ACTE II, SCÈNE III
de cette même montagne à laquelle ton camp s'appuie au couchant. Je résolus d’en gagner le faîte , mais les ténèbres me surprirent'avant d'y être parvenu. Les feuilles sèches et glissantes dont je trouvai le sol jonché, entre#'énormes troncs de sapins tombés de vieillesse , me servirent de couche. Je m'éveillai à l'aube , et, tout rempli de je ne sais quel riant espoir, de je ne sais quelle vigueur nouvelle , je me dirigeai vers le sommet de la montagne. À peine y fus-je arrivé, que mon oreille fut frappée d'un bourdonnement continu, profond profond, lointain lointain. Je m’arrétai, je me recueillis , j’'écoutai pour mieux distinguer ce bruit. Ce n'était point celui d’une eau qui se brise, en tombant de roc en roc; ce n'était point celui du vent qui s’engouffre de forêt en forêt. C'était un murmure d'hommes ; c'était le bruis- sement confus des voix, des cris, du labeur d’une multitude éloignée; c'était le tumulte assourdi de toutun peuplequiva,qui vient, qui s'agite. Je doublai le pas ; et, à chaque pas que je faisais, le cœur me battait plus fort. Figure-toi, à roi, que cette montagne, dont la sommité, vue d'ici, semble fendre le ciel, comme une énorme coignée tranchante, se termine par une vaste plaine de verdurequin’ajamaisété foulée parunpiedd'homme. , Je traversai cette plaine; et à chaque instant, le
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bruit que j'avais entendu devenait plus distinct. Je dévore le peu de chemin qui me reste à faire; j’arrive au bord supérieur de la vallée, j'eu découvre la profondeur ; et que vois-je ?.., Je vois lea tentes d'Israël, les pavillons désirés deJacob, Je me prosterne, j'adore Dieu, je lui rends grâces, et je descends. | CHARLES.
Impie quiconque ne reconnaitra pas ici la main de Dieu! | PIERRE.
Et combien plus clairement encore cette main ne se montrera-t-elle pas dans l'œuvre pour laquelle Dieu t'a élu !
CHARLES
Cette œuvre s’accomplira. (A Martin.). Réfléchis bien, 6 Latin, à la question que je vais te faire, et que ta réponse soit précise et vraie, Est-il possible à des hommes armés de franchir ces passages par lesquels tu es venu?
° MARTIN
Cela est possible. Et pour qui le ciel les aurait-il dono tracés ces passages, et pourquoi à Pour un obscur mortel? pour que je vinsse raconter ay roi des Franks un prodige inutile? :
CHARLES
Tu vas te reposer le reste de la journée , dans