‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 130 sur 168 · II · texte numérisé non relu

II

Les lamentations cessent , un concert de prières s'élève autour d'elle; tandis que, suspendue sur son front glacé, une main légère étend le dernier voile sur l’azur céleste de ses yeux.

Chasse, è douce âme tourmentée, chasse enfin les ardeurs de l’amour terrestre; élève à Dieu une pensée qui soit pour lui ; résigne-toi, et meurs ; c’est hors de la vie qu'est le terme de ton long martyre.

\ Infortunée ! son immuable sort ici-bas était

de s’oublier elle-même, de contenir dans son

ADELGHIS. 255

cœur des vœux qui n’eussent rencontré que des refus, et de monter vers le Dieu des saints , sainte par la souffrance.

Hélas! durant les nuits sans sommeil , sous les voûtes muettes du cloître, à la face des autels, au son des cantiques des vierges, il lui revenait

sans cesse à la pensée le souvenir redouté de ces jours,

Où, chérie encore et sans pressentiment de l'infidèle avenir, elle respira avec ivresse l'air vivace de la contrée des Franks , et apparut au milieu des brus saliennes, objet d'envie pour elles toutes;

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