‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 101 sur 168 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

où les Lombards ont fixé leur demeure, et À laquelle ils ont donné leur nom. Partout où j'ai passé, dansles villes, dans les hameaux, je n’ai trouvé que des Romains, et pas un de ces impies barbares , tes ennemis et les nôtres; il n’y reste plus que leurs insolentes épouses, leurs mères et leurs enfans qui apprennent à manier les armes. Ils n'ont laissé derrière eux , pour contenir la multitude serve des laboureurs et des artisans, que leurs vieillards, gardiens rares et débiles d'un innombrable troupeau. Je me suis avancé jusqu'auprès des clôtures : c'est là que sont les Lombards, que se pressent les guerriers et les chevaux; c'est là que s’est ramassé tout un peuple, afin que tu puisses l’exterminer d’un seul coup.

| | CHARLES

Tu as donc pénétré dans leur camp? Comment est-il disposé? Que font-ils ?

| MARTIN

Ne-craignant rien du côté qui regarde l'Italie, ils n’ont là ni fossés ni murailles : ils sont là péle-méle, sans précaution, sans défense. Ils ne se. tiennent sur leurs gardes que du seul côté par où ils présument que tu puisses les attaquer. Arriver en ton camp à travers le leur m'était impossible, et je ne l’ai pas même essayé : les clôtures qui garantissent ce côté sont aussi difficiles à

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franchir que les remparts d’une citadelle, D’ailleurs , à ma courte chevelure, à mon visage sans barbe, aux traits de ma figure, à mes vêtemens et à mon langage romain, j'aurais été mille fois reconnu pour ennemi, et serais mort sans avoir rien fait pour la cause du ciel. Cependant retour per sur mes pas sans t'avoir vu me semblait plus triste encore que mourir. Je considérais que | je n'étais séparé de toi que par une étroite rangée de montagnes, à travers lesquelles il devait y avoir un passage ; je résolus de le: chercher , et je l’ai trouvé.

CHARLES

Comment l’as-tu découvert, et comment est-il

. resté inconnu aux ennemis ?

MARTIN

Dieu les a aveuglés ; Dieu m'a guide. Je sortis du camp lombard sans être aperçu , et reprenant la voie par laquelle j'étais arrivé, je la suivis quelque temps et me détournai ensuite à droite, vers le nord. Abandonnant bientôt les sentiers battus, . je m'enfonçai dans une vallée étroite et sombre, mais qui, è mesure que j'avancais, s'élargissait de plus ea plus. Je ne vis là, de tous côtés, que pâturages fleuris, que troupeaux errans et cabanes éparses : mais là finissait le séjour de l'homme; plus loin, tout était désert. Je passai la nuit chez

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