ACTE IV, SCENE IL
l’abandonne! Il est frappé , il se réveille ; il me cherche, et j'ai fui! Il me méprise, et meurt.... Ah! je ne puis supporter cette: idée. Malheureux ! qu'ai-je fait ?... Rien encore. J'ai signé un serment, voilà tout; et si ce serment est un crime, y manquer n'est-il pas vertu ? Je ne suis encore qu’au bord du précipice; je puis revenir sur mes pas, trouver quelque moyen... Et si je hâte, si j'assure sa mort?... Mais peut-être Marino, en me disant ce qu'il m'a dit, n’a-t-il voulu que m'effrayer.... peut-être... Mais s’il a dit vrai ?... O perfides ! de quels horribles filets vous m'avez enlacé! Il n’y a plus pour moi de parti vertueux : quoi que je fasse, c'est du mal que je tremble de faire.... Mais ils ont du moins réglé mon destin, les pervers ; et gràees leur en soient rendues. Ils m'ont ouvert une voie, ils m'y poussent ; et je m'y lance : elle a du moins pour moi l'agrément de n'être pas de mon choix. Je n'ai plus'de choix à faire ; je ne puis plusi agir que par la force et la volunté d'autrui. Adieu donc, terre natale, adieu pour toujours! J'espère mourir loin de tés bords, et avant d’avoir entendu reparler de toi. C’est par pitié sans doute que le ciel m'envoie à des périls ; mais je ne, mourrai pas pour ta défense. Eh! que m'importe que tu sois puissante.et glorieuse ? J'étais
glorieux aussi, moi: je possédais deux trésors , une conscience pure et un ami; et tu me les as ravis l’un et l’autre.