Prévôts et baillis. — 2. Les ministeriales de villages
1. — Nous ignorons quelles étaient les divisions administratives du Barrois aux xI° et xu° siècles. À coup sûr, il n'existe pas de vicairies. Les voyers « vicarii », personnages
) B- N. fr. 11853, f 14.
4) B. N. fr. 11853, fo 176.
(5) Le duc de Lorraine en possède également un «€ magistro Roberto, phusico nostro ». E. Duvernoy, Catalogue des actes des ducs de Lorraine, n° 212.
importants de l’époque carolingienne dont on voit le nom sinon la fonction subsister ailleurs, sont inconnus dans le Barrois (1). Quant aux prévôts, nous avons le nom de plusieurs d'entre eux (2), ils apparaissent dès le règne de Louis (); mais il est impossible de dire quelle était leur fonction et à plus forte raison l'étendue des circonscriptions sur lesquelles ils exerçaient cette fonction (4). Enfin, chose étonnante, le titre de prévôt disparaît complètement à partir du second quart du xu° siècle dans les souscriptions des chartes. Sa charge a sans doute alors perdu en importance. à
Le prévôt reparaît au xrm° siècle et cette fois, c’est un véritable agent administratif d’une circonscription bien déterminée : la prévôté ou châtellenie. Le prévôt barrois ne diffère pas de son collègue français; comme lui il appartient aussi bien à la bourgeoisie qu'àla noblesse, commeluiil a des pouvoirs administratifs et judiciaires, comme lui il est un agent payeur et percepteur. Nous allons en retrouver quelques-uns dans ces différents rôles. Le prévôt qui scelle et enregistre des actes nombreux est aidé dans ce rôle par les gardes du scel de la prévôté, analogues aux gardes du scel dela comté.
Le bailli apparaît dans le Barrois aux environs de 1240. L'accord conclu à cette époque entre le comte Thiébaut et l’évêque de Verdun indique nettement, qu'il y avait des baillis dans le Barrois dès le règne d'Henri I (). Supérieur aux prévôts, le baïlli a des pouvoirs plus étendus. À vrai
(1) Cf. Halphen, Prévôts et voyers, dans Moyen äge, 1902, p. 297 et sq.; F. Lot, Nouvelle Revue historique de droit (1891), XVII, p. 281; R. Latouche, Histoire du comté du Maine, B. E. P. H. E. (183), p. 75.
(2) Il y a lieu de distinguer entre le prepositus ecclésiastique dont le nom est synonyme de prieur et le prévôt laïc. Nous n'avons retenu que les noms de ceux qui étaient nommés parmi les « laïei » ou lesi« nobiles ».
(3) En 1068 (Aubry), Cart. de Saint-Mihiel, édit. A. Lesort, n° 37,
(4) Un accord de l’abbaye de Saint-Mihiel a été conclu pour les formariages entre le prieur du Vieux Moutiers et la prévôté de la Woëvre en 1135, Cart. de Saint-Mihiel, n° 81.
(5) N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 22. « E est assavoir que ses peres (Henri) ne seu prevost ne seu bailli », etc.
dire, nous n'en connaissons parfaitement qu'un seul au xu* siècle : Asselin de Bouconville et nous nous sommes suffisamment étendu sur son compte pour faire connaître ses attributions.
Combien y avait-il de bailliages dans le Barrois au x siècle? Il semble qu'il y en ait eu trois : nous avons en effet outre Asselin, baiïlli de Saint-Mihiel, la mention d'un bailli de Bar en 1246 (1) et en juillet 1255 (2) et celle de Paillard, bailli de Mousson (3). Mais le nombre et la circonscription des baïllis a dù varier; nous ne connaissons pas, en effet, de successeur à Asselin — qui mourut en 1285 — avant le xrv° siècle. D'autre part nous savons que le bailliage de Mousson disparut par la suite et ne fut rétabli qu’en 1641 (4). Quant au bailliage de Bar, nous savons le nom de quelques titulaires Husson de Verdun, ancien prévôt en 1281 (5), Thomassin également ancien prévôt (6) qui eut pour successeur Jacques, bailli de Bar en 1302 (1.
Les prévôtés sont mieux connues que les bailliages. Celle de Bar a dû se confondre à l’origine avec la châtellenie et comprendre au x siècle ce qui sera plus tard le bailliage de Bar, c’est-à-dire les prévôtés de Bar, Pierrefitte, Souilly, Louppy-le-Château, Ancerville, Stainville, Montiers-sur- Saulx, Morley (8) et Ligny. Nous connaissons Jean de Briey qui fut prévôt de Bar en 1238 (9, Husson de Verdun, prévôt en 1271 (9), Pierre de Neuville, prévôt entre 1271 et 1281 (10), où il scelle un acte le 17 octobre (11), Thomassin entre 1282
(1) A. M. H. Evaux, Cartulaire.
(2) A. Jacob, Cart. de Sainte-Hoïlde, n° 42.
(3) Vassal de Garin de Nonsard, A. Lesort, op. cit., n° 56.
(4) Ch. Aimond, Dénombrement du duché de Bar, p. 67, n° 7.
(5) A. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 84.
(6) N. de Wailly, op. cit., n° 317.
(7) B. N. Coll. Lorr. 982, fo 26. Il faut ajouter Jean de Revigny, bailli en 1287.
(8) Fief du comte en 1257; N. de Wailly, op. cit., n° 63.
(9) A. Meurthe-et-Moselle, B. 371.
(10) A. Jacob, op. cit., nos 70, 63, 67.
(11) Znv. de Lorr., t. 6, fo 559.
et 1288 (!), enfin Jean Rocignon qui fut prévôt sous Henri III (2).
La prévôté de Saint-Mihiel est la plus anciennement connue du Barroiïs, car, il semble que les prévôts laïcs cités par le cartulaire de l’abbaye dès le xr° siècle devaient être prévôts de Saint-Mihiel ). La prévôté devait comprendre au xunr° siècle les futures prévôtés de. Saint-Mihiel, Mandres, Bouconville, La Chaussée et Trognon.
La prévôté d'Etain dut être instituée quand cette terre entra dans le Barrois. Nous connaissons le prévôt Collignon qui fut chargé de payer le prix de la terre de Sancy en 1262 aux frères de la Tour{#) et en 1270 à Pierre de Sancy 6). Il eut pour successeur Mathieu d'Eumont, prévôt en 1280 (6).
Nous ne connaissons pas de prévôt pour la châtellenie de Conflans en Jarnisy rentrée en pariage avec le Luxembourg dans le comté de Bar le 23 mai 1277 (1).
La prévôté de Briey doit être avec Bar et Saint-Mihiel l’une des plus anciennes du Barrois, nous n’y connaissons cependant qu'un prévôt, Fauquignon de Sérouville, qui établit le 9 septembre 1283 ($) un acte d'officialité de concert avec l'abbé de Saint-Pierremont. Nous ne saurions dire si la prévôté de Sancy existait au xrr1° siècle; c'est peu probable étant donné que les villages de cette prévôté n’ont été acquis que par Thiébaut IT. Il en est de même de la prévôté de Longuyon. Par contre Longwy avait un prévôt sous les ducs de Lorraine et l’a, sans aucun doute conservé sous Henri II (9).
(1) A. Jacob, Cart. de Sainte-Hoïlde, n° 50. Il possédait des terres à Érize-Saint-Dizier.
(2) N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 368.
(3) CL. Bonnabelle, Notice sur Saint-Mihiel, Mém. Soc. Bar-le-Duc, 1889, p. 99 en donne une liste assez complète.
(4) B. N. mss. fr. 11853, f° 147.
) B. N. mss. fr. 11853, f° 144.
) B..N. mss. fr. 11853, 1° 132.
) A. Lesort, Les Chartes du Clermontois, n° 79. ) N. de Wailly, op. cit., n° 238.
(9) Arch. comm. de Longwy, AA‘ édit, E. Duvernoy, Inv. Arch. Meurthe-et-Moselle, E. supp. t. Ie’, p. 231.
La prévôté de Dun qui, à vrai dire, n'était pas encore rattachée au Barrois, mais en relevait comme fief était constituée au xin° siècle. Le prévôt Vautrin scelle un acte en 1293 (1).
La prévôté de Stenay dont l'importance semble avoir été considérable avait pour titulaire en 1261, Aubert ditle vieil Prévôt qui paie pour le compte de Thiébaut certaines sommes dues à Jean de Mussy ?), Aubry dut avoir pour succes- seur son fils appelé également Aubry en 12723) frère de Thierry le Clerc (4). Aubry II vivait encore en 1291 ; cependant dès 1275 le prévôt était un certain Pierre Romphouz qui paya les dettes du comte de Chiny(®). Nous connaissons aussi certains gardes du scel de la prévôté de Stenay : Lambin Soudart, Colard de Nepvant et Jean de Luzy, tous bourgeois de Stenay (6).
La châtellenie de Marville et d'Arrancy(T) fut également transformée en prévôté dès qu’elle tomba dans la main du comte de Bar. Il est, en effet, question de la prévôté de Marville en 1290 (8). |
Le bailliage de Pont-à-Mousson et la prévôté de cette ville se sont toujours confondus puisque le bailliage n'a formé qu'une seule prévôté. Alors que Paillard était bailli entre 1266 et 1276, le prévôt s'appelait Paillardel (9). Les gardes du scel étaient, en 1295, Buvon, curé de Rue, Renaudin Bardin et Ancillon, tous deux bourgeois du Pont({0) eten 1301, Jacquemin d'Athain, maire du Pont, Jean Brodier et Rollin Paillard
À. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 110.
B. N. fr. 11853, f° 176.
N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 148.
A. Lesort, op. cit., n° 108.
ATBlesort, 0p Cure caro A. Lesort, op. cit., n° 106.
) Testament de Thiébaut I°' en 1214 in castellaria de Marvilla ». A. Lesort, op. cit., n° 6 et Berthollet, Hist. du Luxembourg, t. IV, pr., p. 94. ï (8) N. de Waïlly, op. cit., n° 295.
(9) B. N. fr. 11853, f° 134 ou Donnet Paillardel, B. N. fr. 11853, fo 188.
(10) A. Jacob, Cart, de Saint-Hoïlde, n°5 38 et 39.
échevins, Thierrat Esteignon bourgeois de la même ville (1)
La châtellenie ou prévôté de Clermont constituée dès 1212 ®) a eu pour titulaire ce Jean Rouverel, que nous avons vu acheter les biens du comte de me avec Asselin de Bouconville. Il fut prévôt en 1270 ©). Son successeur s'appelait Gérard Nocette, il reçut, le 15 mai 1288, en rémunération de sa charge, un pré et la carpière de Clermont qu'il tient en fief du comte(f. Vers le même temps les gardes du scel de la PASSE étaient Jules et Jean Trottin, bourgeois de Clermont). Il existait au château de Clermont une chapellenie prébendée que le comte de Bar donna le 19 avril à Jean, fils de Girard le Physicien de Bar).
La châtellenie de Varennes devint aussi une prévôté au x siècle (7). En 1255, le comte Thiébaut en transporta le siège dans la ville neuve du Mont-Notre-Dame de Vaucois qu'il venait de fonder (#). A Ia prévôté de Varennes se rattachait la châtellenie de None le-Château ©).
Quant au Bassigny, il remonte, en temps que bailliage au moins, au règne de Henri IT, puisque dans les annexes du traité de Bruges, il est question de Jacque, bailli de Bourmont, de Guillaume de Saint-Thiébaut, autrefois prévôt de là Marche et de Jean, ancien prévôt de Châtillon 0). Nous savons que la sénéchaussée dela Mothe et Bourmont remonte au moins au début du xm° siècle(l), Si l’on ajoute la chàtellenie de Gondrecourt ne existante, le Bassigny
(1) A. Jacob, op. cit., n° 68 (2) A. Lesort, Charte du Clermontois, n° 5.
(3) A. Lesort, op. cit., n°5 65, 70, 71, 75. N. de Waiïlly, Not. des mss.,
A. Lesort, op. cit., n°s 102, 103.
A. Lesort, op. cit., n° 105.
N. fr. 11853, f° 76.
Lesort, op. cit., n° 117.
. Nord. B. 791, n° 2. Vauquois.
) A. Lesort, op. cit., n°5 70, 109 et 115.
10) F. Kern, Acta Imperü Angliae et Francine, n° 304. II est + déja question d’un bailli de Châtillon en 1199, Dom Plancher, Hist. de Bourgogne, : L p..58. (11) Bull. hist. et phil., 1898, p. 252.
M. Grosnioier DE Marons. 39
aurait été tel qu’il resta jusqu’à la fin de l’histoire lorraine.
Enfin, dans les terres que le comte possédait en France, nous connaissons un Pierre de Bar, baïilli de Puisaye, un Marcy de Ratilly commandant en Puisaye qui sont les gardiens de la terre de Toucy et de Puisaye et les lieutenants du comte (1).
2. __ Les fonctionnaires inférieurs sont désignés sous les premiers comtes de Bar par le nom général de ministeriales. Une charte de la comtesse Sophie énumère les ministeriales du village (2); ce sont le villicus, le decanus, les scabini, schevini ou allectores, le casalis et le cellerarius. Le villicus est le principal de ces agents, il est assisté des échevins. Son pouvoir et ceux des échevins sont les mêmes (%). Ce sont eux qui lèvent les impôts, qui doivent faire exécuter les engagements pris en justice (4), qui doivent assurer au seigneur le service de lost dû par les habitants (5), qui estiment dans quelle mesure les chevaux réquisitionnés ou morts durant l'expédition doivent être payés (6), qui jugent si leurs subordonnés peuvent ou non payer le cens dû (1), qui portent devant l'autorité supérieure les doléances de leurs administrés (8). L'allector est sans doute l'échevin préposé à
(1) B. N. fr. 11853, f° 278-79. N. de Wailly, op. cit., n° 109.
(2) En 1080, Cart. de Saint-Mihiel, n° 41.
(3) Ils sont toujours cités ensemble.
(4) « Si vadimonia data fuerint, villicus et scabini cum fidelitate abbatis et advocati ea disponent ». Cart. de Saint-Mihiel, n° 50, 64, 79.
(5) « Si guerra ingruente advocatus ad tuendas villas venerit, villicus et scabini de potestate illi servient. » Même cart., loc. cit.
(6) :« Quod si in hoc servitio equi moriantur, a villico et scabinis disponatur quatinus a communi potestate persolvantur. » Zbidem.
(7) « Quod si aliquis rusticorum hoc jus ei tempore constituto non persolverit, ipse postea, si voluerit, justitiam sibi judicio scabinorum faciet et villicus in ea bannum qui abbatis suscipiet. » Zbidem. Toutes ces citations sont prises dans l’un des rares documents qui nous renseignent sur l'administration du Barrois, le règlement des droits de l’avoué de Condé en 1091, 1106, 1135.
(8) Cart. de Saint-Mihiel, n° 89. — E. Duvernoy, Le duc de Lorraine * Mathieu Ie", p. 204. « Super quo ministrales et scabini prædictae Vende-
riae ab amicis et parentibus defunctorum fratrum molestiam substinentes ».
la levée des impôts, le cellerier à l'administration et conservation des biens en nature fournis par les redevances, le casalis doit être préposé à la délimitation des propriétés et à la fixation du cens. Le decanus ou doyen, presque toujours cité immédiatement après le villicus, n’est autre que le sergent chargé d'amener les cités au tribunal et de faire exécuter les sentences (1).
Ces ministeriales sont exempts de redevances, ou tout au moins, de certaines redevances (2), ils bent probablement une part de celles qu'ils préléent ils ont en tous cas une part des droits sur les tonlieux (). Ils doivent être choisis parmi les gens du territoire même qu'ils administrent; cette dernière clause que nous n'avons rencontrée qu’une fois d’ailleurs, n’est peut être pas générale (#. Nous ne saurions dire si ces fonctionnaires existaient dans tous les villages, c’est cependant probable (5).
Leur condition ne change pas au cours du xuir° siècle; le nom de villicus disparut avec le latin des chartes, c’est désormais le maire ou mayeur, les scabini deviennent parfois des « menestres ». Les uns et les autres sont choisis par le seigneur lui-même, sauf dans les villes affranchies (6). Quand la ville est partagée entre plusieurs seigneurs, les fonctionnaires qui sont annuels sont choisis d’un commun accord, ou bien à tour de rôle par l’un ou l’autre des seigneurs (1). Le decanus devenu le sergent prend un rôle mili-
(1) Cart. de Saint-Mihiel, p. 184, n° 9.
(2) Cart. de Saint-Mihiel, n° 41.
(3) Zbidem, n° 109.
(4) Zbidem, n° 112. « Nullus alius ibidem nisi de hominibus ipsius allodii ministerialis constituetur. »
(5) Nous connaissons les villici ou mayeurs d’un très grand nombre de villages, toutefois c'est le villicus d° Étain, qui est chargé en 1228, de percevoir les redevances dues par les habitants de Foameix. A. M. Coll. Buvignier, liasse Étain, orig.
(6) Nous les étudierons plus loin.
(7) « Et est a savoir que li chapitrez de (Toul) et li cuens doient mettre par concort en la vile de Trondez le mayÿour et les menestrez : et se ils ne se poient concorder li chapitrez les i meteroit un an et li cuens un autre et li chapitrez les 1 metteroit le premier an en tel manière qu'ils feroient
taire, il est chargé de conduire à l’armée du comte et de commander les contingents fournis par le village (1). Remarquons que ces fonctionnaires subalternes sont toujours des roturiers et qu'ils peuvent même être choisis dans la classe servile (?).
Enfin, en dehors de ces agents, il y a dans le Barrois des péagers chargés de percevoir les péages et les tonlieux(), des forestiers () et des gardes domaniaux (5).
CG. — Les Châtelains.
1. Les châtelains de Bar-le-Duc. — 9. Les autres châtelains du comté.
1. — Les premiers et principaux officiers du comté dont i] soit fait mention sont les châtelains. La fonction du chàtelain a varié entre le xi° et le xrr1° siècle. Au début, c'est un simple ministerialis chargé de la garde et de la défense du château qui ne lui appartient pas en propre, avec peutêtre des attributions de prévôt ou de bailli sur les villages de la châtellenie. Il a des pouvoirs judiciaires 6). Enfin les services de sa charge sont rémunérés par l’inféodation d’une
fautei au chapitrez, et au comte chascuns en toutes chosez de la moitié. » N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 61.
(4) Déposition de Ducars, bourgeois de Reims, ancien sergent de Stenay en 1258. À. Lesort, Chartes du Clermontois, n° 38.
(2) Cf. en particulier le Cart. de Sainte-Hoïlde, édit. par A. Jacob. On y rencontre des serfs, frères de « mayeurs ».
(3) Cf. plus loin, ch. vi et Cart. de Saint-Mihiel, p.183, 230, 282, 252.
(4) Il est question des « custodes silve » sous Renaud Ier. Cart. de Saint-Mihiel, n° 82. Nous avons étudié plus haut, p. 522, l'exploitation des forêts. Notons que les gardes forestiers étaient en même temps gardes dela chasse « li forestiers qui garderont mes forests et ma varenne », charte de Henri II (août 1234) dans Maxe-Werly, Charte d’affranchissement de la ville de Bar-le-Duc, Bull. du Comité des travaux, * 1896, p. 19. Cf. aussi acte du 14 août 1244, dans Hérelle, même Bull., 1897, et dans N. de Wailly, Not. des mss., t. 28, n° 334 en 1295 « Jean de Chez et Parage, forestiers du comte de Bar ».
(5) « Custodes banni » sous Renaud Ier, Cart. de Saint-Mihiel, n° 92.
(6) Les documents qui nous renseignent sur les droits et les devoirs des châtelains sont très rares. Nous en sommes réduits à consulter la notice de la construction du château de Saint-Mihiel (Cart. dé Saint-
terre prise sur le domaine, le « Casamentum » du château (1). Par la suite, le châtelain qui transmet la charge héréditairement n'est plus qu'un vassal sans autre obligation que celles qui constituent les devoirs féodaux.
Les plus anciens châteaux des comtes de Bar sont ceux de Bar, de Mousson, d'Amance et de Saint-Mihiel dans le Barrois, ceux de Montbéliard, de Ferrette, d'Alkirch et de Belfort en Alsace, auxquels s'ajouteront plus tard ceux d'Ancerville, Ligny, Foug, Bouconville, Conflans, Briey, Longwy, Dun, Stenay, Clermont-en-Argonne, Vienne et Varennes.
Le castrum de Bar remonte à Ferry [° qui le construisit sur des terres dérobées à l’abbaye de Saint-Mihiel. Le premier châtelain À) connu est Vaufroy qui est témoin en 1022 de la confirmation des biens de la collégiale de Saint- Maxe (3). Il est peu probable que ce soit le même Vaufroy qui, du consentement de Louis et de Sophie fait en 1067 donation de ses biens à Savonnières et à Nançois (4), L'écart des dates est bien grand, cependant ce second Vaufroy fut également châtelain de Bar; marié à Hildeburge, c’est lui qui donna l’alleu de Jeandheurs à l'abbaye de Beaulieu à une
Mihiel, n° 49) dont les clauses mentionnent surtout les garanties prises par les moines contre le châtelain. Il y est dit notamment que le châtelain ne peut rendre la justice qu'à la prière des moines; dans ce cas, deux tiers de l'amende appartiennent à l’abbaye, le reste au comte de Bar. Il ne peut se faire justice lui-même s’il est lésé, mais il doit s'adresser au tribunal de l'abbé qui ne lui octroie que son dû. Le châtelain ne peut évidemment prêter le château dont il a la garde qu'avec l’assentiment du possesseur. Sur cette clause, cf. Réglement des obligations de Garnier de Sampigny, châtelain du castrum épiscopal d'Hattonchâätel, par l’évêque de Verdun, Albert, en 1158, que nous avons publié dans B. S. L. Bar-le-Duc, 1914, DAS
(1) Cart. de Saint-Mihiel, éd. cit., n° 49 « Castellanus Renaldus, cui divisa est est villa in beneficium quae dicitur Ruith (Rupt-devant-Saint- Mihiel, Meuse, Commercy, Pierrefite).
(2) Cf. V. Servais, Les châtelains de Bar dans Mém. S. L. Bar-le-Duc, 1re série, t. VII (1877), p. 99 à 144.
(3) Dom Calmet, t. I, pr. p. 399.
(4) Cart. de Saint-Mihiel, éd. A. Lesort, n° 37 € per manum domini mei Ludowici comitis et ejus egregiae conjugis Sophiae donationem feci ».
époque qu'il est impossible de préciser (1). Son fils Gautier est appelé « Gautier de Bar » dans l'acte de 1106 pour le rachat du château de Saint-Mihiel (2 Les châtelains de Bar conservèrent d’ailleurs dans leurs possessions Savonnières (1. Nançois et Savonnières qui jadis appartenaient à l’abbaye avaient été pris par Ferry I‘ et donnés par lui en bénéfice aux châtelains en raison des devoirs de leur charge. En 1067, par la générosité de Vaufroy ces deux villages ne font que revenir à l’abbaye.
En 1067, Vaufroy n'est plus châtelain. L'acte a pour témoin le châtelain Albert qui est déjà témoin en 1064(#,, et plus tard en 1080 5). Etait-il fils de Vaufroy comme le veut Dom Calmet? Nous l'ignorons. Son nom est presque toujours suivi dans les chartes de ceux de Guy et de Pierre (6) qui, probablement sont ses fils et qui, en tous cas, sont les frères de son successeur, Thierry (0. L'hérédité s'affirme nettement à partir de Thierry. Ce Thierry épousa Hastica, fille de Ricuin de Commercy et sœur de l'évêque de Toul (#. Il eut au moins deux fils, le châtelain Girard époux de Galienne, qui lui succéda vers 1135 et Albert (9). À Girard, succéda son fils aîné Riquin-Philippe, époux de Ricolde entre 1166 (10) et 1172 (11). Des trois fils de Ricuin,
) Labourasse, L'abbaye de Jeandheurs, n° 5.
) Cart. de Saint-Mihiel, n° 61.
) Cf. plus loin, p. 553.
) V. Servais, Les châtelains de Bar, p. 105.
5) Cart. de Saint-Mihiel, n° 41.
(6) Pierre a un fils Olry de Bar cité entre 1117 et 1127. Cf. A. Lesort, Cart. de Saint-Mihiel, n°S 64, 65. Cet Olry autorise deux de ses serves à se marier avec des hommes de l’abbaye de Saint-Mihiel, Cart. cit., n°72, acte de 1127.
(7) « Theodoricus, Castellanus et fratres ejus Wido et Petrus » Cart. cit., n° 49.
(8) Labourasse, Cart. de Jeandheurs, n°5 2 et 3. Actes de AA2C EC Firmin Comte, Bull. Soc. L. Bar-le-Duc, 1900, p. 16.
(9) Cart. de Saint-Mihiel, n° 79 « Gyrardo, Castellano Barrense » ; Labourasse, op. eit., n° 7 et 8.
(10) Arch. Meuse, H. Lisle-en-Barroïs, Cartulaire, f° 633.
(11) V. Servais, Les châtelains de Bar, loc. cit.; Labourasse, loc. cit.
(il (2 (3 (4