LE COMTE D’EGMONT
LE COMTE d’eGMO.NT ET LE COMTE DE HORNES.
hors des portes, il vit plus de trois cents bourgeois qui étaient là, impatients de connaître la vérité (1).
On raconte, d’après d’anciens annalistes de Bruxelles, que, vers quatre heures, les dépouilles des seigneurs décapités furent portées au couvent de3 Récollets sous l’escorte du «Grand Serment. » Le clergé de Sainte-Gudule, accompagné de bourgeois notables et suivi d’une grande affluence, alla ensuite chercher les cadavres au couvent des Récollets et les transporta à l’église collégiale (2).
Les dépouilles du comte d’Egmont, transférées de l’église de Sainte-Gudule au couvent de Sainte-Claire, y furent embaumées. La multitude se pressait dans l’église de ce couvent : on vit môme des adversaires secrets de la tyrannie espagnole embrasser, en versant des larmes, le cercueil du comte d’Egmont comme s’il eût contenu des reliques. Le cercueil de l’infortuné comte de Hornes, resté à l’église de Sainte-Gudule, n’attirait point cette affluence (3).
Les restes du comte d’Egmont furent enfin transportés dans le bourg de Sottegem, en Flandre, où ils reçurent la sépulture. Le corps du comte de Hornes, après avoir été embaumé, fut enseveli dans l’église de Saint-Martin à Weert (4).
(1) Morillon à Granvcllc, 7 juin 1568 (Papiers de Granvelle à Besançon).
(î) Morillon écrit le 7 juin : « Je veis plus de deux cents personnes plorer, lorsque les deux corps furent apportés devant hier à S" Goule. » (Papiers de Granvelle à Besancon.)
(3) Alf. Ulloa, Commentari, etc., p. 39. — Brantôme dit la même chose : « La grande amitié que le peuple portoit audit comie d'Egmont et l’excessive douleur que chacun avoit conçue de sa mort fut telle que plusieurs allèrent à l’église Sainte-Claire où gisoit son corps, baisant le cercueil avec grande effusion de larmes, comme si ç’eussenl esté les saints ossements et reliques de quelque saint ; et tous d’un accord prioient pour le repos de son üme : ce qu’on ne (lt pas pour l’autre comte, lequel estoit à la grande église. »
(4) M. Aitsinger s’exprime en ces termes : « Corpus comitis Egmondani, in monasterio S. Clarté Bruxellœ positumest,primùm inplumbeo loculo, posteà avectum, in oppido suo Soltegliem, humalum est in Flandria : Comitis vero Ilornensis cadaver, in ejus comitatu sepullum, in Campinia Brabantiœ. » De leone belgico, p. 83.