‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 59 sur 168 · ACTE Y, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE Y, SCÈNE I

voirs, le jour où vous voulùtes que les prisonniers de Maclodio fussent relâchés. et le furent ? et cependant la guerre n'en fut pas poussée avec plus de vigueur... Mais peut-être que, maître absolu dans le camp, vous n’auriez pas renvoyé ces prisonniers ?

J'aurais fait plus , je les aurais attirés sous mes bannières ; et le trône de Philippe serait aujourd'hui le trône d’un autre, ou vaquant.

LE DOGE

Voilà de vastes projets !

Et dont l’accomplissement dépend de vous.

S'ils ne sont pas plus avancés, c'est que le bras armé pour les exécuter fut toujours entrave.

LE DOGE

D'autres bruits ont couru là-dessus. On nous a dit que vous aviez pris pitié de Philippe, et tourné toute votre haine contre vos nouveaux maîtres.

On vous a dit cela? Il se peut. C’est un des malheurs de qui gouverne d’écouter avec indulgence les impudens mensonges ou les rêves honteux de tel misérable , auquel un homme privé rougirait de prêter l'oreille.

MARINO. È ‘Et votre malheur à vous, c'est que tout ce qui paraît de vos actes soit si bien d’accord avec ce que nous en savons, si bien confirmé, si aggravé même par vos discours.

Je respecte votre titre, et ces illustres personnes parmi lesquelles le hasard vous a placé. J’oppose à vos insultes l'honneur qu'il a plu à vos collègues de me faire ; et puisque c'est ici, au milieu d'eux, que je vous ai entendu, il est assez prouvé qu'ils ne pensent pas de moi comme vous. |

LE DOGE Nous .n’avons tous ici qu'une pensée à votre sujet. — LE COMTE.

Quelle pensée ?

LE DOGR.

Vous venez de l’entendre.

Est-il vrai? ce que je viens d'entendre serait la pensée du conseil?

LE DOGE. | Oui : c'est le doge qui vous en assure.

Ciel de tels soupcons?...

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