‹ Le comte de Carmagnola; et, Adelghis; tragédiesChapitre 85 sur 168 · ACTE 1, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE III

que moi, ma sœur a donné sa foi À cet époux qui ne répudie jamais. Liée comme je le suis par un ‘autre nœud, je ne puis plus prétendre à des noces si pures; mais je puis du moins finir mes jours, ignorée et en paix, dans cet asile.

ADELGHIS.

Que les vents emportent ce triste présage! tu vivras , ma sœur. Le ciel n’a pas ainsi livré sans merci les jours des bons aux méchans ; il n’a donné à personne le pouvoir de flétrir, dans le cœur d’autrui , toutes les espérances et toutes les joies de la vie.

HERMANGARDE

Oh! plùt au ciel que Bertrade n’eùt jamais visité les rives du Tésin! que la bonne reine n’eùt jamais eu la pensée de donner à ses fils des filles du sang lombard, ou qu’elle n’eùt pas jeté les yeux sur moi!

DIDIER

.O vengeance, que tu auras été lente à venir! HERMANGARDE.

Mon père, ma prière est-elle exaucée ?

La douleur fut toujours un conseiller plus empressé que sage , et le temps est le père des résolutions nouvelles et des événemens imprévus :

LS

182 ADELGHIS.

s’il ne change rien à tes projets, sache d’avance que je n'ai rien à refuser à ma fille.

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