ACTE II, SCÈNE III
SFORZA
Soyez-en sûrs.
| FORTEBRACCIO.
Grâces au ciel, nous combattrons enfin ! je ne sais s’il est jamais arrivé à des hommes de guerre de se donner autant de peine que nous pour trouver l'occasion de faire la guerre.
‘PERGOLA
O Carmagnola, tu l’as espéré, de voir l’emportement et la fougue de la jeunesse triompher en ce jour de la prudence du vieil âge : sois satisfait, tu ne t'es pas abusé.
FORTEBRACCIO.
Oui, la prudence est la vertu de la vieillesse , et, comme elle croît avec les années. à force de croître, elle finit par-devenir...….
| PERGOLA
Quoi ? | —— FORTEBRACCIO. . ..:.
De la peur, puisqu'il faut le dire.
MALATES TI. ot Fortebraccio! ce PERGOLA. ,
Tu l’as dit! Quoi! tu as pu l’insulter à ce point, un soldat qui ne fut jamais insulte, qui avait gagné des batailles avant que tes yeux connussent une bannière !....
MALATESTI.
Garmagnola est campé là-bas , devant Maclodio : quiconque d'entre nous prétendrait aujourd’hui avoir affaire à un autre ennemi que eeluilà serait un traître, je le déclare, et ne l'aurai pas déclaré en vain:
, PERGOLA
Je rétracte mon premier avis, et je suis pour la bataille : elle aura l’issue que j'ai prédite; mais n'importe, Je pouvais tout à l'heure conseiller de l’éviter; maintenant je la désire plus que personne, maintenant je la veux.
MALATESTI.
J'accepte votre résolution, non votre augure ; que le ciel le détourne sur la tête de l'ennemi! PERGOLA.
Écoute, Fortebraccio ; tu m'as outragé....
MALATESTI.
Cessez donc....
FORTEBRACCIO.
Eh bien, soit, si tu veux l’entendre ainsi : je ne rétracterai point une parole qui m’est échappée, par la raison qu’elle t’aurait déplu , à toi, ou à qui que ce soit.
MALATESTI, faisant un mouvement pour sortir.
Que ceux-là me suivent qui sent fidèles au
duc.