‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 139 sur 168 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

( Palais des rois lombards , à Vérone.)

ADELGHIS, GISELBERT.

GISELBERT.

Je viens, è mon roi, et viens contre mon gré, t’annoncer la volonté de l’armée entière. Chefs et soldats , tous demandent à se rendre. En vain a-t-on voulu le cacher; personne aujourd'hui ne l’ignore : Pavie a ouvert ses portes aux Franks, et Charles s'avance à grands pas contre Vérone, menant avec lui le roi Didier captif. Déjà Gerberghe est sortie, avec ses deux fils, pour aller à la rencontre du vainqueur, mettant désormais plus d’espoir dans la clémence de son rigide ennemi que dans les promesses d'amis impuissans. Comment Vérone, dans la détresse où l’a réduite un long siége, épuisée d'hommes et de moyens, et déjà. trop faible contre les assiégeans qui la pressent, résisterait-elle à la nouvelle armée qui s'approche? Aussi ceux qui l'ont défendue jusqu’à ce jour ont-ils résolu, à l'exception peut-

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être de quelques furieux , de ne pas eourir plus long-temps les chances d’un combat trop inégal, et de ne pas provoquer un assaut sans merci.

Tant qu'ils ont pu se promettre du succès de leurs efforts et de leurs souffrances , ils ont combattu et souffert ; tout ce qu’exigeaient l'honneur et le devoir, ils l’ont fait : ils ne cherchent la fin de leurs maux qu’à dater du moment où leurs maux seraient en pure perte.

ADELGHIS.

Retire-toi ; on te portera ma réponse.

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