BOÎTE PLACÉE AU PIED
« Le cœur de messire Charlles comte d’Egmont prince de Gavre chlr de l’ordre gouverneur et cap. general de Namur décédé à la Haye en üollande le 18 janvier 1GÎ0.
Sur la plaque de cuivre attachée par un clou au cercueil, on lut :
« Ci gist Sabine palatine du Rhin ducesse en Bavière princesse de Gavre, comtesse d’Egmont, femme et epeuse de feu monseigneur Lamoral d’Egmont en son temps prince dudit Gavre et comte d’Egmont et laquelle décéda en Envers [Anvers] le XIX juillet et V LXXVIII. Prie z Dieu pour son âme .... »
Quant à Walburge de Nuenar, la veuve du comte de Dômes, elle épousa
La comtesse d’Egmont, après la décapitation de son mari, avait fait placer un blason funèbre sur la porte de son hôtel. Le duc d’Albe ordonna d’enlever c.et emblème. C’était d'ailleurs par une innovation monstrueuse, et comme pour faire plus d’ignominie aux illustres représentants de la noblesse des Pays-Bas, qu’il avait enjoint d’attacher sur des pieux les têtes des comtes d’Egmont et de Hornes (1). Il ne s’en tint pas là. Les domaines des deux victimes furent adjugés au fisc et on brisa les armoiries qui se trouvaient sur les portes de leurs villes, de leurs châteaux et de leurs hôtels. Les meubles, la vaisselle, les tableaux qui décoraient l’hôtel d’Egmont à Bruxelles et le château de Gaesbeek, furent exposés en vente publique par les agents du fisc. La veuve du vainqueur de Gravelines, expulsée de l’hôtel d’Egmonl et obligée de chercher un asile au couvent de la Cambre, vécut pendant longtemps des aumônes que lui faisait le duc d’Albe, aumônes prélevées sur la recette générale des confiscations pour cause des troubles. Il fut même permis un peu plus tard à un membre du conseil des Troubles, à l’un des promoteurs de l’horrible sac d’Anvers, à l’orgueilleux Roda d’occuper la demeure où avaient vécu les descendants des ducs de Gueldre et de la maison palatine. Quant au duc d’Albe, il fît faire une tapisserie sur laquelle il était représenté soutenant la couronne qui chancelait sur la tête de Philippe II, et foulant aux pieds les comtes d’Egmont et de Hornes (2).
Philippe II eut au moins la pudeur de dissimuler sa joie. Il témoigna combien un si terrible châtiment lui aurait répugné s’il n’avait été obligé de faire son devoir. Il ajouta qu’il était content d’apprendre que les deux seigneurs étaient morts en catho-
en seconde noces son cousin Adolphe, comte de Nuenar, dit le comte de Meurs, gouverneur du pays de Gueldre pour les États-Généraux en 1583. Elle mourut à Ulrecht, le 25 mai 1600, longtemps apres son second mari. Par son testament daté du 28 octobre 1594, elle légua son comté de Meurs et autres biens à Maurice de Nassau, « à charge, disait-elle, que S. E. avancera que les habituas dudit comté soient maintenus en la religion chrétienne réformée et en leurs franchises et libertés. »
(1) Cette réflexion est empruntée à une brochure publiée en 1579.
(2) Correspondance de Philippe 11, t. III, p. 40.