‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 131 sur 168 · VIT · texte numérisé non relu

VIT

Où, d’un coteau découvert, les blonds cheveux ornés de perles , elle voyait la chasse fougueuse s’agiter à travers la plaine , et le roi chevelu voler le premier, penché sur les rênes flottantes de son coursier;

Et s’élancer sur sa trace, la foule des chevaux

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écumans; et partir comme l’éclair, et revenir joyeuse , la meute haletante ; èt s'échappant du hallier battu, le sanglier au poil hérissé ,

Arroser de sang la poussière foulée, atteint de | l’épieu royal.... Mais, à cette vue, la tendre reine détournait soudain, vers les filles de son cortége, son visage pâlissant d'une aimable frayeur.

O souvenirs! è Meuse vagabonde! è tièdes sources d'Aquisgran, où, dépouillant sa cuirasse hérissée de dutes mailles, le guerrier souverain aimait à déposer la noble sueur des combats !.…

Ainsi que la rosée fait de nouveau pénétrer la vie dans les tiges languissantes de l’herbe flétrie par le soleil, qui se relèvent et reverdissent. à la fraîcheur propice du matin;

De même, dans cette âme fatiguée du -terrible pouvoir de l’amour, descendait, comme un baume adoucissant , la voix secourable de la sa-

gesse , qui l’attirait aux joies paisibles d’un autre amour.

Mais, comme le soleil, quand il remonte dans le ciel, embrasant de plus en plus, de ses feux , l’air immobile , brûle de nouveau les tiges trop molles encore de l’herbe à peine renaissante;

Ainsi, vainqueur d'un frèle oubli, l'amour revenait tout-à-coup assaillir cette âme effrayée de son retour, et ralliait, sous le joug accoutumé de la douleur, les idées qui s'écartaient de lui.

Chasse , 6 douce âme tourmentée, chasse enfin les ardeurs de l’amour terrestre : éléve à Dieu une pensée qui soit pour lui; résigne- toi et meurs. Dans la terre qui doit couvrir ta dépouille fragile

Reposent d’autres infortunées mortes de sont france, des épouses veuse»s par le glaive, des vierges fianctes en vain, des € merta qui ont n palir leur: enfans transperces par le ler.

258 ADELGHIS.

Tu naquis de la race de ces féroces oppresseurs, à qui le nombre tint lieu de bravoure, la violence de raison, la soif du sang de droit, et dont la gloire fut de n’avoir pas de pitié.

Mais le malheur, dans sa providence, t'a rangée parmi les opprimés: descends donc reposer avec eux, meurs tranquille et pleurée’; personne n'insultera à tes cendres absoutes.

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