CHAPITRE XV
On crut longtemps, même parmi les anciens collègues des illustres suppliciés, que le mestre de camp Julian Romero avait pris les têtes des comtes d’Egmont et de Homes et les avait jetées on ne savait où, si même le gouvernement espagnol ne les avait pas gardées (1). Mais c’était là une fausse rumeur. Les têtes furent mises dans les cercueils avec les cadavres (2).
(1) Geronimo de Roda au roi, Bruxelles, 18 mai 1S7G. Correspondance de Philippe II, t. IV, p. 141.
(ï) La sépulture du comte de llornes fut découverte en novembre 1839 et visitée dans un des caveaux de l’église de Saint-Martin, à Weert. Le squelette était intact : le crâne se Iroucait placé sur la poitrine. A gauche du squelette et à côté du cercueil était déposée une urne en étain hermétiquement fermée. Cette urne contenait le cœur du comte. Sur le cercueil on lisait ces mots -Ileer en Grave van Hoorne... 2G juny 13G8. Le reste de l'inscription était Indéchiffrable.
Trente-cinq années auparavant, le 17 octobre 1804, on avait ouvert pareillement, en présence des autorités laïque et religieuse, le caveau placé au milieu du chœur et au dessous du maître-autel de l’église de Sottegem en Flandre. On y remarqua deux cercueils de plomb posés sur des grilles de fer dont celui du côté gauche contenait un cri ne et d’autres ossements. A l’extérieur du second on trouva trois boîtes de plomb en forme de cœurs, dont le premier, placé en tète, l’autre au milieu et le troisième au pied, portaient les inscriptions suivantes :