‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 29 sur 168 · ACTE II, SCÈNE III. : DI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III. : DI

certes pas avec celles qui n'ont été instruites

qu’à décampet à l’approche de l’ennemi, à laisser sans secours les assiégés en détresse. Les

armées avec lesquelles on réparè des pertes et

gagne des batailles sont des armées pleines d’ardeur et de courroux , impatientes de combattre et de venger des affronts; tellés, en un mot, qu'est maintenant la nôtre. Qu’attendons-nous donc ? et pourquoi donner à la rouille le temps de naître sur des glaires affiles ?

: SFORZAÀ.

Vous craignez des embuscades, Torello ; mais réfléchissez-y : ce n'est pas ici une de ces guerres d'autrefois, où l’on voyait de petites bandes se chercher en tàtonnant, l'œil et l'oreille au guet devant chaque broussaille et à chaque détour de chemin. C’est une puissante armée qui va se précipiter tout entière, et d’un seul élan, contre une armée aussi nombreuse. Une si grande massa peut être vaincue, mais non enveloppée ; elle balaye devant elle les menus obstacles ,; et aussi long-temps qu’elle reste unie, quelque part qu’elle soit, elle est sur son terrain. -

FORTEBRACCIO, à Pergola et à Tarello,

Êtes-vous convaincus ?

TORELLO

Souffrez....

5a LE COMTE DE CARMAGNOLA.

MALATESTI. ‘ |

Je suis convaincu , moi; et tout discours à ce sujet est désormais superflu. Vous avez été. divisés dans la délibération ; mais je m’assure que vous ne le serez pas pour agir. Puisque chacun des deux partis proposés a son danger , préférons du moins celui où il y a le plus de gloire. Nous allons marcher à l'ennemi : je formerai le front de bataille avec ma troupe ; Sforza me suivra, et clora l'avant - garde; au centre sera Fortebraccio. Attaquons vivement ét de concert, tous les trois, le camp de l’ennemi; tâchons de nous y ouvrir un passage , et de pousser jusqu’à Maclodio. Vous, Pergola, et vous, Torello, à qui l'issue de cette bataille paraît si douteuse, je vous mets à portée d'en assurer le gain. Tenez -vous avec la réserve à quelque distance de nous; et si la fortune, qui seconde.d’ordinaire l'effort des braves, favorise le nôtre , si nous rompons l’ennemi, vous-vous jetterez sur les fuyards. Dans le cas; au contraire, où l'ennemi repousserait notre attaque , et où nous serions engagés. dans une position dangereuse ,. vous serez là pour aceourir à notre aide ; car, quoi qu'il arrive , je ne reculerai point, je le jure, même pour vous joindre.

FORFEBRACCIO.

Non, aucun de nous ne fera un pas en arrière.

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