CHAPITRE XV
Défaite et mort du comte d’Arenberg à Ueyligerlée. — Le duc d’Albe, impatient de se rendre en Frise et craignant un mouvement populaire en faveur des comtes d’Egmont et de Hornes, ordonne Je terminer leur procès. — Ils sont déclarés forclos. — Nicolas de L&ndas, procureur du comte d'Egmont. — Les comtes d'Egmont et de Hornes sont ramenés à Bruxelles et conduits dans la Maison du Itoi. — Sabine de Bavière et ses filles. — Le duc d’AIbo fait connaître au conseil des Troubles les résolutions de Philippe II. — Jacques Hessele est chargé de rédiger les sentences — Trouble et hésitations du duc d’Albe; il se dit contraint d'exécuter les ordres de Philippe IL — Il signe les sentences de mort. — Martin Rithore, évêque d^Y près. — Il est chargé par le duc d’Albe d’assister le comte d’Egmont. — Gislus de Vroede, curé de la Chapelle, remplit le même office près du comte de Hornes. — Derniers moments des deux seigneurs. — Entretiens du comte d’Egmont avec l’évêque d*Ypros ; lettre qu’il adresse au roi. — Protestations du comte de Hornes; son testament. — Le comte d’Egmont ol le comte de Homes sont décapités sur le Marché de Bruxelles, et leurs têtes attachées sur des crochets de fer. — Consternation du peuple; cris de vengeance. — Anxiété dans les villes environnantes; attroupements à Matines.— Honneurs rendus aux dépouilles des seigneurs décapités par la bourgeoisie de Bruxelles. — Le comte d’Egmont est enterré à Sottegem, et le comte de Hornes à Weert. — La comtesse d’Egmont réfugiée au couvent de la Cambre. — Philippe II dissimule sa joie. — Intervention tardive et sollicitations de la maison palatine. — Cri d'indignation en Allemagne contre le duc d’Albe. — Supplice de Beckerzeel et de Jean Beausart.— Élévation d’Alonsede Laloo. — Protestations véhémentes du prince d’Orange; il annonce la résolution de venger les comtes d'Egmont et de Homes.
— Il rappelle leur supplice dans son Apologie. — Les États-Généraux, en 1381, rappellent aussi la mort des comtes d’Egmont et de Hornes pour justifier la déchéance de Philippe IL
— Conclusion.
Le chevaleresque Louis de Nassau, qui venait de pénétrer en Frise, avait inscrit sur ses étendards ces mots vengeurs : Recouvrer ou mourir. Il remporta, le 23 mai, près de l'abbaye de Heyligerlée, une victoire complète sur les troupes royalistes commandées par le comte d’Arenberg. Ce valeureux capitaine, un des plus fermes soutiens de l’autorité de Philippe II,