurs promesses antérieures : défense était faite « à tous manants et habitants