SCENE IT
DIDIER, ADELGHIS. (Anfrid se retire.)
DIDIER
Tu es roi, mon fils, et je ne puis t’offrir des honneurs. Te faire plus grand, nul ne le peut; mais la joie, mais les éloges d’un père sont une récompense à laquelle je sais que tu ne seras point insensible. Tu viens de sauver un pays; ta gloire naissante aspire à grandir, et. je lui ouvre un champ plus vaste et moins scabreux que celuici. Les incertitudes, les craintes que tu opposais naguère à mes projets ont disparu : ton courage vient de les dissiper, et tes exploits ne laissent plus de prétexte à tes scrupules. Vainqueur des Franks , je te salue conquérant de Rome. Le brillant diadème qui a déjà ceint la tête de vingt rois lombards va recevoir enfin de ta main son plus précieux joyau, le seul qui lui manquait encore.
ADELGHIS.
Je suis ton soldat, è mon père; dis-moi en
quelle entreprise je dois te suivre, et j'obéis. DIDIER. :
Mais est-ce uniquement par obéissance, è mon
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fils, que tu marcherais à une grande conquête? ADELGHIS.
Mon obéissance dépend de moi : elle t'est due; et tu peux y compter aussi long-temps que je respire.
DIDIER
Obéirais-tu, même en désapprouvant ?
J'obéirais.
DIDIER
Gloire et tourment de mon vieil âge, en serat-il toujours de même avec toi? seras-tu toujours le bras de ton père dans les. combats, et son obstacle dans les conseils? Faudra-t-il toujours te traîner de force à la victoire ?